Kokopelli: biodiversité, la fin des illusions

Publié le par Desbabas

Salut,

Je n'ai pas trop de temps en ce moment pour écrire, mais j'ai reçu ça dans ma boite aux lettres, alors je vous en fait profiter. Pour comprendre les enjeux concernant les semences, je vous recommande chaudement "La guerre au vivant" de Jean Pierre Berlan.

Kokopelli: biodiversité, la fin des illusions

Les verdicts sont tombés, l’Association Kokopelli est lourdement condamnée :

       - 12.000 € pour le grainetier Baumaux

       - 23.000 € pour l’état et la fédération des industriels de la semence (FNPSPF).

Il faut être réaliste : les semences que défend l’association Kokopelli, étant maintenues dans l’illégalité par une volonté politique, nous ne pouvions pas gagner ces procès.

Malgré les directives européennes, les avis de l’ONU, du Sénat, de scientifiques, d’agronomes affirmant l’urgence de sauvegarder la biodiversité végétale alimentaire, l’état français refuse de libérer l’accès aux semences anciennes pour tout un chacun.

C’est ce qui permet aujourd’hui aux magistrats d’infliger ces lourdes peines à l’association Kokopelli.

Dans le cas du procès de la SAS Baumaux pour concurrence déloyale, M. Baumaux verra donc son bénéfice de 800.000 € augmenté de 10.000 € et recevra 2.000 € pour ses frais.

L’état français recevra 17.500 € au motif que KOKOPELLI vend des semences illégales, 5.000 € seront consacrés aux frais et à l’information du bon peuple sur les pratiques dangereuses de l’association KOKOPELLI. Les semences qui ont nourri nos grands-parents et qui servent à nous nourrir aujourd’hui par le jeu des croisements, sont donc devenues illégales et dangereuses.

Nous avons eu droit au grenelle de l’environnement : il faut sauver la biodiversité ! alors pourquoi condamner une association qui sauvegarde avec ses adhérents et ses sympathisants, plus de 2500 variétés en risque de disparition ? Pourquoi condamner ces semences dont la FAO reconnaît qu’elles sont une des solutions pour assurer la souveraineté alimentaire, face aux dérèglements climatiques et à l’augmentation de la population mondiale ? Pourquoi les mêmes variétés, selon qu’elles sont vendues par KOKOPELLI ou d’autres opérateurs entraînent condamnation ou mansuétude ? Pourquoi les grandes surfaces vendent des fruits et légumes issus des variétés interdites à KOKOPELLI, en toute impunité (en tout cas à notre connaissance).

Les condamnations infligées à KOKOPELLI ne sont donc pas à chercher dans la nature des semences que protège l’association, mais dans ses actions.

L’association propose aux jardiniers, aux paysans, d’être autonomes et responsables, face au vivant. Dans notre société du tout marchandise, c’est intolérable. Le plus grand grief (sous jacent) fait aux semences anciennes ou de pays, est d’être reproductibles et qui plus est adaptables à de très nombreuses conditions de cultures, sans le soutien de l’agro chimie. Voilà la faute de KOKOPELLI : conserver le levain des savoirs populaires, agronomiques et génétiques. A l’heure où l’on veut nous faire croire que le tout hybride, OGM, chimique, énergie fossile, sont les seules possibilités d’assurer notre alimentation, propager l’autonomie semencière par l’exemple est devenu répréhensible. Ce qu’il faut retenir de ces condamnations, c’est la volonté affichée d ‘éradiquer les alternatives techniques et semencières autonomes.

Depuis 15 ans, KOKOPELLI protège la diversité de nos jardins, de nos champs, de nos assiettes, tout en essayant de faire évoluer le cadre juridique vers une reconnaissance de la valeur agronomique et culturelle des variétés reproductibles : L’ETAT FRANÇAIS NOUS A FAIT ECHOUER. Aujourd’hui, la disparition potentielle de KOKOPELLI ouvre un boulevard à l’uniformisation culturelle et productiviste agricole. La disparition de la « vraie » biodiversité basée sur la variabilité génétique d’une multitude de variétés locales ne sera jamais, et de très loin, compensée par la multiplicité de quelques variétés clonées.

Il est intéressant de noter la similitude des actions et de la répression envers les faucheurs volontaires, les amis de l’ortie, les défenseurs de l’herboristerie et KOKOPELLI : chacun cherche à sa façon, à protéger  et promouvoir la vie et la continuité des savoirs. Pour notre gouvernement, tout cela est devenu répréhensible ! Face à ses contradictions, entre ses déclarations enflammées du Grenelle de l’Environnement et les condamnations qu’il obtient contre les défenseurs de la biodiversité, gageons que l’état français mettra un point d’honneur à prendre en réelle considération le devenir des générations futures.

L’association KOKOPELLI a toujours proposé la résistance fertile  non violente et le dialogue, peut-être étions-nous trop en avance ? Mais maintenant, sauver la biodiversité est d’une extrême urgence. Si l’agriculture productiviste que protége le gouvernement se trompe, vous trompe, nous trompe, quelle stratégie de repli aurons-nous ? Si nos élus ont contribué à éradiquer notre patrimoine semencier alimentaire ?

La solution est dans votre camp, mesdames et messieurs nos gouvernants. Une fois, vous avez pu revendiquer « responsables, mais pas coupables ». Devant la faim du peuple, cet argument ne tient pas.

N’obscurcissez pas l’avenir, il l’est déjà suffisamment.

Mais peut-être faut-il lancer un appel : aux semences, citoyens !

Raoul Jacquin

Ce communiqué est consultable sur notre site

Association Kokopelli

http://www.kokopelli.asso.fr/index.html

Publié dans Nature

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roland 31/03/2008 01:33

vvous n'avez pas l'air de savoir ce que représente et entraîne l'agriculture "conventionnelle " actuelle!v
http://www.mdrgf.org/vhttp://www.passerelleco.info/article.php?id_article=113 v les choses évoluent de plus en plus vite (et l'xplosion des taŭ de cancers aussi), le virage à l'agriculture biologique (et on constate de plus en plus que le bio est bel et bien capable de nous nourrir tous (et pas seulement des bobos!) http://www.notre-planete.info/actualites/actu_990_agriculture_biologique_nourrir_tous.php v devient une nécessité et une urgence, une urgence! ce n'est plus le développement d'une agriculture bio malginale, à côté d'une agriculture insutrielle dominate qu'il faut promouvoir, mais un virage total, tant qu'il ne sera pas obtenu l'humanité est menacée.Qjand à Kokopelli, foin des désinformations sournoises, je suis à fond pour, et ses valeurs sont celle et de la liberté, et de la démocratie, et de l'humanisme, (et du plaisir!) et les seules à l'être.De même que la pensée de Vandana Ŝiva http://www.humanvillage.net/Vandana-Shiva.htmlvvvv

Rouby 27/03/2008 15:06

en quoi le fait que certaines personnes qui mangent bio aient un frigo, une voiture et une machine à laver discrédite le fait que manger bio puisse aider à préserver notre environnementC'est ce qui pollue le plus, un bon début serait de ne plus utilisé sa voiture, son lave linge, lave vaisselle. Manger bio aura peut etre un impact en 3050. Je crois que c'est la sur consommation qui est le probleme, donc diminuez la bio ou pas. 

Desbabas 27/03/2008 18:49


humm. C'est vrai pour la voiture. En même temps, l'état des sols est tellement pitoyable qu'il est urgent de se mettre à les cultiver normalement.


ptitluc 16/03/2008 19:07

haha c'est un peu facile comme argumentation..je n'ai bien évidemment rien contre les agriculteurs avec qui j'entretiens de tres bonnes relations ;-)..cela dit, si certains agriculteurs se sentent remis en cause c'est sans doute parce qu'ils se sont vu déposséder de leur pouvoir de décision et par la même de leur indépendance...sans que pour autant ils ne cherchent (ou ne puissent..) à s'extraire du moule...par ailleurs, l'agriculture est au coeur d'un projet de société (en théorie..), et de fait ne peut pas etre considérée sur le seul plan économique. Etre agriculteur s'est, à mon sens, autrement plus qu'entreprendre..et en ce sens, les responsabilités sont toutes autres...l'économie est biensur une dimension de la réalité..mais bien évidemment pas la réalité elle-même..l'économie doit etre considérée dans le champ social, tout comme la science. La meilleure rentabilité économique d'une variété n'en fait pas pour autant LA variété qui doit supplanter toutes les autres. Quid de la rentabilité sociale et environnementale ?? Par ailleurs, votre raccourci est grossier : une variété hétérogène et instable du point de vue de la descendance n'implique pas de fait son remplacement par une variété hybride dont la descendance sera stérile...On peut faire de l'amélioration variétale sans que cela conduise nécessairement à l'utilisation de la technologie "terminator", non?? ET ce n'est parce qu'une variété possède le gène "terminator" qu'elle sera plus rentable, cela n'a aucun rapport... suivant la même logique, on peut aussi arrêter d'opposer agriculture intensive et agriculture biologique, puisqu'ils existent entre les 2, des gens qui vivent de leur travail sans que pour autant leur choix ne soient guidés par l'idéologie de l'un ou l'autre de ces 2 extrèmes..néanmoins, dire que le bio soit à la mode et penser que cela suffise pour le discréditer n'a pas de sens...les ogm sont aussi à la mode, non??..Dans ce cas là, je pense qu'il est raisonnable d'aller vers ce qui profite le plus à l'individu, et là en l'occurence c'est l'agriculture biologique, ou tout au moins l'agriculture intégrée...De la même manière, en quoi le fait que certaines personnes qui mangent bio aient un frigo, une voiture et une machine à laver discrédite le fait que manger bio puisse aider à préserver notre environnement?? c sans doute un début non??

Rouby 16/03/2008 15:05

arretez de prendre les agriculteurs pour des idiots, si ils ont arreté certaines semences au profit d'autres c'est parce qu'elles n'étaient pas rentable. Concernant la steririlité, on voit que vous n'y connaisez rien, ça n'interesse plus aucun agriculteur car c'est beaucoup trop couteux en plus d'un taux d'echec tres important. Le bio est à la mode et une poignée d'individu (avec voiture, frigo et machine à laver) voudrait manger des carottes du Gabon datant de 1670 (ap JC) pour sauver la biodiversité de la planète, elle est bonne celle la !

Desbabas 16/03/2008 18:08

Bonjour,Personne ici ne prend les agriculteurs pour des idiots. Il s'agit de réflechir au modèles sociaux et écologiques qui sont mis en place aujourd'hui et à leurs conséquences.La rentabilité (souvent via les subventions, donc une rentabilité largement manipulée) est un des moyens d'asservissement de l'homme et de la nature. En arriver à des plantes stériles est l'aboutissement d'un long processus qui ne peut rien apporter de bon. Le tri à façon n'est pas un moyen coûteux, au contraire, et la selection naturelle est productive en terme de rendement.PS : Si vous pouviez prendre les moyens de vous exprimé calmement, cela serait bien plus agréable.Desbabas

ptitluc 14/03/2008 18:42

quelle distinction faites vous entre variétés anciennes et variétés inscrites??En effet, il y en a au moins une : les semenciers vendent essentiellement des variétés hybrides (hybrides F1, de première génération donc), dont les semences sont stériles. Ces variétés ont en outre été développées (car c'est bien de stratégie marketing dont il s'agit..) à l'origine pour permettre aux maraichers professionnels de récolter des légumes standardisés et homogènes jusqu'au stade de maturité...d'ou la nécessité d'avoir à disposition un nombre incalculable de "variétés" dont seule la précocité varie afin de pouvoir satisfaire au mieux nos fameux "besoins" de consommateurs tout au long de l'année...cet investissement dans la forme induit chez ces plantes une sensibilité accrue aux ravageurs...ce qui n'est point un souci puisque les semenciers (les principaux tout au moins) exercaient leurs talents initialement dans l'agrochimie..Si les variétés anciennes suscitent un regain d'intérêt affiché de la part des semenciers c'est aussi parce qu'elles sont l'unique source de diversité génétique utilisable pour fabriquer de nouvelles variétés hybrides, plus en phase avec les attentes du moment ..mais certainement pas pour les distribuer elles-mêmes.. quel intérêt à permettre aux jardiniers de multiplier eux-mêmes leurs semences de la part d'une entreprise commerciale dont la vente de semences constitue la rente??de plus quel est le problème à proposer des variétés de tomate américaines?? la tomate ne vient-elle pas d'amérique du sud???de même pour les poivrons et autres piments??...Encore... la biodiversité c'est la diversité biologique à plusieurs niveaux dont celui des espèces, quelque soit leur provenance..une espèce reste une espèce...il n'y a donc pas de biodiversité "naturelle", opposable à une quelconque biodiversité "artificielle"...les variétés hybrides sont à ce titre plus "consanguines" (moins diverses génétiquement...) que n'importe quelle autre variété avant elles..enfin, je ne vois pas en quoi la nature des soutiens que recoivent kokopelli pourraient, comme le laisse penser votre propos, discréditer son action??? le gnis et le geves fonctionnent avec des fonds privés, comme la majorité des recherches faites dans le domaine agronomique et alimentaire pour ne citer que ceux ci. Et cela ne suicite d'ailleurs pas plus de réactions que cela alors que le lobbying exercé par les industriels dans ces domaines, comme dans celui de la pharmaceutique, n'est plus à démontré...or il est bien loin le temps ou l'intérêt des industriels était avant tout celui du consommateur (si tant est qu'il aie été un jour..)... et je ne vois aucun soutien privé de cet acabit auprès de kokopelli...ne pas respecter la loi, c'est une chose...encore eût-il été nécessaire que la réglementation en vigueur ne fusse pas faite par et pour des intérêts privés qui vraisemblablement ne sont pas ceux des jardiniers amateurs, et plus généralement des consommateurs...

Desbabas 16/03/2008 00:34

merci. il serait effectivement intéressant d'en savoir plus sur les buts des sauvegardes institutionnelles et leur disponibilité pour le grand public.