Partie II : Israël et le sionisme - le nationalisme contre la religion

Publié le par Desbabas

Cet article fait partie de la série "Les enjeux de l'antisémitisme" :

1. Partie I : Le nazisme et le capital - Wottan et Mammon
2. Partie II : Israël et le sionisme - le nationalisme contre la religion
3. Partie III : L'Islam, l'islamophobie et l'antisémitisme
4. Partie IV : le New Age et la fin de la laïcité


2. Israël et le sionisme 

La question de l'antisémitisme a évolué depuis, avec la création de l'état d'Israël et le conflit au proche-orient. Il y a tellement de propagande de toute part à propos de ce conflit qu'il est difficile de s'y retrouver.

D'une part les critiques contre l'Etat d'Israel, et sa politique de colonies et d'oppression des palestiniens, qui prend un nouvel élan avec la parution des archives relatives à la guerre de 48 et la mouvance dite des nouveaux historiens en Israel. D'autre part l'expression d'un choc des civilisations opposant un occident moderne, civilisé et démocratique à un proche orient  archaique, obscurantiste et autocratique.

Trop souvent ce conflit est ramené à une optique simpliste de guerres de religions, comme s'il n'était qu'une opposition logique Islam-Judaïsme. (Voir Le changeement de paradigme au proche orient )

Les critiques contre la toute-puissance des juifs, qui dicteraient la conduite des USA, rappelle fortement la vision d'Hitler exprimée dans la première partie. Pourtant même si Israel reçoit une aide importante de l'occident celle-ci reste conditionnée. Dans le conflit au proche-orient, Israel est censée représenter l'occident civilisé et democratique contre les barbares, qui "haissent notre mode de vie et la démocratie". L'occident peut donc avoir certains interêts à soutenir l'état d'Israel.

Soit dit en passant, affirmer que les arabes sont opposés à la démocratie est injuste pour les populations qui apprecieraient avoir la même liberté d'expression que chez nous. Je ne pense pas que ce soit contre la démocratie et la liberté d'expression que les arabes sont fachés, il me semble qu'il y a un plutôt un sentiment d'injustice et d'impuissance face au malheurs palestiniens.

Nous avons beaucoup entendu parler d'antisémitisme à l'égard d'Israel. Et certains défendent que critiquer Israel, ou mieux encore le sionisme, c'est de l'antisémitisme.

Voilà en gros le tableau d'une situation que nous aimerions mieux comprendre. Un long voyage au proche orient nous permettra de saisir les enjeux de l'antisémitisme sur ce sujet.

2.1 Les juifs orthodoxes s'opposent au sionisme

On m'avait dit que les juifs religieux orthodoxes incitaient aveuglément à l'occupation et comble de tout, étaient dispensé de faire la guerre. Ou encore que les religieux étaient anti-palestiniens. En fait c'est bien plus compliqué.

Rappelons le, des juifs vivaient déja en Palestine avant l'idée de sionisme. La Palestine sous l'empire Ottoman est peuplée de musulmans, de chretiens et de juifs qui vivent ensemble. Dans les années 30, des juifs croyants fondent le mouvement Neturei Karta, qui signifie "gardiens de la ville sainte" en aramaïque.

The movement was established in Jerusalem in the 30s. Its supporters, living in the Holy Land since the 18th century, had always opposed a Jewish state and were concerned about the growing pressure to establish a Jewish homeland.

The unorthodox orthodox

Il est interessant d'entendre ce que ces juifs religieux ont à dire sur le sionisme , l'idéologie nationaliste israelienne :

Contrary to the perception of many non-Jews and even many secular and semi-practicing Jews, the State of “Israel” and the Zionist movement are actually considered the antithesis of Jewish beliefs. Proponents of Zionism have been engaged in a long futile struggle to find ways to legitimize their beliefs to traditional Judaism since the movement was first conceived at the end of the19th century. Zionism is regarded within traditional Orthodox Jewry as being completely contrary to the Torah and to how it has been practiced for thousands of years.

C'est déroutant, et plutôt contraire à ce qu'on peut penser à première vue de la société israelienne. Ils condamnent le sionisme, accusant celui-ci des pires crimes, y compris d'avoir profité de l'holocauste. (Spiritualy and phisically responsible, Holocaust Victims Accuse).

Pourquoi ces groupes juifs, dont certains vivent en Israel s'attaquent ainsi au sionisme ?

Il y a deux raisons religieuses à l'anti-sionisme. L'une est que le sionisme aujourd'hui est un sionisme séculaire, melé à des influences non-juives, et auquel manquent des figures clés comme le Messie et la reconstruction du temple. Ceux qui s'appuient sur cette raison sont plus non-sionistes plutôt qu'anti-sionistes. L'autre raison se bas sur le Talmud ( Meseches Kesuvos 111a ), qui commente le cantique des cantiques 2.7 mentionnant les voeux, qui statu que quand Israel entra dans le second exile, il y eu trois voeux entre le ciel et la terre :
  1. Qu'Israel ne s'érige pas comme un mur (conquiert Eretz Israel par la force)
  2. Que IHWH fit jurer à Israel qu'elle ne se rebellerait pas contre les nations ( qu'elle obeisse aux gouvernements pendant son exil )
  3. Que IHWH fit jurer de aux nations de ne "pas trop" opprimer Israel. [traduction de yoter midai]
traduction personnelle de I've heard there were/are very Orthodox Jews who were/are against the state of Israel. How could this be? Who are they?

La deuxième idée qui sous-tend leur anti-sionisme est l'injustice causée aux palestiniens. Avant l'arrivée des sionistes, les juifs vivaient en paix avec leurs voisins arabes, comme les communautés juives dans les autres pays arabes. Il faut savoir que le Coran ordonne de traiter correctement les juifs et les chretiens. En échange d'un impot spécial, ceux ci peuvent vivre en paix dans les pays musulmans, et selon leurs propres traditions.

Let it be known that:
 
The State of "Israel" does not represent the voice of Judaism and/or the Jewish people. The Torah clearly forbids the formation of a State, for the Jewish people, in their time of exile.
 
The Torah forbids stealing land, subjugating and oppressing a people etc.
 
The root cause of the endless bloodshed and suffering in the Holy Land is Zionism and the State of "Israel".
 
The root cause for the continual rise of worldwide anti-Semitism is Zionism and the State of "Israel".
 
The Jewish people have been living in Muslim countries, including Palestine, in peace and harmony with their Arab neighbors, until the advent of Zionism.
 
True to the above and for many other reasons, the rabbinic authorities universally, have vehemently opposed the State of "Israel" since the time of its inception.

From Neturei Karta International, cité sur rense.com

Pour ces juifs, le judaïsme est tout à fait opposer aux injustices faites aux palestiniens. Ils représentent un peuple qui a vécu en paix avec ses voisins arabes et musulmans, pendant la periode de l'empire ottoman. A cette époque la religion était un facteur de paix, et permettait aux juifs, chretiens et musulmans de coexister.

C'est à notre époque que les minorités religieuses sont expulsée. En Israel, mais aussi en Irak, en Turquie (surtout au début du XXe siècle), etc. Qu'est ce qui a changé ? Quelles idéologies ont entrainé des massacres, quelle nouvelle forme a adopté la religion pour justifier la guerre ?
 

2.2 Le sionisme, idéologie séculaire

Si la création d'un état juif est interdite par le judaïsme, cela exclu un fondement religieux à la création de l'état d'Israel.

Zionism is the transformation from Judaism, a G-dliness and spirituality, into a G-dlessness, materialism with nationalistic aspirations. Theodor Herzl and his cohorts, the fathers of this relatively new ideology of Zionism (approximately 100 years), have taken the Almighty out of the equation.

The ultimate establishment of the Zionist State, the fulfilment of the Zionist ideology, takes this blasphemy a step further. The Jewish people were sent into exile by Divine decree. They where then expressly commanded by the Almighty, not to attempt to leave their exilic existence through any human intervention. They were expressly forbidden to create their own state, such as the Zionist state of "Israel". (Talmud, Tractate Kesuboth, p.111).

The Jewish people are forbidden to oppress another people. The creation of the State of "Israel" came about through, the theft from, subjugation and oppression of, the Palestinian people.

Torah Jewry, therefore, condemns the horrifying suffering inflicted upon both the Palestinian and Lebanese people. Because of all of the above, all attempts to achieve peace and stability for "Israel" are destined to fail. The Creator cannot be defied with impunity.

The Rabbis stated, that the State of "Israel" will result in unending pain, suffering and bloodshed. May the Almighty protect His creations.

orthodox jews demand end to zionist atrocities in the middle east


L'accusation est formelle : le sionisme est un materialisme sans dieu, avec des aspirations nationalistes.

Attardons nous quelques temps sur le sujet.

    A cette dernière conception de la nation fixons le terme nationalisme «organique» car on associe non seulement à la collectivité de la notion du regroupement d’individus vivant ensemble et étant soumis aux mêmes lois, mais on l’investit également d’une vie propre, parallèle à celle de l’individu. Ainsi crée-t-on par une sorte de genèse, le corps mystique de la collectivité sociale qui devient une fin en elle-même, dotée de sa propre force motrice et omni-puissante comme Dieu. Bref, l’individu appartient maintenant corps et âme à la nation, laquelle à son tour devient le corps et l’âme de tous et toutes. En ce sens la nation devient «organique.» Le sionisme, comme tout mouvement nationaliste de droite lequel se replie sur la notion de la pureté ou de l’intégrisme ethno-linguistique, est un nationalisme organique dans le sens que l’auteur vient d’énoncer. On a «ethnisée» et sécularisée le Judaïsme afin de faire de lui la pierre angulaire de l’appareil étatique. Bref, ce qui fut auparavant une religion est devenue à la fois nationalité et religion civique, où on fait le culte devant l’autel de l’État.

Cette asservissement de la religion à l'état et à la cause sioniste donne naissance à des Hesder, qui permettent d'allier étude reeligieuse et service militaire :

(in Hebrew: "arrangement"; or Yeshivat Hesder ישיבת הסדר) is an Israeli yeshivaTalmudic studies with military service in the Israel Defense Forces, usually within a Religious Zionist framework. These yeshivot allow religious Jews to fulfill the ideal of full and active participation in the defense of the Israeli people, while still engaging in intense Torah study during their formative years. 

Ces écoles où l'on enseigne à la fois la guerre et la religion est aux antipodes de la religion juive "orthodoxe". On retrouve l'idée d'une église nationale dont la religion n'est plus transcendante puisqu'elle devient la religion d'un peuple contre les autres.

De même l'idée socialiste, très présente dans les débuts d'Israel, a une teinte particulière. Interessons nous à la Histadrout, le syndicat sioniste.

Sous l'impulsion de plusieurs personnalités dont David Ben Gourion et l'écrivain , Joseph Haïm Brenner[1], la Histadrout fut créé en décembre 1920 à Haïfa en tant que syndicat juif qui fournissait des services à ses membres: changement d'emploi, congés maladie payés, et d'autres avantages. Ses objectifs initiaux étaient de fédérer l'ensemble des travailleurs juifs de la Palestine sous mandat britannique, de favoriser leur installation dans le pays, de défendre les droits des salariés auprès des employeurs et de favoriser l'emploi d'une main d'œuvre juive par rapport à la main d'œuvre arabe bon marché. La Histadrout avait également son système de santé.

Son premier secrétaire général est David Ben Gourion, élu en 1921(il occupa ce poste jusqu'en 1935). Sous sa présidence, la Histadrout a fortement privilégie le nationalisme par rapport au projet de transformation socialiste (a l'époque l'association se nommait Organisation générale des travailleurs hébreux d’Eretz Israel). Il s'opposera toujours à ce que des travailleurs non-juifs (arabes) puissent être organisés au sein de la Histadrout. Il déclarait par exemple:

« Le régime socialiste et la commune ne peuvent avoir aucun intérêt pour nous dans ce pays si ceux qui les appliquent ne sont pas des travailleurs juifs. Nous ne sommes pas venus ici pour organiser qui que ce soit, et nous ne sommes pas ici pour répandre l'idée socialiste auprès de qui que ce soit. Nous sommes ici pour établir une patrie de travail pour le peuple juif » (voir note)

En effet, ce n'est qu'à partir de 1962 que les arabes n'ont eu droit de devenir membre de l'organisation (voir note).

Notes : Union communiste, mars 2006,Israël - Après la victoire du Hamas et avant les élections du 28 mars

"Article Histadrout de Wikipedia"

Que de points communs avec ce que l'on a vu dans la première partie !

    Ce qui est unique au national socialisme est l’acceptation de la primauté de la nation qui assujettit les valeurs du socialisme, normalement universalistes, au service des valeurs particulières de celle-ci. Alors, le national socialisme se fonde sur l’idée de la nation comme étant unité culturelle, historique et biologique ou, si on veut, au sens figuré, «une grande famille étendue.» C’est alors une question du «sang.» L’individu est une partie organique de l’entier, et l’entier prime sur l’individu. Ainsi est-il du sionisme comme de tout autre nationalisme organique. Ici, le Juif en tant qu’individu n’a aucune signification intrinsèque; sa signification ne peut être appréhendée que dans la mesure où il est utile ou productif pour la nation.

Le sionisme : du national socialisme, sur le site "Palestiniens et Juifs unis"


On trouvera peut-être exagéré ce rapprochement du sionisme et du nazisme. Cependant on retrouve dans cette description certains traits caractéristiques de la nation séculaire, et l'idée nationaliste principale qui veut que l'individu soit soumis entièrement à sa nation. On retrouve aussi l'idée d'une église nationale, professant une version "positive" de la religion.

Bref, on est très loin de la liberté dans l'autonomie pronée dans l'ancien testament.

Je relève cette phrase : "Bref, ce qui fut auparavant une religion est devenue à la fois nationalité et religion civique, où on fait le culte devant l’autel de l’État." Le sionisme est au départ une idéologie séculaire, sans dieu. Cependant certains disent que ce n'est qu'un étape, et appellent  à un developpement du sionisme vers une idéologie religieuse. On retrouve un certain parallèle avec le christianisme positif étudié plus haut. Cette religion, débarassées des interdits et des commandements de Dieu ( entre autre respecter son prochain ) servirait de fondement à l'état et de ciment à la société.

D'ailleurs certains appellent à un messianisme séculaire comme renouveau de la politique et fondement de l'état d'Israel. (voir Sabbatean Messianism as Proto Secularism, M. Avrum Ehrlich)

Une vision tronquée de la religion et l' "identité juive" servent de ciment à la création d'un état-nation sur le modèle européen. Voilà l'idéologie sioniste.

L'erreur commune est de confondre un mouvement séculaire et nationaliste avec le judaïsme, alors que le texte précedemment cité montre bien que c'est un mouvement reniant la religion juive qui a pu préparer l'idéologie séculaire qui est la base de l'état d'Israel.

Mais continuons notre voyage au proche-orient un peu plus au nord, pour découvrir un autre mouvement qui participa à l'occidentalisation et la chute de l'empire ottoman.

2.3 Un parallèle historique : le mouvement des jeunes turcs


Pour retrouver les sources du sionisme, interessons nous à un autre mouvement nationaliste de la même époque, les jeunes turcs.

Immédiatement après la révolution des Jeunes Turcs (ou Ittihadist) en juillet 1908, l'attitude des turcs envers les autres nationalités était de les accueillir comme des égaux. Cependant cette attitude ne dura pas. La position des turcs était compromise par leur constitution, leur supériorité automatique conférée par l'Empire pris fin. Surtout, ils ne savaient pas vers quelle idéologie se rattacher.  Les options qui émergeaient étaient l'Ottomanisme, l'Islam et le Turquisme.

L'Ottomanisme voudrait renforcer les institutions de l'ancien empire et les rendre accessibles à tous les citoyens, abolissant la question de l'origine ethnique. Cette option fût en vogue un moment, mais ne tint pas la route face aux idéologies plus excitantes.

L'Islam signifiait de plus profondes relations avec tous les peuples musulmans dans l'Empire et dans le monde, et aurait peut-être permis de créer une unité politique à travers la foi. Cette option posait également problème. Elle soulevait la question d'une confrontation avec l'occident, inconnue depuis les croisades. De plus, l'empire à l'est de l'empire Ottoman, l'Iran, était musulman, mais shiite. Il n'aurait jamais accepté l'autorité de l'Empire Ottoman. De toute façon de nombreux jeunes turcs, et certainement ceux qui avaient organisé la révolution de 1908 étaient atheistes et positivistes. L'Islam pour eux n'était qu'un véhicule par lequel ils pourraient mobiliser les masses.

Il restait le turkisme : le nationalisme turc basé sur la race turc. C'était une idéologie qui se developpait et gagnait de la popularité parmis les penseurs turcs des années 1890.  Elle se construisait autour d'idées exposées par des européens favorables aux turcs, et qui voulaient peut-être aussi fragiliser la Russie impériale. L'idée que les turcs n'étaient pas seulement l'élite dirigeante d'un empire declinant, mais aussi une vaste communauté, basée sur la race et le language, allant des Balkans à la Sibérie, était attrcative, capable de les raviver après les décéptions de la démocraties. Le Turkisme devint rapidement l'idéologie centrale des jeunes turcs. (...) En quelques années, elle fût acceptée par la grande majorité des leaders du Commité Union et Progrès comme leur idéologie centrale.

"World War I and the Armenian Genocide", Chritopher J. Walker, in "Armenian people from ancient to modern time"


Ces deux mouvements vont récupérer des territoires de l'empire Ottoman. On remarque que l'entente avec l'occident est un point crucial. En fait la révolution turque correspond surtout à l'occidentalisation forcée de l'Empire Ottoman. Pour plus d'informations sur le sujet, vous pouvez lire : The Turkish Experiment with Westernization.

Les premiers sionistes ne cachèrent pas qu'ils espéraient que l'état juif soit ce que Theodor Herzl, le fondateur du sionisme, appelait "une composante du rempart de l'Europe contre l'Asie, un avant poste de la civilisation contre la Barbarie." Ils n'hésitèrent pas à demander le soutient des puissances imperialistes allemandes et britanniques.
(Israel,  le sionisme et l'imperialisme) de Lance Selfa, in Le Combat pour la Palestine).

Le voilà le choc des civilisations, préparer de longue date par le fondateur du sionisme Theodor Herzl.

Le sionisme est un mouvement séculaire qui cherche à créer pour Israel un état-nation sur le modèle occidental. Il y a certainement une connivence forte avec les autres mouvements séculaires occidentaux, qui cherchent à établir un pouvoir stable et uniforme sur la planète.

D'où l'aide des démocraties occidentales à Israel. Le sionisme ne dirige pas le monde occidental, il en est une composante, probalement de la même façon que le furent les jeunes turcs au début du 20e siècle. Or, on n'a jamais accusé le kemalisme de diriger les USA.

Que produit cette exageration ? De l'incrédulité chez certains, un antismémitisme accru chez d'autres. De ces deux manières, l'affirmation que le sionisme,  voir les juifs, dirigent le monde, ooculte l'étude d'un mouvement de fond qui vise à établir la même culture uniforme au service d'un même pouvoir sur toute la planète.

L'affirmation est pourtant claire : l'occident civilisé doit dominer la barbarie et la transformer sur la base d'une culture standardisée. Quelle est cette culture, et quels sont les mouvements qui se prétendent l'élite occidental, c'est la question posée dans l'article Le Progrès, évolution ou construction ? .

2.4 Le sionisme et l'antisémitisme

Quelle est l'attitude du sionisme face à l'antisémtisime ?

On a remarqué en France la surmédiatisation du problème, très épisodique, faisant croire qu'il était dangereux pour un juif de vivre en France. La délimitation très nette de ce problème sur une courte période fait penser à une intox médiatique. Dans quel but ?

Etudions ce que disait Herzl de l'antisémitisme.

   On pouvait prendre l'Affaire Dreyfus comme exemple du potentiel de réalisation d'une unité entre juifs et non-juifs dans la lutte contre l'antisémitisme. Ce n'est pas ce que fit Herzl.Il écrivit plus tard dans son journal : "A Paris ... j'ai adopté une attitude plus libre à l'égard de l'antisémitisme, que je commençais à comprendre historiquement et auquel je commençais à pardonner. Surtout, je reconnus la futilité et la vacuité du "combat" contre l'antisémitisme."

   Le pardon de Herzl à l'antisémitisme révélait l'hypothèse centrale du sionisme : tous les non-juifs étaient antisémites. L'antisémitisme est comme "une tare mentale; elle est héréditaire et, comme maladie, elle a été incurable au cours des 2000 dernières années." Si persécution ou mort attendaient les Juifs qui tentaient de s'assimiler dans des sociétés majoritairement non juives, alors la seule solution au "problème juif" était la séparation des Juifs et des non juifs. Il en découlait que seul un état juif pouvait les protéger de la persécutions.

   Le sionisme, faux Messie, de Lance Selfa, in Le Combat pour la Palestine.
On a vu que la réligion n'était pas du tout à l'origine du sionisme. Quel est le fondement de celui-ci ? L'antisémitisme. Pour construire l'identité juive, le sionisme s'appuie sur l'antisémitisme. Ce racisme permet de souder la communauté , et de la couper de l'exterieur, la renfermer sur elle même.

L'antisémitisme fondement du sionisme. Voilà l'hypothèse des "pères fondateurs" de l'idéologie. A la fois justification de l'état et ciment de la communauté.

Il y a aussi une autre utilité de l'antisémitisme pour le sionisme : peupler Israel. Entre 1880 et 1929 sur les 4 millions de juifs qui émigrent 120 000 seulements décident d'aller en Palestine, le reste part en Amérique du nord.
Herzl en personne négocia un accroissement de l'immigration juive vers la Palestine avec Viatcheslav Plehve, ministre de l'intérieur du Tsar et architecte de l'un des pogroms les plus horribles de l'histoire, en 1903, à Kishinev.
(ibid.)
Plusieurs sources évoquent l'utilité de l'antisémitisme pour le sionisme : créer l'état d'Israel, et le peupler.
Anti-Semitism is a phenomenon serving the basic goal of Zionism - to increase immigration to their state. This is evidenced by the fact that the whole campaign against the Swiss was initiated in the Zionist state by Avraham Burg, head of the Jewish Agency (the Zionist organization promoting immigration to the Zionist state).
The Torah true jews have no part in the affair against the Swiss, pour en savoir plus sur la campagne contre la Suisse, vous pouvez lire Adieu, l'or.

De nombreux évenements lors de l'holocauste montrèrent la priorité qu'accordait le sionisme à l'état d'Israel sur la vie des juifs. Quelques morceaux choisis tirés de Spiritualy and phisically responsible :

The British government granted visas to 300 rabbis and their families to the Colony of Mauritius, with passage for the evacuees through Turkey. The "Jewish Agency" leaders sabotaged this plan with the observation that the plan was disloyal to Palestine, and the 300 rabbis and their families should be gassed.

On December 17, 1942 both houses of the British Parliament declared its readiness to find temporary refuge for endagered persons. The British Parliament proposed to evacuate 500,000 Jews from Europe, and resettle them in British colonies, as a part of diplomatic negotiations with Germany. This motion received within two weeks a total of 277 Parliamentary signatures. On Jan. 27, when the next steps were being pursued by over 100 M.P.'s and Lords, a spokesman for the Zionists announced that the Jews would oppose the motion because Palestine was ommitted.
[Source]


Sur le sionisme on pourra aussi cet article : antisémitisme, judaïsme et lumières : le sionisme et ses contradictions.

Le sionisme et l'antisémitisme sont donc les deux faces d'une même farce : tirer partie de l'antisémitisme et de l'holocauste pour construire un état-nation en Israel qui défendra les couleurs de l'occident impérialiste et capitaliste face aux indigènes.

Le prétendu choc des civilisations et la guerre de religion sont des mascarades qui divisent les peuples.

Croyants de toutes les religions UNISSEZ VOUS ! Il n'y a qu'un seul Dieu. Juifs, chretiens, musulmans, nous devons participer du même combat contre l'état séculaire fasciste ! Si chacun préfère sa nationalité, sa race,  sa tradition, ou son idéologie, nous servons les interêts du plus fort !

Et encore une fois l'ONU pourra prétendre venir amener la paix avec les bombes de l'OTAN, là ou l'occident a semé la guerre. Les pompiers pyromanes sont nos ennemis à tous !

 

Maintenant, il existe également un antisémitisme chez certains qui se disent musulman, en parallèle toutefois avec la montée de l'islamophobie : Partie III : L'Islam, l'islamophobie et l'antisémitisme

Publié dans Démystification

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calomiro 06/12/2009 19:04


Lao Tseu le dit fort bien dans sa Sagesse : Plus un royaume impose de règles de conduite, et plus il y aura de personnes pour enfreindre
ces règles. Remontons un peu dans l'histoire. A l'époque barbare, on punissait les criminels de manière atroce. Pour ma part j'ai entendu quelqu'un dire d'un chef de peuple : "...jusqu'à ce qu'il
en fasse empaler un certain nombre." Il voulait dire par là que la punition a été efficace. Le recours à cette forme extrême de violence a eu un effet positif. Mais nous pouvons nous poser la
question suivante : Sommes nous sûrs que la violence est le remède qu'il faut contre la violence.

Combien de fois avons-nous entendu : Si je lui fiche mon poing sur la gueule, ça va le calmer. Celui qui dit ça le dit toujours par raport à un plus faible. Mais même le plus faible n'aime
pas l'humiliation. Nous assistons alors à une escalade de la violence. La haine attise la haine. Si la vengeance est un plat qui se mange froid, c'est qu'elle sait attendre de se retrouver en
situation de force. A un moment ou à un autre, on est plus fort que son ennemi.

C'est bien là que nous en sommes aujourd'hui : nous assistons, imperceptiblement, à un durcisssement politique, la crise, avec son cortège de pauvreté, amène avec elle la crainte, les pauvres
ont peur de la misère, et les riches ont peur de voir leur confort menacé.

L'insécurité augmente, les dirigeants doivent faire face pour ne pas perdre la face. La pression de la part des riches se fait plus forte. Ils ont les moyens de contraindre, ils peuvent
s'organiser en groupes de pression efficaces. C'est à tel point qu'on voit en temps de crise des choses étranges se produire : Les riches deviennent plus riches, leurs privilèges augmentent,
l'industrie du luxe se développe. Les dirigeants, qui sont toujours du côté des riches, s'ils disent le contraire ne les croyez pas, en profitent aussi pour se remplir les poches. La tentation
est grande, et les pauvres, s'ils sont dans la misère c'est que quelque part, ils le méritent. C'est la preuve que Dieu n'est pas avec eux.

Alors on cherche des solutions pour remédier à la crise : Il faut aider les riches, car ce sont eux qui investissent et qui fournissent du travail aux pauvres. Si les riches ont de l'argent,
alors tout va bien. Mais les riches ils ont peur, comme on l'a vu, et l'argent, ils le gardent pour eux. La peur engendre la prudence, et la prudence la radinerie. Soyons prudents, essayons de ne
pas perdre notre argent, et si possible d'en gagner un peu plus. Que la crise ne soit pas pour nous un motif de découragement.

La prochaine étape est la recherche de boucs émissaires. Ils nous faut des responsables. Et les pauvres sont les responsables tout trouvés. Je ne parle pas ici de la pauvreté d'argent, du
moins pas seulement. Il y a d'autres types de pauvreté : tous ceux qui sont un peu étranges, un peu différents, sont suspects. Les étrangers, les chômeurs, ceux qui s'habillent différament, les
moches... Voilà les responsables tout trouvés. En temps normal, on se serait juste moqué d'eux (un peu d'humour ne fait pas de mal), mais là, la situation est grave, c'est la crise, et c'est à
cause de ces gens-là que la crise est arrivée. Ces paresseux, on n'en veut pas.

"On les paye à ne rien faire." A-t-on entendu. Pourquoi ne pas leur donner du boulot ? Tout le monde serait content. Mais dans ce cas, on n'aurait plus de responsable. Et il en faut
absolument. Et puis il faut que les gens bien, les travailleurs, ceux qui aiment montrer qu'ils travaillent, du moins quand une caméra est braquée sur eux, puissent travailler plus pour gagner
plus, afin de montrer à tous ces cons de pauvres qu'ils n'ont rien compris à la vie. "Les riches ne sont pas ceux qu'on croie." Ce sont les pauvres qui sont riches, parce qu'ils passent la
journée à discuter et à boire, alors que les riches, eux, ils sont obligés de travailler(les pauvres !).

"Nous devons préserver notre identité". Ca ressemble beacoup à "nous devons faire attention à notre petit confort." Devant une discothèque on demandait aux gens qui voulaient entrer
"Nationalité ?", si tu répondais "un million" tu rentrais sans problème. Ceux qui ont un porte-feuille bien rempli sont comme nous finalement.




Le sionisme et les juifs 17/04/2009 15:02

BS"DBravo pour cette tentative de differentier Judaisme et sionisme.La confusion entre ces deux concepts, le dernier étant complétement opposé au premier, est la source de nombreuses incompréhensions, même de la part de certains juifs, qui ne comprennent pas comment  nous les religieux n'acceptons pas un état qui nous fait la guerre depuis des décennies. 

evhee 26/08/2008 21:10

a voir vidéo, extrait d'Arte, 2006, je te dis rien ...
http://www.dailymotion.com/relevance/search/c%2Bdans%2Bl%2527air%2Bguerre/video/x4v9gl_juifs-anti-sionisme
Bonne vidéo témoignage d'une résistance ...
SALUT A TOI.....