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Cet article est la traduction française d'un article de Georges Monbiot, Worse Than Fossil Fuel , initialement paru dans The Gardian en 2005. Il parle des Biocarburants (agrocarburants ?).

 


Huile de palme et déforestation

Aujourd’hui avec la crise du pétrole qui pointe, on ne parle plus que de biocarburants. Comme trop souvent, ce qui était au départ une bonne idée, est détourné par certains groupes influents pour ne servir que quelques intérêts particuliers au détriment de l’environnement et de l’ensemble des citoyens. Dans cet article paru dans le Guardian du 8 Decembre 2005, George Monbiot nous montre les destructions massives qui se préparent en Asie du Sud-Est pour nous approvisionner en “biocarburants”. [1] D’autre part, et même si Georges Monbiot ne fait référence qu’au gouvernement britannique, des similitudes avec la situation française n’échapperont pas aux lecteurs...

Au cours de ces deux dernières années, j’ai fait une découverte inconfortable. Comme la plupart des écologistes, j’ai été aussi aveugle aux contraintes environnementales affectant notre approvisionnement énergétique que nos adversiares l’ont été vis à vis des changements climatiques

Je réalise aujourd’hui que je vivais dans le monde de la croyance magique. En 2003, le biologiste Jeffrey Dukes a calculé que les énergies fossiles que nous brûlons en un an provenaient d’une masse de matière organique qui représentait 400 fois la production annuelle actuelle de matière organique de notre planète. En clair, nous utilisons chaque année la valeur de quatre siècles de plantes et d’animaux. [2]

L’idée que nous pouvons tout simplement remplacer cet héritage fossile - et l’incroyable concentré d’énergie qu’il nous donne - par l’énergie qui nous entoure est du domaine de la science fiction. Il n’y a pas d’énergie de substitution pour diminuer notre consommation de carburants fossiles. Mais on continue de rechercher partout des produits de substitutions. Ils sont promus aujourd’hui à la conférence de Montréal (sur les changements climatiques, décembre 2005), par des états - comme le nôtre - qui cherche à éviter de prendre les décisions douloureuses qu’imposent les changements climatiques. Une, au moins, de ces solutions de rechange est pire que de brûler les énergies fossiles qu’elle remplace.

La dernière fois que je me suis penché sur les risques liés à la fabrication de carburants à partir d’huiles végétales, la virulence des insultes a égalé les sommets atteints par les partisans de la guerre en Irak. Les missionaires des carburants végétaux sont, dans leur négation des problèmes, aussi bruyants que les responsables d’Exxon. Je suis près à reconnaître que mon éditorial précédent était erroné. Mais qu’ils ne se réjouissent pas trop tôt : j’avais tort parce que j’avais sous estimé l’impact destructeur de ce type de carburant.

Avant d’aller plus loin, je dois préciser qu’utiliser l’huile usagée de friture comme carburant est une bonne chose. Les gens qui pataugent et glissent dans des cuves pleines de saletés, rendent un service important à la société. Mais il n’y a en Grande Bretagne de l”huile de friture usagée que pour couvrir 1/380 de nos besoins en carburant pour la route. Et c’est là que les problèmes commencent.

Lorsque, l’an dernier, j’évoquais ce sujet, je croyais que le principal problème causé par les carburants végétaux était la compétition pour le foncier qu’ils provoqueraient. Des terres arables utilisées normalement pour faire pousser de la nourriture, seraient utilisées pour faire pousser du carburant. Mais maintenant je découvre que c’est pire encore. L’industrie du carburant végétal a inventé le carburant le plus polluant en carbone au monde.

En faisant la promotion des carburanrs végétaux - comme l’Union Européenne, les Etats-Unis et des milliers d’écologistes le font - vous imaginez peut-être que vous créez un marché pour l’huile de friture usagée ou l’huile de colza. En réalité, vous êtes en train de créer un marché pour une des cultures les plus destructrices de la planète.

La semaine dernière, le président de l’Autorité Fédérale pour le Développement du Territoire de Malaisie annonçait qu’il était sur le point de faire construire une nouvelle usine pour fabriquer des carburants végétaux. Il s’agissait de la 9ème décision similaire prise en 4 mois. Quatre nouvelles raffineries sont en cours de construction dans la péninsule malaisienne, une au Sarawak et 2 à Rotterdam. Deux consortium étrangers - un allemand et un états-unien - mettent en place deux usines rivales à Singapour. Toutes ces usines vont faire du carburant végétal à partir de la même source : l’huile de palme.

“La demande pour du carburant végétal” écrit le Malaisian Star “viendra de l’Union Européenne... Cette toute nouvelle demande devrait au minimum absorber la majorité des stocks d’huile de palme de la Malaisie”. Pourquoi ? Parce que c’est la culture la moins chère comme source de carburants végétaux.

En septembre, les Amis de la Terre publièrent un rapport sur les impacts de la production d’huile de palme. “On estime qu’entre 1985 et 2000, le dévelopement des plantations de palmiers à huile a été responsable de 87% de la déforestation en Malaisie”. A Sumatra et Bornéo, quelques 4 millions d’hectares de forêts ont étaient convertis en plantations de palmiers à huile. Et on programme de nouvelles coupes : 6 millions d’hectares en Malaisie et 16,5 millions en Indonésie.

Presque toutes les forêts restantes sont menacées. Même le fameux Parc National de Tanjung Puting au Kalimantan a été mis en pièce par des planteurs. Les orang outans en liberté sont voués à disparaître. Les rhinocéros de Sumatra, les tigres, les gibons, les tapirs, les nasiques et des milliers d’autres espèces pourraient prendre la suite. Des milliers d’habitants de ces régions ont été expulsés de leurs terres et près de 500 Indonésiens ont été torturés lorsqu’ils tentèrent de résister. Les feux de forêts qui, si souvent étouffent la région sous d’épais nuages de fumée, sont pour la plupart allumés par les cultivateurs de palmes. Toute la région est en train de devenir un immense champ de “pétrole” végétal.

Avant que les palmiers à huile qui sont petits et rabougris, ne soient plantés, de vastes forêts d’arbres, contenant des stocks de carbones beaucoup plus importants, doivent être abattues et brûlées. Après avoir d’abord utilisé les zones plus sèches, les plantations se déplacent maintenant vers les forêts marécageuses qui poussent sur des tourbièrees. Après avoir coupé les arbres, les planteurs assèchent le sol. Lorsque les tourbières sèchent, elles s’oxydent et relâchent encore plus de carbone que celui contenu dans les arbres. En terme d’impact sur l’environnement, aussi bien local qu’international, l’huile de palme comme carburant végétal est encore plus destructrice que le pétrole brut du Nigéria.

Le gouvernement britanique l’a bien compris. Lorsqu’il annonça qu’il suivrait l’Union Européenne et garantirait que le carburant pour les transports provient pour 5,75%, de plantes en 2010, il concédait dans le rapport publié le mois dernier, que “les principaux risques environnementaux seront probablement liés à un accroissement important de la production de matière brute pour les carburants végétaux, en particulier au Brésil avec la cane à sucre et en Asie du Sud-Est avec les plantation de palmiers à huile”.

Bien conscient des risques et afin de les éviter, le gouvernement suggérait d’interdire l’importation des carburants végétaux qui détruisent l’environnement. Interrogés par le gouvernement pour savoir si une telle interdiction contreviendrait aux règles du commerce international, les consutants répondirent par l’affirmative : “des critères environnementaux obligatoires... augmenteraient beaucoup le risque d’un recours juridique international contre l’ensemble de la politique”. Le gouvernement abandonna l’idée d’interdire les importations et proposa à la place “une sorte de schéma volontariste”. Le gouvernement a donc décidé malgré tout d’aller de l’avant, tout en sachant que la création de ce marché va provoquer une augmentation massive des importations d’huile de palme, que rien ne pourra vraiment les empêcher et qu’elles vont détériorer plutôt qu’améliorer le climat.

eEn d’autres temps, ourtant, à d’autres époques, le gouvernement britannique sut défier l’Union Européenne. Mais en fait, le gouvernement britannique veut exactement la même chose que l”Union Européenne. “Il est essentiel que nous équilibrions notre demande croissante de mobilité avec nos objectifs de protection de l’environnement”, est-il écrit dans le rapport du gouvernement. Jusqu’à récemment, nous avions une politique de réduction des transports. Maintenant, et bien qu’aucune déclaration en ce sens n’ait été faite, cette politique est défunte. Comme les conservateurs dans les années 90, le gouvernement travailliste cherche à satisfaire la demande quels qu’en soient les risques. Des chiffres obtenus auprès de l’association Road Block montrent que, pour l’élargissement de la seule M1, le gouvernement va dépenser 5 milliards d’euros, c’est à dire plus que ce qu’il verse pour tout le programme sur les changements climatiques. Au lieu d’essayer de réduire la demande, le gouvernement essaye de changer les sources d’approvisionnement. Il est prêt à sacrifier les forêts tropicales de l’Asie du Sud Est pour montrer qu’il fait quelque chose et pour que les automobilistes soient contents.

Tout cela illustre la futilité des mesurettes discutées à Montréal. Essayer de satisfaire une demande croissante en carburant est pure folie quelle que soit la source d’approvisionnement. Mais les décisions douloureuses ont été évitées et tant pis si une autre partie de notre biosphère part en fumée.



[1] Dans ce texte, nous ne traduisons pas “biodiesel”, par “biocarburant” ou “carburant vert”, termes couramment utilisés en France mais par “carburants végétaux”. Les termes “bio” et “vert” laissent penser que tous ces produits favorisent la protection de l’environnement. On en est loin pour certains d’entre eux ! L’éthanol de maïs par exemple, gorgé de pesticides et d’engrais, demande plus d’énergie pour être fabriqué qu’il n’en donnera ! Sans parler de la consommation d’eau : une voiture qui consommerait 5l d’éthanol aux 100km aurait nécessité 45l d’eau pour chaque km parcouru !!!

[2] Il faut bien sûr relativiser ce chiffre et tenir compte des pertes liées à la transformation de la biomasse en combustible fossile. Cette étude montre que remplacer les fossiles par des biocarburants reviendrait à accaparer 22% de la production nette primaire de la biomasse terrestre soit 50% de plus qu’aujourd’hui !

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Alerte à Babylone est un excellent film de Jean Druon. Il est produit, diffusé, par Voir et Agir, vous pouvez le commander ici.

Le film commence par une citation de Bernard Charbonneau : " Et les coûts de Mégalopolis grandissent encore plus vite que sa taille. A tout prix il faut faire venir plus d'énergie, plus d'eau. Il faut assurer le transport des vivants. Mégaloplis est une citée assiègée, mais elle ne l'est que par sa propre masse. Aussi ne peut-elle être sauvée que par le sacrfifice chaque jour plus poussé de ses libertés."

Alerte à Babylone propose de reflechir sur l'automatisme de l'application des nouvelles technologies, même quand celles-ci mettent en danger l'environement et l'avenir des hommes. On évoque beaucoup les transformations sociales impliquées par ces nouvelles techniques.

Avant tout le film déplore l'absence de débat publique avant la mise sur le marché des nouvelles techniques et l'incapacité des pouvoirs publiques à prendre en charge le contrôle des applications. De nombreuses interview de personnages en contact direct avec ces technologies, des chercheurs, des juristes, etc ...

Ce film est produit par une petite boite de production "Voir et agir". Vous pouvez le leur commander, ils ne reçoivent les commandes apparament que par courrier. Vous pourrez retrouver le plaisir d'écrire une vraie lettre pour accompagner votre commande. avec le plaisir de recevoir un vrai DVD par la poste.

Claude Bourguignon : destruction des sols


Dans ce premier extrait, Claude Bourguignon explique l'état des sols actuellement en france et fait la remarque suivante : on a réussi à inventer les inondations en période sèche. Je vous invite à jeter un coup d'oeil pour en connaître l'explication. Claude et Lydia Bourguignon sont des chercheurs indépendants, vous pouvez consulter leur site.


Alerte à Babylone
envoyé par tinou1225

Les nanotechnologies

Le film aborde le problème des nanotechnologies, leur impact sur l'environement et leurs conséquences sociales, ainsi que sur les puces RIFD. Malgré la publibité qui les concernes, mettant en scène de nombreuses applications médicales, les nanotechnologies ont principalement des applications militaires et policières, il n'est pas sûr que leur production soit un véritable "progrès".

Sur la traçabilité, qui consiste principalement à mettre une puce dans chaque animal (aujourd'hui l'étiquettage est la condition sine qua none pour obtenir les primes, les etiquettes vont bientôt être remplacées par les puces) , un éleveur a cette belle remarque : "les puces électronques sont très intéressantes pour les gros acheteurs qui veulent imposer la traçabilité en tout, moi en vente directe la traçabilité c'est ma figure, c'est moi".

On peut lire sur RFID, la police totale

    Pucer un objet, un animal, une personne, les transforme en machines, faciles à relier entre elles pour créer un réseau total, un filet ("net") transmetteur d’informations en continu. Il ne suffisait pas que nous fussions connectés et joignables en permanence par téléphone portable, mails, SMS ou Wifi ; avec les RFID nous devenons nous-mêmes des objets communicants. Des objets. Que nos maîtres suivent à la trace, dont ils analysent les comportements, contrôlent les mouvements pour mieux les "gérer".

Avec la biométrie et le fichage on passe d'une relation homme à homme à une vérification impersonnelle par le système technicien. Avant le fichage la confiance passe par la parole d'un être à un autre, après le fichage tout doit être prouvé, validé techniquement. Pour les papiers d'identité, on passe d'une déclaration : je suis Jean Valjean voici ma carte, à l'obligation de prouver qui on est : "bip - c'est bien l'empreinte digitale de Jean Valjean -bip- en situation irrégulière face au service du travail depuis le 22.11.2005 - bip".

Une fille s'intérroge lorsque la puce verichip sera utilisée sur les humains, si il sera criminel de ne pas l'avoir. Un autre lui répond : "mais c'est déja un délit que d'être sans papier aujourd'hui." C'est un nouvel éclairage de cette pression idéologique du système contre les sans papiers. On sème dans l'esprit des gens l'idée qu'il faut absolument être enregistré, que ceux qui ne sont pas contrôlé sont responsables de la criminalité. Raison de plus pour militer chez RESF.

Les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl : le danger des faibles doses


On y parle de la situation sanitaire en Biélorussie et en Ukraine, où les population subissent encore les dégats de Tchernobyl, et où le physicien Vassili Nesterenko et le medecin Youri Bandajevsky sont sous pression car leurs études sur la opulation biélorsse ont montré la dangerosité certaine des "faibles doses" radiocatives. Un point que l'AIEA refuse toujours d'admettre, et qui a valu 3 ans et demi de prison à Y. Bandajevsky.

Plus d'information sont disponibles sur le site du comité de soutien, et dans le livre "Le Crime de Tchernobyl, le goulag nucléaire" de Wladimir Tchertkoff, sortit en 2006 chez Actes Sud.

Pour d'autres références, étudié&es récemment en France, vous pourrez consulter le site du CRII-RAD, laboratoire de recherche indépendant.

Après avoir pris connaissance des effets de ces faibles doses, je restais songeur en observant dans le train Paris-Marseilles des grandes serres à proximité d'une centrale. Sans catastrophisme, avoir vu les effets des faibles doses dont la communauté internationale ne veut pas entendre parler, ça fait relativiser l'interêt du nucléaire. Quand je pense qu'il y a des blaireaux sur wikipedia qui se donnent pour mission de gommer toute trace de ces conséquences ...

Sciences de la vie : précisions sémantiques


Ce coup ci c'est Jean-Pierre Berlan que nous allons ecouter, j'apprécie ses précisions sur le vocabulaire.

Le site de Jean Pierre Berlan se concentre beaucoup sur les problèmes liés à l'utilisation de la génétique.

A propos de la génétique, je vous recommande ces deux auteurs : André Pichot, auteur de plusieurs livres reconnus sur l'histoire des gènes et de la notion de vie ainsi que de "La société pure, de Darwin à Hitler". Et "Déclarations sur l'agriculture transgénique et ceux qui prétendent s'y opposer" , de René Riesel, un militant engagé de longue date dans la lutte contre les OGM.


Interview de Jean-pierre Berlan
envoyé par nepigo


Les autres intervenants


Ce film donne la parole à bien d'autres personnes, en voici la liste, je passerais rajouter des informations sur eux  :

  • Susan et Arpad Pusztaï, toxicologues congédiés du Rowett Institute (Ecosse),
  • Vassili Nesterenko, Directeur du laboratoire indépendant Belrad, oeuvrant aux soins auprès des populations contaminées par les nouvelles conditions de vie autour de Tchernobyl,
  • Martin Hirsch, Directeur Général de l¹Agence Française de Sécurité Sanitaire et Alimentaire (AFSSA),
  • Gilles-Eric Séralini, membre de la Commission du Génie Biomoléculaire et Directeur scientifique du Comité de Recherche et d¹Information Indépendantes sur le génie génétique (CRII-GEN),
  • Gilles Heriard-Dubreuil, Président de Mutadis, entreprise privée de gestion sociale du risque,
  • Jean-Michel Truong, romancier, entrepreneur,
  • Charles Pilet, ancien Président de l’Académie de Médecine
  • Claude Bourguignon, agronome indépendant
  • André Cicolella, Président de la Fondation Sciences Citoyennes,
  • Jacques Philipponneau, Editions de l¹Encyclopédie des Nuisances,
  • Jean-Pierre Berlan, Directeur de Recherche à l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA),
  • Eric Alt, magistrat, membre du Syndicat de la Magistrature,
  • Pierre Boussange, Maria, Alain et Denis, activistes écologiques et anarchistes,
  • Claude Birraux, Vice-Président de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques,
  • Frédérick Lemarchand, Socio-anthropologue du risque, Université de Caen,
  • Pièces et Main d’Oeuvre, collectif citoyen grenoblois demandant des débats public sur les nouvelles techniques.
A lire aussi :

RFID et Puce Verichip

The good life in Havana: Cuba's green revolution
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J'écrit cet article principalement comme annexe à un article en préparation à propos d'Ivan Illich. Son but est de fournir des données montrant comment les inégalités sociales sont reproduite dans le parcours scolaire des élèves.

Nous allons examiner la situation en France. J'ai eu du mal à trouver des données statistiques, si vous pouvez en trouver notament sur l'obtention de diplomes et la repartition des résultats du baccalauréat selon les les classes socio-professionnelles (CSP), vous pouvez me les laisser en commentaire ou par mail, je completerais. Voici quand même un panel intéressant :

En commençant par la primaire, voici suivant les CSP les pourcentages d'élèves qui arrivent sans redoubler en 6e :

On observe de très grande disparité au primaire entre les élèves issus des CSP cadres et enseignants : plus de 90% arrivent en 6e sans redoubler ; et ceux issus des CSP ouvriers non qualifiés et sans emploi : 45% arrivent en 6e sans redoubler.

Il semble donc que dès l'école on observe une disparité des résulats. Il y a une certaine logique en ce qu'un enfant dans une famille mieux lotie et surtout d'un niveau culturel plus élevé ai plus de facilité en primaire. Cependant ces résultats auront une incidence sur la suite du parcours scolaire, puisqu'à chaque changement de cycle s'opère une séléction plus ou moins dite dans le choix de l'établissement suivant. 

Parmi les élèves entrés en classe de sixième en 1995, 89 % des enfants de cadres ou assimilés avaient intégré une classe de seconde générale ou technologique six ans plus tard. Il ne s'en trouvait que 41 % parmi les enfants d'ouvriers.

Au lycée les élèves boursiers forment 18% de l'effectif des secondes générales et 30% de l'effectif des secondes techniques. Ces données ne sont pas complètes sur la classe d'age, il manque les pourcentages de boursiers chez ceux qui sortent à 16 ans du système scolaire et chez les secndes pro. Cependant on note déja une forte disparité dans la comparaison voie générale/ bvoie technique.

Au plus haut niveau, les grandes écoles : les élèves issus  des CSP cadres et professions intelectuelles supérieures représentent 63% de l'effectif. En 3e cycle universitaire ce sont 54% de l'effectif. En 2001-2002, les enfants de cadres et assimilés étaient toujours proportionnellement vingt fois plus nombreux dans les classes préparatoires aux grandes écoles que les enfants d'ouvriers, dix-neuf fois plus nombreux dans les filières menant vers les professions de santé. Michel Euriat et Claude Thélot ont ainsi calculé que la proportion des jeunes d'origine populaire (en un sens très large : père paysan, ouvrier, employé, artisan ou commerçant) dans quatre grandes écoles prestigieuses (Ecole polytechnique, Ecole normale supérieure, ENA, HEC) a nettement diminué au cours des cinquante dernières années : elle est ainsi passée de 29 % des élèves dans la première moitié des années 1950 à seulement 9 % au milieu des années 1990 (Michel Euriuat et Claude Thélot, "Le recrutement social de l'élite scolaire en France. Evolution des inégalités de 1950 à 1990", Revue française de sociologie, XXXVI, 1995, pp. 413-438.)

Les inégalités sociales se font sentir à l'école et influent sur le niveau de sortie de l'école. Les formations les plus prestigieuses sont de toute façon résérvée à l'élite.

J'aimerais noter que ce n'est pas entièrement à cause du bagage culturel, il arrive aussi pour plusieurs raisons que les enfants n'aient pas accès à un enseignement de même qualité, même si il y a parfois des efforts accrus effectués dans les zones en difficultés. Il y a d'abord des raisons de mixité sociale : on apprend mieux quand l'enseignant fait face à un nombre réduit de "cas difficiles", il a alors plus de temps à consacrer aux élèves en difficultés. On l'a vu précédemment des raisons de selection à chaque changement de cycle. Les élèves qui commencent moins bien se verront moins bien orientés par la suite. On pourrait aussi noté des raisons ethniques de séléctions, mais qui peut aussi être une simple combinaison des problèmes de mixité et de départ difficile. Les profs sont à mon sens loin d'être les plus racistes des français. Ceci dit c'est un avis personnel.

J'aimerais cité rapidement Denis Meuret, professeur de sciences de l'Éducation, IREDU (Institut de Recherche sur l'Economie de l'Éducation) à Dijon, dans un écrit sortit de son contexte qui est intéressant quand au contexte mais dont la portée est difficile à cerner.  "Je suis aussi pour quelque chose dans la naissance de ces indicateurs. Je voulais soulever un problème technique à propos de ces indicateurs: quand on corrige par l'âge et la catégorie sociale, on considère implicitement que l'origine sociale agit de façon externe au système scolaire. C'est-à-dire que c'est à cause du capital culturel des parents que les enfants d'origine sociale favorisée réussissent mieux à l'école. Et on suppose implicitement aussi, quand on corrige, que ce n'est pas parce qu'ils auraient des meilleures conditions d'enseignement qu'ils réussiraient mieux. On sous-estime donc complètement l'influence des conditions d'enseignement, alors qu'il existe en fait, sur ce point, des écarts énormes entre les établissements."  Les lycées sous le feu de l'évaluation, actes de la sixième nocturne de Pénombre, Conservatoire National des Arts et Métiers, 25 mars 1999


D'autres liens utilisés pour écrire ce passage :
Les inégalités de réussite à l'école primaire, Jean-Paul Caille et Fabienne Rosenwald
La discrimination systémique dans le système éducatif français, Philippe Perrot
Commentaire des tableaux des origines socioprofessionnelles des candidats à l’ENA et des élèves
Bbliographie sur les élèves des grandes écoles
LCR-Rouge, dont j'ai récupéré certaines phrases.
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Il va falloir faire une analyse détaillée de la situation et de ce qui s'est passé au sortir de ces élections.

Je crois qu'un bilan complet, sans chercher à ménager la chèvre ou le chou, va s'imposer. Et qu'il faudra en tirer des conclusions à la fois sur le rôle des structures extérieur à l'intérieur du mouvement, et sur les règles de participation et de fonctionnement des collectifs.

Suite à la situation de décembre, il me semble que le mouvement était bien trop inorganisé pour partir en campagne. L'incapacité structurelle du mouvement à se présenter en tant que tel aux élections doit être analysée. Il n'est pas normal que des composantes aient pu remettre en cause le fait que les collectifs participent à l'election. Il n'est pas normal que la décision de continuer se soit prise à la va vite dans des conditions qui ont finalement provoquée une candidature à part, alors qu'elle devait être celle des collectifs. Mais il n'est pas normal non plus que le mouvement ne se soit pas auto-discipliné pour suivre la candidature une fois mise en oeuvre. Le jeu des diviseurs doit être mis au clair.

Il va falloir aussi repréciser une fois pour toute si le mouvement se veut un mouvement populaire dont le but est d'installer des collectifs partout en France afin de redonner un sens à la démocratie et à l'intervention personnelle ou si son but est de faire le lien entre les partis existants. Il faudra choisir une priorité entre ces deux options car elles se sont opposé, de manière à gacher totalement la possibilité que de nouvelles personnes rejoignent les collectifs en voyant que nous dicutions de divisions plutôt que de faire des débats.

Quand à l'usage rituel de la sémantique, son coté incantatoire et les mythes que cela génère, cela aussi doit être analysé et commenté. C'est un travers connu de l'extrême gauche et l'utilisation abusive et abusante de mots comme unitaire, consensus et collectifs a empecher de faire les constats simples qui nous auraient permis de nous sortir avec brio de ces situations, et c'est exactement le sens toujours répété des mythes et de cette "magie" là que de brouiller la compréhension de la réalité en créant des raccourcis éfficaces dans nos méthodes de pensée. Dans un monde qui à escamoté la possibilité d'une vérité transcendante et commence à remettre en question même la réalité en créant un monde virtuel et remettant au goût du jour l'idée d'une réalité différente par personne, il n'est pas étonnant que les mythes reprennent le dessus et que le rassemblement devienne impossible.

J'aimerais aussi poser la question de la sur-representation des composantes et des mouvements divers dans un rassemblement comprenant nombre de "non-encartés" -absolument pas représentés par les électrons libres- et surtout dont le but était de rassembler ceux qui ne particpent pas, plus, jamais à la politique. Sans nier l'utilité de joindre des organisations comme le MIB ou la décroissance qui représentent des personnes que l'on n'entend pas actuellemnt, la sur-présence dans le mouvement du même milieu au travers d'associations reprenant des gens qui font déja partie à part entière des collectifs est étrange et tend à faire penser que ces organisations valent plus que les individus qui son justement sans-voix, et qui ne demandent pas tant un porte-voix que de pouvoir parler. L'on reconduit étrangement dans ce mouvement les mêmes habitudes que la representativitéque l'on devait combattre.

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Edité le 28.02.07 : relecture matinale

Mardi matin, José Bové présente son héritage culturel sur France Culture : La Frabrique de l'histoire.

Je vous encourage à écouter cette émission très instructive que vous pouvez trouver ici.  Vous aurez besoin du logiciel real player. Le lien audio est directement ici.

L'émission laisse la parole au candidat et lui donne le temps de développer. On apprend comment s'est formé le personnage, quelles sont les idées qui l'ont façonné. Depuis son enfance en amérique peu avant le mouvement de Martin Luther King, son passage chez les frères, où il apprend la propagande de l'état en étudiant l'usage qu'en font les totalitarismes de l'époque.

J'ai noté cette phrase au début : "très très jeune j'ai eu l'impression que l'histoire, en fonction du côté ou on se situait, on pouvait la lire d'une manière radicalement différente (...) la logique totalitaire, en fait, pouvait être vécue comme totalitaire quand on était victime, ou conquérante quand on était du bon côté." C'est très important cette reflexion pour quelqu'un qui s'engage sur une voie politique contestataire. D'ailleurs on l'entend dire ensuite : "(...) comme l'histoire de la révolution française de Kropotkin ou l'histoire de la révolution russe de Voline, une reflexion sur comment la révolution ou un mouvement de transformation sociale pouvait être détruit, pervertit, récupéré par une logique de prise de pouvoir qui enlevait toute capacité au gens de vivre leur propre histoire et comment on pouvait en fait rendre les gens complètement extérieurs à leur propre histoire et ensuite en faire uniquement des objets serviles".

Il évoque Nestor Makhno et les paysans ukrainiens racontés par Voline, qui se retrouvent face à l'armée blanche de Denikine et à l'armée rouge de Trotsky. Il cherche derrière le mythe de la révolution russe : "c'est intéressant de voir comment un mythe comme la révolution russe, si on arrive à la lire d'un autre côté on se rend compte qu'il y a des mouvements très importants qui se sont dévelloppés et qui ont été détruits (note : deux fois, une fois matériellement et une deuxième dans le sens où on ne les connaît plus) parce qu'ils portaient en eux un germe très subversif  qui  était que les gens se réapproprie leur pouvoir là où ils étaient." France Culture coupe ici José Bové en plein élan avec un petit encart thématique sur les objecteurs de conscience.

C'est effectivement le germe que l'on essaye de faire vivre dans les collectfs : la réappropriation par chacun de sa parole.  Ce même point, la participation indivuduelle à al vie politique, rendait PPDA nerveux hier sur 100 questions pour convaincre. Et là où je trouvais très intéressant pour quelqu'un qui rentre dans une lutte de se méfier des conséquences du pouvoir, le journaliste, dans la deuxième partie de l'émission, trouve problématique un candidat qui critique l'état et les institution, et considère que les citoyens doivent se méfier de l'état. On retombe une nouvelle fois sur un point crucial des collectifs que de vouloir supprimer le rôle du président. Et c'est tout à fait cohérent avec la volonté de redonner la parole aux ctoyens.

"La reflexion de fond sur la militarisation de la société ou la question du pouvoir ne pouvait pas être autonome d'une reflexion sur les modes d'action. Le slogan à l'époque c'était "le pouvoir est au bout des fusils", et moi très vite je me suis rendu compte que c'est toujours le peuple qui est au bout du fusil, et du mauvais côté." Parfait, José Bové montre ici qu'il a compris l'essentiel, la leçon héritée des luttes populaires : méfions nous de ceux qui prennent le pouvoir par la violence.

José se réfère ensuite à Jacques Ellul et Bernard Charbonneau, notamment le livre "L'Illusion politique" d'Ellul, qui raconte que les rouages de l'état, l'administration sont finalement plus forts que la dimension politique. Bové participe à leur combat contre la logique du bétonnage dans le Langudoc puis sur la côte landaise, avec des luttes citoyennes contre les projets de l'état. Dans ce combat il comprends en pratique la pensée d'Ellul qui déclare que les logiques administratives de l'appareil d'état finissent fatalement par prendre le pas sur la dimension politique et surtout sur le pouvoir de décision des individus par rapport à leurs propres vies..

Au point que le journaliste devient embêté que José Bové ne se réfère pas à de grands personnages "historiques" comme Napoléon, Jeanne d'Arc ou Robespierre (sic),  mais préfère des gens comme Gandhi, Martin Luther King, Thoreau aux états-unis. Chez Spartacus, cité par le journaliste, c'est le refus de prendre Rome qui l'emporte pour José.  Avec la révolution, dans laquelle il doit choisir quelque chose, il se retrouve encore en décalage en mettant en avant les cahiers de doléance et puis la confiscation deux ans plus tard de la révolution par la bourgeoisie. Ce problème je le voie aussi dans cette question de la symbolique de mettre quelqu'un au Panthéon. Pour le journaliste c'est un acte extrêmement important pour un président, José Bové n'y a pas pensé, et cite Louis Lecoin qui sort totalement du cadre "culturel" traditionel des mis au Panthéon. Cette différence avec les autres candidats est réévoquée dans la deuxième partie.

Je trouve symptomatique le besoin de retrouver la présence de mythes dans la réflexion des candidats. Et c'est vrai que la plupart du temps, les candidats communiquent en véhiculant des symboles, c'est en se réferrant à untel ou untel qu'ils s'inscrivent dans l'histoire. Et ces références je crois, servent entre eux à se répérer dans un travail de construction de la société qui les englobent tous. Et là surgit José qui montre sur trois points (personnage, révolution, panthéon) qu'il sort de ces schémas préconstruits. Et là où il est très fort sans s'en rendre compte, c'est quand justement il dit "en allant chercher derrière le mythe de la révolution russe" : le simple emploie de ce mot mythe comme quelque chose qui cache l'important, le place, bien plus que sa critique de l'état, en porte à faux vis à vis de l'idéologie politique traditionelle, et de ce qu'on appelle discrètement le culte de la république.

Il défend ce qu'il appelle lui "la mémoire des vaincus" et reste toujours dans la même logique du refus du pouvoir et de la réapropriation personnelle. Pour moi cet émission révèle un José Bové très intéressant, qui en plus d'être impliqué dans des luttes un peu partout dans le monde, fait la preuve d'une culture libertaire qui met en avant une autre histoire, en opposition ferme avec les mythes républicains traditionnels qui finalement justifient le pouvoir d'hommes sur les autres.

PS : José Bové évoque la disparitionde la tête du chef Ataï, cette histoire m'évoque directement deslignes que j'avait lues à propos de la tête de Géronimo et de celle de Che Guevara.
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Article publié le 08 August 2006 dans le journal anglais The Independent.

L'article sur le site du journal The independent

Il décrit comment la disparition de l'URSS a amené Cuba à transforméer son agriculture. Le retour, forcé en l'occurence, à des moyens de productions qu'Ivan Illich qualifierait de "conviviaux", a permis des avancées sociales et écologiques importantes. Tout en améliorant spéctaculairement à la fois la quantité et la qualité de la nourriture cubaine. Sans oublié le retour de ce qu'on appelle la souveraineté alimentaire, ici rendu obligatoire par l'embargo américain et la chute de l'URSS.

Twenty years ago, following the collapse of the Soviet empire, Fidel Castro's small island faced a food crisis. Today, its network of small urban farmers is thriving, an organic success story that is feeding the nation. Andrew Buncombe reports.
 

To the right lay revolutionary tomatoes and to the left lay revolutionary lettuces, while in the glass in my hand - filled to the brim and frothing with vitality - was the juice from revolutionary mangoes. It was thick, unfiltered and fabulously sweet. It was also organic.

"Yes, it is very good. It's all natural," said Miguel Salcines Lopez, his brow dotted with sweat from the midday sun, as he raised a glassful to his lips. "Growing food in this way is much more interesting. It is much more intelligent," he adds.

Almost five decades after the now ailing Fidel Castro and his comrades overthrew the dictator Fulgencio Batista and seized power in Cuba, another revolution, largely unnoticed by most visitors and tourists, is well underway on this Caribbean island. And Mr Salcines and his small urban farm at Alamar, an eastern suburb of the capital, Havana, are at the centre of a social transformation that may turn out to be as important as anything else that has been achieved during Castro's 47 years in power.

Spurred into action by the collapse of the Soviet Union and the disastrous impact this had on its subsidised economy, the government of Cuba was forced to take radical steps to feed its people. The solution it chose - essentially unprecedented both within the developed and undeveloped world - was to establish a self-sustaining system of agriculture that by necessity was essentially organic.

Laura Enriquez, a sociologist at the University of California Berkeley, who has written extensively on the subject of Latin American agriculture, said: "What happened in Cuba was remarkable. It was remarkable that they decided to prioritise food production. Other countries in the region took the neo-liberal option and exported 'what they were good at' and imported food. The Cubans went for food security and part of that was prioritising small farmers."

Cuba is filled with more than 7,000 urban allotments or "organoponicos", which fill perhaps as many as 81,000 acres. They have been established on tiny plots of land in the centre of tower-block estates or between the crumbling colonial homes that fill Havana. One afternoon I visited a small garden of tomatoes and spinach that had been dug just a few hundred yards from the Plaza de la Revolution, a vast concrete square where Castro and his senior regime members annually oversee Cuba's May Day parade. More than 200 gardens in Havana supply its citizens with more than 90 per cent of their fruit and vegetables.

Of all these gardens, the Vivero Organoponico Alamar is considered one of the most successful. Established less than 10 years ago, the 0.7 hectare plot employs about 25 people and provides a range of healthy, low-cost food to the local community. The hand-written blackboard at the shop attached to the garden listed mangoes at the equivalent of 2p a pound, black beans at about 15 pence and plantains for 12p. Everything looked as if it had been picked just that morning, which it probably had.

Mr Salcines led a brief tour of his garden, stopping off to point out things of which he was particularly proud. There was the shed of tomatoes that had produced five tons of fruit in six months, a self-designed metal pyramid structure which he claimed focused natural energy and benefited not just the plants but the gardeners as well; a worm farm wriggling with California Red worms and the bright marigolds planted at the end of each row of vegetables to attract bees and butterflies. He was also very proud of his crop of splendid, shiny mint. "The Hotel Nacional [Havana's state-run landmark hotel once frequented by the likes of Al Capone] uses our mint for its mojitos [a mint-based cocktail]," he said. "It's because it's organic."

The economics of various organoponicos differ. At the Metropolitana Organoponico in the city centre, two of the four workers who tend the plot said that the land was owned by the government and that everything grown there was split 50-50. "It's very good. It means that food does not have to be brought into the city," said one of the men.

At Alamar, Mr Salcines said that once the workers had grown their set quota of food and given that to the government, the surplus was theirs to sell with the profits then divided among them. Such a sense of co-operation - along with the free meals for the workers - added to the heady sense of idealism at Alamar, the sort of socialist idealism that has earned Cuba many international supporters over the years, despite Castro's dictatorial rule and his repression of political dissent.

Such farms barely existed in the late 1980s. Back then, Cuba's economy was extraordinarily reliant on subsidies from its political older brother, the Soviet Union. It's agriculture was designed with one aim in mind - namely to produce as much sugar cane as possible, which the Soviets bought at more than five times the market price, in addition to purchasing 95 per cent of its citrus crop and 73 per cent of its nickel. In exchange, the Soviets provided Cuba with 63 per cent of its food imports and 90 per cent of its petrol. Such a relationship made Cuba extraordinarily vulnerable. With the collapse of the Soviet Union, such subsidies halted almost overnight. Suddenly, the future looked bleak.

Nowhere was the impact felt more strongly than in the stomachs of the ordinary people. Figures produced by the UN Food and Agriculture Organisation (UNFAO) suggest that the daily calorie intake of the average Cuban fell from about 2,600 calories a day in the late 1980s to between 1,000 and 1,500 by 1993. Essentially, people were having to get by on about half the food they had been eating.

With no subsidies and limited resources, the Cuban regime took the decision to look inwards. Ceasing to organise its economy around the export of "tropical products" and the import of food, it decided to maximise food production. By necessity, this meant a back-to-basics approach; with no Soviet oil for tractors or fertiliser it turned to oxen, with no Soviet oil for its fertiliser and pesticide it turned to natural compost and the production of natural pesticides and beneficial insects. It is estimated that more than 200 locally based centres specialising in biopesticides annually produce 200 tons of verticillium to control whitefly, and 800 tons of beaveria sprays to control beetles.

Professor Jules Pretty, of the University of Essex's department of biological sciences, recently wrote: "Cut banana stems baited with honey to attract ants are placed in sweet potato fields and have led to control of sweet potato weevil. There are 170 vermicompost centres, the annual production of which has grown from 3 to 9,300 tons. Crop rotations, green maturing, intercropping and soil conservation have all been incorporated into polyculture farming."

Remarkably, this organic revolution has worked. Annual calorie intake now stands at about 2,600 a day, while UNFAO estimates that the percentage of the population considered undernourished fell from 8 per cent in 1990-2 to about 3 per cent in 2000-2. Cuba's infant mortality rate is lower than that of the US, while at 77 years life expectancy is the same.

Everyone appears to agree that this new, organic approach is far more efficient than the previous Soviet model that stressed production at all costs. Fernando Funes, head of the national Pasture and Forage Research Unit, told Harper's magazine: "In that old system it took 10 or 15 units of energy to produce one unit of food energy. At first we did not care about economics, [but] we were realising just how inefficient it was."

A second step Cuba took in the mid-1990s to try to save its economy was the establishment of mass tourism. Yet while this has provided the government with a ready source of millions of dollars in hard currency, it has also helped produce a dual-track society with its own tensions and clear divide between those who have access to foreign currency - or the Cuban Convertible Peso - and those who make do with the lowly Cuban peso, which cannot be used to buy many goods.

By contrast, Mr Salcines believes the introduction of organoponicos - a loosening of government control that also saw small restaurants and some private businsesses established - has been a success. He also believes these allotments have stayed true to Cuba's revolutionary ideas.

"Not everything is perfect," said Mr Salcines. "But if you look what capitalism has done for other countries in the region, I believe that the situation for poor people is better in Cuba. Our society is more equal. "

Experts, such as Professor Pretty, believe Cuba may be one of the only countries in the world to have adopted wholesale a self-sustaining system of agriculture. "They had no choice," he said. "Their only choice was to look inwards, to the resources they had and say: 'Can we make more of these resources?'"

Champions of organic, non-intensive agriculture might cite Cuba as an example that other countries could adopt rather than following the large-scale, industrial agriculture system. But could Cuba's labour-intensive example be repeated without the availability of large numbers of enforced workers? "I don't know. I think it is true that it has required much labour," said Professor Pretty. "The thing is that it has also produced a lot of food ... People are also closer to their food production. [In the west] we are worried that we don't know about where our food comes from. In Havana, people are closer to their food production and that may also have psychological benefits."

The same day as visiting the allotment at Alamar, I took a visit to the other side of Cuba's dual-track economy. The Hotel Nacional has hosted the likes of Winston Churchill and Fred Astaire, and more recently Naomi Campbell and Leonardo DiCaprio. On a lawn overlooking the ocean, I paid the equivalent of an ordinary Cuban's weekly wage paid for a mojito. It tasted great, but it didn't taste of the revolution.

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