Dimanche 20 septembre 2009
L'intervention "raciste" de Brice Hortefeux ne me parait pas si raciste que ça. J'ai vu le truc dans son contexte. C'est con, mais j'aurais pu le dire en situation. Enfin pas comme ça, mais quand
même il est de droite, ses blagues racistes sont un peu plus connes que les notres ! C'est vrai qu'il est sensé être responsable, mais bon c'est pas non plus un contexte très officiel. De la même
façon, bien qu'un peu moins, le précédent incident du prefet n'était pas si grave non plus. Un peu grave, pas tant que ça. Moi qui suit toujours pas rano je me demande si c'est pas une stratégie,
style : vous voyez les gens peuvent dire qu'on est raciste, mais en fait ce sont des petits faits, de la rigoloade.
Parce que du
racisme il y en a vraiment et du lourd. La société française est raciste, souvent. Non seulement
raciste mais anti-pauvre aussi. C'est lié je vais essayer de montrer comment. L'idée c'est de masquer la lutte de classe. La lutte des classes c'est fini. Il n'y a plus de classe ouvrière.
Maintenant ce sont des classes moyennes. Sauf que les pauvres, nous on les voit encore. Tu as lu Michel Clouscard ? c'est pas mal, plutot pas mal. "Neo fascisme et idéologie du désir" raonte bien
ce phénomène. En étant raciste, la société peu s'unir autour des classes moyennes, puisque les plus pauvres (immigrés en majorité) sont écartés. Donc il n'y aurait plus de classe ouvrière. Si on
est raciste on peut s'entendre entre nous français, fini les pauvres, les immigrés, les communistes. Qui sont de toutes façon des criminels dans le langage médiatique. Escamotage des rapports de
production, tout se fait maintenant sur l'appartenance, l'intégration.
Et pour les boycots, c'est un peu pareil, comme pour l'écologie façon taxe carbonne. On s'attaque à la consommation, ça c'est de la contestation bien gentillette ! Parce que Marx le dit, Ellul le
rappele, Clouscard le redit encore : la lutte sociale s'appuye forcement sur l'analyse des moyens de production. Parler de consommation, c'est une diversion bien pratique de la bourgeoisie (qui
consomme, elle qui critique la consommation ! ). Toute analyse, et donc toute action doit se porter sur le processus de production.
C'est visible pour l'écologie. C'est pas trois centimes à la pompe qui vont changer le monde par ricochet. C'est la façon de faire l'agriculture, celle de produire des objets, qui pollue. Et c'est
aussi à ce niveau, ce seul niveau de la production, qu'on peut intervenir pour changer la vie du travailleur. La lutte des classes, la vraie, passe forcément par là. La critique de la consommation,
critique bien sagement consommée elle aussi, par les moyens les moins refractaires possibles, pour se donner un style, n'est qu'une occultation de la lutte des classes.
Tiens, par hasard, je reparle des secteurs primaires et secondaires, les deux secteurs sacrifiés, la destruction des paysans, la mise au placard des ouvriers. Pendant que le tertiaire nous produit
une petite classe moyenne,
initiée à la consommation (et à sa critique !) qui crie au racisme. Ces mêmes classes
moyennes qui méprisent par ailleurs le bon franchouillard dans sa brousse et le bon sauvage passé directement du bled à la banlieue. Ceux qui n'ont pas la même éducation qu'eux, la même intégration
dans le système (vous souvenez-vous au passage d'Ivan Illich, qui proposait de déscolariser la société, l'école en tant qu'initiation au système). Contestation commercialisée, aisément récupérée
par le système, puisqu'elle en a l'odeur et le goût, la marque de fabrication.
Je suis en effet de plus en plus convaincu, et ce qui se passe et se dit et s'écrit actuellement le montre bien, que le racisme est presque toujours en dernière analyse un racisme social
(regardez la différence de traitement des génocides juifs et tziganes par les "maitres àpenser", regardez la conversion de la bourgeoisie à l'anti-racisme depuis qu'il y a des entrepreneurs noirs et des pubistes "beurs"! et dans le meme temps la manière orchestrée dont la "presse" rand le mot peuple (populisme) péjoratif et injurieux, etc, etc)
Avez-vus lu le petit livre chez Mille et une Nuit (Piquemal l'auteur) "Le Prophète du Libéralisme" ça révèle bien les manipulations actuelle, en particulier les psychologiques et sur les conditions de vie.
Et il ne faut pas oublier que les gens de ce milieu sont formés à la pub, la manipulation mentale, l'art de la négociation commerciale et d'entuber l'adversaire, on devrait s'en souvenir, c'est pourtant le B-A BA
Et c'est sûr que quoi qu'on en pense globalement, il est impossible de ne pas toujours en revenir au père Marx, ses vues sont d'abord et esentiellement de bon sens, et le capitalisme (et la classe politico médiatique,) est en train de tout faire pour lui donner raison ! plus que jamais peut-être.
Une rubrique que j'aime bien et trouve extrèmement éclairante, c'est sur la revue "LE Plan B" le tablau où ils comparent l'espace et/ou le temps consacré par les médias à des accidents du travail, escroqueie financière luttes syndicales etx ( en général 0% ou presque !) et celui consacré à des petits faits-divers racoleurs (pharamineux!).
La vraie lutte de classe c'est ce dont nous manquons.
Permettez-moi cependant de vous faire d'entrée une petite remarque, pour vous éviter de susciter chez des lecteurs exigeants, et susceptibles de réactions de rejet du contenu dûes à un simple aspect déficient de la forme : il y a un nombre important de fautes d'orthographe dans la plupart des articles.
Je suis convaincu que vous aurez à coeur d'y remédier, et vous en remercie.
Et que l'impact de votre site puisse s'en trouver encore augmenté.
Alain ANTOINE
J'ai malheuresement perdu l'habitude de relire et réécrire les articles, faute de temps. (d'en écrire aussi diront les mauvaises langues). Copie à revoir donc, je m'y essaierai.
Par simple curiosité qu'avez-vous appreciez dans les articles ?
Desbabas