« La science et la technologie semblent libérer peu à peu les enfants d’Adam et Eve de la malédiction biblique, du travail dans la peine et de l’enfantement dans la douleur. »
Henri Atlan, "Les Etincelles de hasard", cité par Patrick Viveret, dans "Qu'allons nous faire de notre éspèce ? Un Humanisme à refonder"
Pour Henri Atlan, le progrès est l'oeuvre de la science et de son application technique. Il situe leur effet en opposition avec les maledictions qui touchent Adam lors de la chute, et apr
extension la situtation de l'homme en général dans la nature. C'est bien la recherche d'un affranchissement, à la fois de la nature et de la malediction divine.
Babel, la "grande ville", comme l'appel Ellul montre la volonté de l'homme de se "faire un nom", c'est à dire d'être indépendant. Cette volonté n'est pas nouvelle et semble au coeur même de
l'idée de ville et donc a fortiori de "civilisation". D'où les remparts, caractéristique première de la ville, qui marquent un espace séparé de la nature, mais aussi du monde du nomade, qui
assume pleinement la nature comme son environnement et en tire sa subsistance, sans la sémantique de l'exploitation ( le terme n'est pas toujours utilisé negativement, exploitation
forestière par exemple).
Pourtant il serait déplacé d'homme indépendant aujourd'hui.
"Le mouvement même de la modernisation expose donc l’humanité toute entière à un risque d’une nature nouvelle : pour échapper à sa soumission originaire à la nature, les exigences du progrès conduisent l’homme à se soumettre à une "seconde nature" qui serait sociale cette fois-ci, et tout aussi inhumaine que la première. La déshumanisation par l’organisation totale, "l’inconcevable fin d’un monde parfaitement clos dans ses frontières" : tel est l’enjeu de la rapide montée en puissance de la technique et de la science.
"Bernard Charbonneau (1910 - 1996) publié sur le site de décroissance.
Fragilité écologique d’abord : en faisant de l’homme cartésien « le maître et possesseur de la nature » , sans qu’il s’interroge sur sa responsabilité à l’égard de son environnement, l’humanisme, fasciné par le progrès technique, puis par le nouveau triptyque science/technique/marché, ne s’est pas prémuni contre ce que, dans les années 70, Illich appellera sa « part de contre-productivité » .Le progrès nécéssite une adaptation profonde de l'homme à son nouveau milieu. Ayant pour maître la "Raison", il rationalise tout, jusqu'aux comportements, provoquant une reconstruction allant de plus en plus loin dans le quotidien, et marque ainsi la pénétration de plsu en plus forte de l'industrie dans tous les acpects de la vie humaine. Du coup il soumet de façon discète mais marquée l'homme aux institutions qui génèrent la technique, que ce soit le capital ou l'état.
Fragilité anthropologique ensuite : après l’effondrement des « sociétés d’ordre », la refondation de tout lien social sur le seul individu rationnel ignorait l’inscription collective et organisait un face-à-face entre l’individu et l’Etat facilitant aussi bien les approches de type capitaliste que les logiques étatistes, et elle sous-estimait les enjeux émotionnels et spirituels de la condition humaine ( Lire Jean-Claude Guillebaud, La Refondation du monde, Seuil, Paris, 1999.).
Le milieu technicien ne pourrait pas du tout exister s'il ne prenait son appui aussi bien que ses ressources dans le Naturel (Nature et Société), mais il l'élimine en tant que milieu, se substitue à lui, en même temps qu'il l'épuise et l'exténue. La condition pour que la Technique devienne un milieu, c'est justement que l'ancien cesse d'en être un, mais cela implique à la fois sa déstructuration comme milieu et aussi son utilisation si extrême qu'il n'en reste rien - autrement dit le fameux "épuisement" des ressources naturelles dont nous aurons à reparler n'est pas seulement le résultat d'une utilisation abusive des techniques mais essentiellement de la constitution de la technique comme nouveau milieu de l'homme. La technique agit sur ces milieux d'abord par division et fragmentation des réalités naturelles et culturelles. Le processus d'intervention de la technique sur le réel consiste toujours en une rupture du réel en unité fragmentées malléables. Elle correspond à la decouverte scientifique du discontinu : "Les savants decouvrent au coeur de la temporalité des unités séparables (atomes, particules, phonèmes, chromosomes ... [Ndm : on pourrait rajouter l'individu]) Cette investigation du discontinu envahit tous les domaines, ce qui change, ce qui semble naître, cela se définit par un arrangement d'unités élémentaires ... [Note de bas de page : Lefebvre a remarquablement étudié ce phénomène dans "Le nouvel Eleatisme" in l'Homme et la Société, 1966, repris dans Position : contre les tecnocrates, 1967]"
(...)
Elle réduit un ensemble à des unités simples, par une sorte d'analyse et de compartimentage généralisé. La méthode Taylor pour le travail est un exemple modèle : le travail artisanal était un ensemble complexe de gestes et d'opérations indivises qui d'une part exprimaient l'individu travaillant et d'autre part produisaient un tout complet : une "oeuvre". Avec la division du travail puis la taylorisation, on arrive à ue plus grande efficacité, à une interchangeabilité, mais au prix de l'éclatement et de la division en unités gestuelles parfaite set insécables LE geste de travail est parfaitement séparé de la personne du travailleur et existe par soi. Ainsi se produit dans tous les domaines une fragementation du donné premier, et, ensuite, la technique reprend les éléments ramenés à leur plus grande simplicité pour reconstituer à partir d'eux un nouvel ensemble, une nouvelle synthèse où seront intégrés les facteursnaturels désigné antérieurement. Mais cet ensemble technique n'est pas gratifiant pour l'homme, il a toujours le sentiment de vivre dans une société éclatée (quoique plus fortment unie que jamais).
Jacques Ellul, "Le Système technicien"
« La période ouverte par la révolution française a vu fleurir diverses doctrines qui souhaitaient triompher des limites de la nature humaine en créant un nouveau type d’être qui ne fût pas soumis aux préjugés et limitations du passé. L’échec de ces expériences, à la fin du XXe siècle, nous a montré les limites du constructivisme social en confirmant - a contrario - un ordre libéral, fondé sur le marché, établi sur des vérités manifestes tenant à la Nature et au dieu de la Nature. Mais il se pourrait bien que les outils des constructionnistes sociaux du siècle, depuis la socialisation en bas âge jusqu’à l’agit-prop et les camps de travail, en passant par la psychanalyse, aient été par trop grossiers pour modifier en profondeur le substrat naturel du comportement humain. Le caractère ouvert des sciences contemporaines de la nature nous permet de supputer que, d’ici les deux prochaines générations, la biotechnologie nous donnera les outils qui nous permettront d’accomplir ce que les spécialistes d’ingénierie sociale n’ont pas réussi à faire. A ce stade, nous en aurons définitivement terminé avec l’histoire humaine, parce que nous aurons aboli les êtres humains en tant que tels. Alors commencera une nouvelle histoire, au-delà de l’humain. »On pourrait aussi citer le trans-humanisme, qui voudrait voir dans des "cyborgs" l'évolution naturelle de l'homme.
Passage cité par Patrick Viveret, "QU’ALLONS-NOUS FAIRE DE NOTRE ESPÈCE ? Un humanisme à refonder"
On a vu que le "progrès" dans la domination est un amalgame de différents processus, le progrès social, l'évolution des moeurs, le progrès technique, et la croissance économique. La
dénotation "positive" du mot présente l'avantage d'en masquer l'aspect nuisible, mais aussi de le présenter comme inéluctable ( "on n'arrete pas le progrès" ).
Comme le montre André Pichot dans "La Société pure : de Darwin à Hitler", la présentation de la "sélection naturelle" comme moteur de l'évolution, puis la sociobiologie, donnent à la
domination de la bourgeoisie une justification pseudo-scientifique, comme le sang bleu et le pouvoir soit disant "de droit divin" garantissait celle de la noblesse.
La seconde moitié du XIXe siècle (..) voit l'achèvement de la révolution industrielle. C'et le moment où, (...) la bourgeoisie remplace complètement et définitivement l'aristocratie comme classe dominante.
Si, pour justifier son rang social, son pouvoir et sa richesse, l'aristocratie pouvait invoquer un droit du sang - avec, sinon une caution divine, du moins la bénédiction de l'Eglise-, la bourgeoisie ne peut guère qu'avancer ses mérites et son travail. (...)
Le Darwinisme social ne fait guère que traduire en termes crus et directs cette opposition de la bourgeoisie à une aristocratie finissante. En transposant dans la société humaine les principes Darwiniens, il substitue au droit divin de la hiérarchie aristocratique (le créationisme) une sorte de droit naturel du plus méritant (la sélection), voire du plus fort, avec une naturalisation concomitante de la société. Et il donne au tout la caution de la science.
André Pichot, "La Société pure : de Darwin à Hitler".
Marx et Engels sont très sévères à l'égard du travail de Darwin :
Il est curieux de voir comment Darwin retrouve chez les bêtes et les végétaux sa société anglaise avec la division du travail, la concurrence, l’ouverture de nouveaux marchés, les "inventions" et la "lutte pour la vie" de Malthus. C’est le bellum omnium contre omnes [la guerre de tous contre tous] de Hobbes, et cela fait penser à la phénoménologie de Hegel, où la société bourgeoise figure sous le nom de "règne animal intellectuel", tandis que chez Darwin, c’est le règne animal qui fait figure de société bourgeoise.
Lettre de Marx à Engels du 18 juin 1862
Toute doctrine darwiniste de la lutte pour la vie n’est que la transposition pure et simple, du domaine social dans la nature vivante, de la doctrine de Hobbes : bellum omnium contre omnes et de la thèse de la concurrence chère aux économistes bourgeois, associée à la théorie malthusienne de la population. Après avoir réalisé ce tour de passe-passe […], on retranspose les mêmes théories cette fois de la nature organique dans l’histoire humaine, en prétendant que l’on a fait la preuve de leur validité en tant que lois éternelles de la société humaine. Le caractère puéril de cette façon de procéder saute aux yeux, il n’est pas besoin de perdre son temps à en parler.
Lettre de Engels à Lavrov du 12 [17] novembre 1875
On postule alors que le métissage (entre classe supérieure et classe inférieure) est la cause de la dégénérescence de la société. Haeckel, entre autres, établit un arbre généalogique des espèces. Leur degré d'évolution crée une hiérarchie, y compris dans l'espèce humaine, la société la plus évoluée étant celle de la race blanche, surtout dans les pays nordiques où elle est la plus pure (Etudes).
Le concept laïcité, en tant que séparation du pouvoir religieux et du pouvoir séculier est ancien, on pouvait déjà le voir dans l'antiquité gréco-romaine. De même, au Ve siècle, le pape Gélase Ier avait énoncé la doctrine des deux glaives visant à séparer le pouvoir temporel et l'autorité spirituelle au sein de l'église.Le séculier c'est le pouvoir "temporel", le pouvoir "des siècles", celui qui agit dans le monde, il est séparé du pouvoir "spirituel", mais il n'en est pas la contradiction, nous étudierons un peu plus loins les collusions de ce pouvoir avec les nombreuses mystiques. Mais pour pouvoir étendre son emprise de manière égale sur tous, le pouvoir se doit d'être séparé de la religion. Afin aussi d'être universel.
Ultima Cumaei venit iam carminis aetas;
magnus ab integro saeclorum nascitur ordo.
iam redit et Virgo, redeunt Saturnia regna,
iam nova progenies caelo demittitur alto.
Très mystique, on note l'idée d'un age d'or prédit, amplement repris par tous les mouvements New-Age et leur "Age du verseau". Mais aussi la Vierge, très présente dans l'église catholique.Voici venu le dernier âge prédit par la Sybille de CumesVoici que recommence le grand ordre des sièclesDéjà revient la Vierge, revient le règne de SaturneDéjà descend d'en haut une race nouvelle !Favorise l'enfant près de naître...Virgile Bucoliques IV
Homme moderne, adulte pourtant parfois faible dans sa pensée et dans sa volonté, laisse-toi prendre par la main par l’Enfant de Bethléem; ne crains pas, aie confiance en Lui! La force vivifiante de sa lumière t’encourage à t’engager dans l'édification d’un nouvel ordre mondial, fondé sur de justes relations éthiques et économiques. Que son amour guide les peuples et éclaire leur conscience commune d’être une «famille» appelée à construire des relations de confiance et de soutien mutuel. L’humanité unie pourra affronter les problèmes nombreux et préoccupants du moment présent: de la menace terroriste aux conditions d’humiliante pauvreté dans laquelle vivent des millions d’êtres humains, de la prolifération des armes aux pandémies et à la dégradation de l’environnement qui menace l’avenir de la planète.Ce message est également partagé par le pouvoir séculaire, Georges Bush Sr par exemple, en septembre 1990 : "Out of these troubled times, our fifth objective - a New World Order - can emerge.... We are now in sight of a United Nations that performs as envisioned by its founders.", puis en janvier 1991 : "When we are successful, and we will be, we have a real chance at this New World Order, an order in which a credible United Nations can use its peacekeeping role to fulfill the promise and vision of the U.N.’s founders."
Message URBI et ORBI du pape Benoît XVI
"C'est d'un nouvel état d'esprit dont le monde a besoin. C'est un véritable New Deal à l'échelle planétaire qui est nécessaire. Un New Deal écologique et économique. Au nom de la France, j'appelle tous les Etats à se réunir pour fonder le nouvel ordre mondial du 21ème siècle sur cette idée forte que les biens communs de l'humanité doivent être placés sous la responsabilité de l'humanité toute entière." Et encore : «La France entend poursuivre avec tous les hommes de bonne volonté le combat pour construire le nouvel ordre mondial du XXIème siècle.»Sous la responsabilité de l'humanité tout entière ... Il nous prend vraiment pour des billes. Et comment l'humanité tout entière pourra avoir son mot à dire quand les serviteurs du capital auront pris en main l'ensemble des biens communs soit disant en notre nom ? Le pouvoir total, oui, mais avec une idéologie qui le prétend juste et partagé, c'est encore mieux ! Et quoi de mieux que de monter une pseudo-démocratie à l'échelle mondiale comme façade ?
Nicolas Sarkozy appelle à “fonder le Nouvel Ordre Mondial”. avec un lien vers le discours intégral.
C'est un fait particulièrement attristant de l'histoire humaine que des conflits s'élèvent au nom de la religion. Aujourd'hui même, des gens sont tués par un mauvais usage de la religion et par l'encouragement du fanatisme religieux et de la haine, des communautés sont détruites et des sociétés déstabilisées.J'essaye de montrer en quoi c'est faux dans l'article sur l'antisémitisme.
Le Sommet pour la Paix mondiale aux Nations Unies qui, l'an dernier, réunit responsables religieux et guides spirituels fut également un moment d'une grande importance.La grande difference du mouvement monotheisme, conservé encore dans ses deux composantes sémites, est le rapport individuel au Seigneur, marque d'autonomie de la pensée et de liberté. Que des envoyés parlent en leur nom aux Nations Unies si ça leur chante, mais la légitimité de leur representation là bas doit être remise en cause.
Voilà ce que défend le Dalaï Lama. La transformation de l'homme.
les principales religions du monde, dans leur ensemble, aident les gens à se transformer et à devenir des êtres humains accomplis.
Le "Nouvel Humanisme" ou "humanisme universaliste" est un nouveau courant de pensée visant une transformation du monde, aspirant à un changement de civilisation et à l'émergence d'une nation humaine universelle.
L’action de transformation sociale n’est réellement efficace et cohérente que si elle est accompagnée d’un changement individuel, d'un changement de mentalités, de comportements. C'est pour cela que l'action humaniste vise la transformation sociale et le développement personnel simultanés.
http://www.mouvementhumaniste.fr/
3:14 L'Éternel Dieu dit au serpent : Puisque tu as fait cela, tu seras maudit entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs, tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie.
3:15 Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon.
3:16 Il dit à la femme : J'augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi.
3:17 Il dit à l'homme : Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l'arbre au sujet duquel je t'avais donné cet ordre : Tu n'en mangeras point ! le sol sera maudit à cause de toi. C'est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie,
3:18 il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l'herbe des champs.
3:19 C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière.
3.1 Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs, que l'Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?
3:2 La femme répondit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin.
3:3 Mais quant au fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n'en mangerez point et vous n'y toucherez point, de peur que vous ne mouriez.
3:4 Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez point ;
Controle des populations |
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Démystification |
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Je te remercie de ton passage sur mon blog..
Le tien est tres interressant aussi..
Je reviendrai te lire..
Tous ces sujets...
Je vois ou tu a fait le lien avec chez moi..
Que de lectures interessantes ici
BONNE SOIRÉE
Pie XII Extrait Encyclique Humanum generis contre l'évolution.
Quiconque observe attentivement ceux qui sont hors du bercail du Christ découvre sans peine les principales voies sur lesquelles se sont engagés un grand nombre de savants. En effet, c'est bien eux qui prétendent que le système dit de l'évolution s'applique à l'origine de toutes les choses; or, les preuves de ce système ne sont pas irréfutables même dans le champ limité des sciences naturelles. Ils l'admettent pourtant sans prudence aucune, sans discernement et on les entend qui professent, avec complaisance et non sans audace, le postulat moniste et panthéiste d'un unique tout fatalement soumis à l'évolution continue. Or, très précisément, c'est de ce postulat que se servent les partisans du communisme pour faire triompher et propager leur matérialisme dialectique dans le but d'arracher des âmes toute idée de Dieu.
La fiction de cette fameuse évolution, faisant rejeter tout ce qui est absolu, constant et immuable, a ouvert la voie à une philosophie nouvelle aberrante, qui, dépassant l'idéalisme, l'immanentisme et le pragmatisme, s'est nommé existentialisme, parce que, négligeant les essences immuables des choses, elle n'a souci que de l'existence de chacun.
A cela s'ajoute un faux historicisme qui, ne s'attachant qu'aux événements de la vie humaine, renverse les fondements de toute vérité et de toute loi absolue dans le domaine de la philosophie et plus encore dans celui des dogmes chrétiens.
En présence d'une telle confusion d'opinions, nous pourrions être sans doute un peu consolés de voir ceux qui étaient nourris jadis des principes du rationalisme désirer revenir aujourd'hui aux sources de la vérité divinement révélée, reconnaître et professer que la Parole de Dieu, conservée dans la Sainte Ecriture, est bien le fondement de nos sciences sacrées. Mais comment ne pas être affligés de voir un grand nombre d'entre eux faire d'autant plus fi de la raison humaine qu'ils adhérent plus fermement à la Parole de Dieu et repousser d'autant plus vivement le magistère ecclésiastique qu'ils exaltent plus volontiers l'autorité de Dieu révélant: ils oublient, ce faisant, que ce magistère est institué par le Christ Notre Seigneur pour garder et interpréter le dépôt divin révélé. Toutes prétentions qui sont non seulement en contradiction flagrante avec la Sainte Ecriture, mais démontrées fausses encore par l'expérience de tous. En effet ceux qui sont séparés de la véritable Eglise se plaignent souvent, et publiquement, de leur désaccord en matière dogmatique au point d'avouer, comme malgré eux, la nécessité d'un magistère vivant.
Pie XII a raison sur cerains points. Il est vrai que pour certains le simple fait que les théories de Darwin soient proclamée contre la Bible suffit largement comme preuve. André Pichot montre cependant que ce n'est pas tant l'aspect évolution qui provoqua des levées de boucliers de croyants que la problématique sociale de ses théories.
La collusion de cette théorie avec l'immanence est aussi un point à étudier.
Cependant Pie XII, très virulant contre le communisme, a largement cautionné l'eugénisme des Nazis ( c'est débattu, mais il n'y a pas eu d'opposition alors que l'on sait qu'il savait). Et surtout a organisé les massacres par les Oustachis croates des serbes, aux coté des Nazis. Il organisera ensuite la fuite de ses protegés. Voir Le Pape et Hitler, Cornwell John, 1999 et aussi l'historienne communiste Annie Lacroix-Riz, qui effectue un très bon travail de recherche ( à voir ses écrits sur la collaboration française) et met elle aussi en évidence le soutien de Pie XII ( <http://www.historiographie.info/vatyougo.html> ) à des individus peu recommandable.
On voit le double jeu de Rome qui d'une part semble défendre la Foi et interdire la blamable ( encyclique sur l'eugénisme) et dans la pratique se retrouve du côté du pouvoir temporel dans ce qu'il a de pire. Ppour une personne infaillible je trouve que cela pose problème.
"Plusieurs fois j’avais pensé lancer une excommunication contre le nazisme et dénoncer au monde civil la cruauté de l’extermination des juifs! Nous avons entendu des menaces de rétorsion très graves, pas contre notre personne, mais contre nos pauvres fils qui se trouvaient sous la domination nazie; de très vives exhortations nous sont parvenues par plusieurs moyens, afin que le Saint-Siège ne prenne pas une position radicale. Après tant de larmes et de prières, j’ai conclu que si j’avais protesté, non seulement je n’aurais aidé personne, mais, au contraire, j’aurais provoqué la colère la plus féroce contre les juifs. […] Ma protestation m’aurait procuré peut-être l’éloge du monde civil, mais, en revanche, elle aurait procuré aux pauvres juifs une persécution encore plus implacable que celle qu’ils subissent déjà"
( 2).
Telle était la conviction de Pie XII. Et le fait qu’elle avait un fondement réel est confirmé par ce qui est arrivé à l’Eglise de Hollande. Le dimanche 26 juillet 1942 dans toutes les églises catholiques on lit une lettre de protestation contre la déportation de familles juives entières (plus de 10.000 personnes). Résultat: non seulement la déportation des juifs de sang et de religion eut une accélération, mais, en signe de rétorsion directe contre les Evêques responsables de la protestation, les premiers à être déportés furent les juifs baptisés (parmi lesquels Edith Stein et sa soeur Rose), qui furent considérés dès lors comme "nos ennemis les plus terribles".
Quand Pie XII fut informé de cette tragédie, il se dirigea vers la cuisine et brûla personnellement deux grandes feuilles à l’écriture serrée, en disant: "C’est ma protestation contre cette épouvantable persécution anti-juive. Elle aurait dû paraître ce soir dans l’Osservatore Romano. Mais si la lettre des Evêques hollandais a eu comme prix le meurtre de quarante mille vies humaines, ma protestation en coûterait peut-être deux-cent mille. Pour cette raison il est préférable de ne pas parler en forme officielle et d’agir en silence, comme j’ai fait jusqu’à présent, pour tout ce qui était humainement possible pour ces gens".
J'ai lu ton article attentivement. Il est intéressant car il aborde de nombreux sujets. D'ailleurs certains de me poèmes abordent des problématiques similaires.
Ton post scriptum est important car à la 1ère lecture, on ne voit pas le lien entre le titre de l'article et son contenu.
Pour résumer ton article, je dirai qu'il évoque le progrès, vu sous l'angle des divers contrôles de la population. Sous cet aspect, le progrès est-il une évolution ou bien la construction d'un pouvoir global et planétaire ?
Certaines de tes affirmations méritent débat. Les idées y sont ( destruction du lien social, la société de consommation, le progrès technique, le contrôle de la population et ses dérives vers construction d'une élite, l'éducation, l'aspect occulte et ésotérique, ...), mais les transitions entre elles sont discutables.
Le progrès technique est un catalyseur redoutable, une source inépuisable abreuvant la société de nouveaux produits à consommer. La marchandisation du monde est facilitée par la standardisation des cultures ( pensée unique ), la construction des fossés générationnels, la destruction du lien social et de l'entité familiale, le formatage et l'asservissement des esprits.
Le progrès technique offre également à l'Etat des moyens toujours plus grands dans le contrôle de la population.
Bon j'arrête pour ce soir, mais au plaisir pour en parler.
L'envol du Phénix.