De Tunis à Paris, la révolution tunisienne face à répression

Publié le par Desbabas

 

De nouvelles manifestations ont eu lieu dans toute la Tunisie après les révélations d'un ancien ministre, Farhat Rajhi. Elles ont été très durements réprimées par la police, qui a tué par balle une personne, jeudi à Tunis, faisant également de nombreux bléssés.

 

A Paris, les Tunisiens se sont fait violemment expulsés de l'immeuble de la rue Bolivar, suite à une plainte déposée par la mairie de Paris. 250 gendarmes et un hélicoptère mobilisés pour chasser les réfugiés avec une violence inhabituelle, d'après les déclarations des partis et des syndicats présents.


 

La Déclaration de Farhat Rajhi


 

Voici quelques éléments des déclarations de Rajhi, nommé ministre de l'intérieur sous le 2e gouvernement Ghannouchi et "démissionné" par Caïd Essebsi:

 

  • La corruption est toujours là;

 

  • Le ministère de l'intérieur est encore tenu par des cadres de l'ancien régime;

 

  • Le gouvernement est encore aux ordres d'une clique de mafieux;

 

  • Le gouvernement, sous les ordres de cette bande, et avec l'aide de l'armée, prépare un coup d'Etat militaire en cas de défaite de leur camp aux prochaines élections. D'où la nomination du Général Rachid Ammar chef de toutes les armées, et ses multiples visites aux chefs d'Etats arabes.

 

Il a déclaré qu'un gouvernement officieux serait présent avec aux rennes. Kamel Tayef, riche homme d'affaires tunisien, proche de Ben Ali qui a d'ailleurs été l'architecte du coup d'Etat de 87 permettant à Ben Ali de prendre le pouvoir. Il serait selon ses déclarations celui qui tire les ficelles actuellement, orchestrant la nomination des ministres, orientant les ordres à donner aux gouverneurs, responsables de la police etc...

Toujours selon ses déclarations un coup d'Etat militaire serait en préparation si Nahdha passe aux élections de juillet ; et que des discussions auraient lieu entre le chef d'Etat major et le gouvernement algérien pour voir ce qu'il serait envisageable dans le scénario du
passage de Nahdha.

 

 

 

Entre rotweillers et caniches, les chiens de la classe supérieure

 

Les Rotweillers

 



Les plus importantes manifestations ont eu lieu à Tunis, Sfax, Kairouan. A Tunis à l'Avenue H.Bourguiba les manifestants ont été fortement réprimés, tabassage à volonté par des flics (cagoulés pour bcp) en civil ou en uniforme, sur les manifestants dont 15 journalistes (un communiqué a été publié par le syndicat national des journalistes tunisiens), de nombreuses arrestations, et confiscation et/ou destruction d'appareils photos, ordinateurs de journalistes ou bloggueurs ...

Des affrontements ont également eu lieu Place Barcelone et dans les quartiers périphériques. Vendredi soir des affrontements se poursuivaient dans les quartiers de Haït Tadhamen, la Goulette, et cité Intilaka, ainsi qu'à Menzel Bourguiba à Bizerte.

En régions, dans la plupart des villes des manifestations ont eu lieu, Sidi Bouzid, à Meknassi un poste de police a brûlé, Regueb, Gafsa ... etc et certains endroits des affrontements se sont poursuivi le lendemain. Gafsa a rapidement été sous couvre feu.

Le journal La Presse à Tunis a été envahi par la police : http://www.youtube.com/watch?v=QVGi72-ceTI. Le site de radio Kalyma a également été piraté et bloqué, soit disant parce qu'il aurait été publié qu'une tentative de coup d'Etat se préparerait, mais Sihem Bensedrine a démenti toute publication de ce type sur le site.

Les Caniches

 

Un représentant des autorités était venu les saluer dans un geste apparent de conciliation. Ce responsable avait embrassé quelques manifestants et avait lancé un appel au calme, leur demandant d'"aider les policiers dans leur tâche".

Le ministère de l'Intérieur a promis ensuite une enquête sur ces violences et a présenté ses excuses "aux journalistes et aux citoyens agressés involontairement". Avant d'affirmer son respect "pour le droit de chaque citoyen tunisien à manifester pacifiquement".

Nouvel Obs

 

 

A Paris, la préfecture et la mairie jouent aussi au petit jeu du bon chien et du mauvais chien.

 

Delanoé serait en guerre contre la préfecture sur le sort des migrants Tunisiens. Or il fait diffuser dans la presse que les migrants Tunisiens ont rejeté son offre généreuse de logements, poussés par des anarchistes.

 

S'il est vrai que l'ouverture des squatts a été réalisée par des autonomes, plutôt désagréables et sectaires (des anars staliniens, parfois avec un comportement de flic) tout le reste est mensonge.

 

Un. Les anars sont loin d'être capables d'instrumentaliser les Tunisiens, d'une part, d'autre part, le gymnase de la Fontaine au Roy qu'ils viennent d'ouvrir pour les tunisiens, semble assez bien organisé et permet enfin aux Tunisiens de dormir confortablement et au chaud (ce qui n'a pas pu être le cas à Bolivar). La mairie a promis de les laisser quelques jours. Jusqu'à ce qu'elle trouve mieux pour la centaine de Tunisens qui restent au square de la villette ?

 

Deux. Les Tunisiens n'ont pas été instrumentalisés pour rejeter l'offre. L'offre était pourrie, et la mairie incapable de protéger les Tunisiens de la volonté de la préfecture de les placer en centre de rétention. (Vous imaginez le caniche s'imposer face au Rotweiller ? … la nature ne l'a pas prévue pour ça). En fait l'offre consistait en des foyers pour sans-abris (comme si on ne manquait pas déjà de place), desquels ils auraient partager le sort contraignant : dehors à 8h, couvre feu à 22h et réunions interdites. Sachant qu'à 8h ils auraient livrés en plein centre de Paris aux contrôles de police. Et la mairie ne leur proposait que 100 places, c'est à dire que les autres été à la rue.

 

Sachant cela, les Tunisiens ont quand même accepté, mais devant les CRS qui menaçaient des les intercepter sur le chemin, ils ont préféré faire demi-tour et retourner à Bolivar.

 

Ce n'est pas grave, le monde peut écrire :

 

Dans un premier temps, la mairie de Paris a, là aussi, tenté de trouver une solution sans intervention des forces de l'ordre. Mais la situation a été "rendue très difficile par la présence de collectifs militants anarchistes ou radicaux", a expliqué la mairie.

 

Puis offrir une tribune à la mairie qui puisse se plaindre de la droite qui la laisse seule gérer la situation. Ce qui n'est qu'un copier coller coller pour le gymnase d'un morceau pourri écrit pour Bolivar. Les médias, nouveaux chiens de garde ?

 

On se demande donc qui manipule qui, voici le droit de réponse écrit par les Tunisiens :


 

Droit de réponse des tunisiens expulsés du 51 avenue Bolivar au maire de Paris

samedi 7 mai 2011

 


 

Après notre surprise devant la décision inhumaine prise par le maire de Paris de nous expulser avec une grande violence par la police, la situation s’est aggravée et nous avons ressenti du mépris et de l’humiliation après sa déclaration selon laquelle nous sommes des enfants sans conscience qu’il serait facile de manipuler ou d’assujettir à la domination ou la charité, à l’expulsion et la répression, le maire de la ville y rajoute insulte et humiliation.

 

Et pour que les choses soient claires, il est important pour nous de rappeler que :


 

1/ Nous sommes les fils de la révolution du 14 janvier de Tunisie dont vous avez chanté les louanges de liberté et de démocratie ; la répression qui persiste dans notre pays nous a fait arriver en France (patrie des droits de l’homme) et vous êtes un des premiers à nous réprimer !!?


 

2/Dans votre déclaration, vous dites que le bâtiment dont vous nous avez expulsé n’était pas salubre à l’habitation, bien sûr que nous sommes dans l’attente de lieux pour s’organiser en liberté – (et Paris ne manque pas de lieux appartenant à l’ancien régime payé avec l’argent du peuple tunisien) ; mais au vu des circonstances actuelles, ce bâtiment était bien mieux qu’être à la rue sous la menace permanente de la police, du froid et de la faim, et malgré tout cela, pour une fois nous nous sommes sentis libres dans cet immeuble du 51 avenue Bolivar.


 

3/ Que nous avons été en permanence au courant des propositions que vous avez dirigé vers nous :

 

Au début, on nous a proposé 150 places (100 dans un immeuble et 50 dans des chambres d’hôtels pour un seul mois, éventuellement renouvelable), il nous a même été dit que nous serions libres de nous réunir et de nous consulter dans cet immeuble, et bien que cette proposition allait nous diviser et nous désolidariser, des centaines de nos camarades tunisiens étant à ce jour à la rue, dans un esprit d’ouverture et afin de montrer notre bonne volonté aux autorités, nous avons accepté la proposition. Mais quelle a été notre surprise quand quelque temps avant de se diriger vers l’hébergement que vous nous aviez proposé, une délégation que nous avons envoyé afin de vérifier le lieu ; cette délégation nous a informé après avoir discuté avec des membres de l’association Aurore qui gère l’édifice, nous avons été surpris d’apprendre que l’on pouvait rester dans l’immeuble de 18H00 à 9H00 du matin, avec un couvre-feu à 23H00, qu’il était impossible de recevoir familles ou amis et qu’il serait impossible de se réunir pour discuter et de pratiquer notre liberté. Cette proposition revenait à vous commercer notre liberté, notre solidarité et notre dignité en échange d’un peu de confort très relatif pour un petit groupe favorisé d’entre nous. Cela nous a renvoyé aux pires heures du benalisme où l’on tentait d’acheter notre dignité et notre liberté contre un peu de confort et en corrompant une minorité d’entre nous, ce régime qui nous a tellement oppréssé et dont certains ont vanté les mérites ici.


 

4/ Enfin, 2 jours avant, des tunisiens qui avaient accepté le même type de proposition à Nice sont tombés dans un véritable piège où la police les a raflés en bas de l’immeuble.

 

Voilà, Monsieur le Maire, pourquoi comme des adultes matures et conscients, après discussion et analyse entre nous, nous avons refusé cette proposition humiliante. A l’heure où la répression continue en Tunisie, à l’heure où la Tunisie accueille 40 000 réfugiés lybiens, à l’heure où tout le monde chante les mérites des révolutions arabes dans les divans, vous, qui vous vous êtes toujours présenté comme un ami du peuple tunisien, vous qui êtes reçu depuis des décennies dans un esprit de fraternité, sans même avoir à présenter un visa, vous avez choisi d’exercer votre droit souverain de nous expluser, nous réprimer, nous livrer à l’arbitraire et à l’humiliation, c’est une chose. Mais en plus, vous nous avez humilié, calomnié en nous traitant comme des enfants immatures par voie de presse !!!

 

Ce temps est révolu, vive la liberté dans la dignité !


 

Merci Monsieur le Maire pour cette opération de répression, d’humiliation et d’insulte.

 

 

 

 

 

 

 

Les chiens mordent ... jusqu'à ce que la caravane les écrasent.

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clovis simard 23/06/2011 12:21



Bonjour,


 


Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.


 


Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.


 


La Page No-20, THÉORÈME GAIA..


 


L'ORIGINE DU NOMBRE Pi 


 


Cordialement


 


Clovis Simard



Roland 11/05/2011 19:26



"des flics (cagoulés pour bcp)" tiens ! on ne leur interdit pas le voile intégral à eux ? 2 poids 2 mesures ! ils vont justifier ça comment ?


Les tunisiens ne sont pas encore sortis de l'auberge. Avec cette clique à Ben Ali toujours au pouvoir (tout comme la clique à Ceaucescu après l'avoir fait
disparaître, elle était restée en faisant semblant de faire peau neuve) et le copain chéri et admiratif de Ben Ali, à savoir Strauss-Kahn, s'i ils réussissent à l'imposer aux français ....


http://www.cadtm.org/Strauss-Kahn-decoe-par-Ben-Ali