retraites - mobilisation au 2 octobre

Publié le par Desbabas

Sondage CGT CSA

http://www.cgt.fr/spip.php?article37756

 

63% des français demandent un débat national sur les retraites. Comment un tel sujet pourrait être décidé sans concertation ? 70% des français sont contre le projet de l'UMP.

 

Il y a là une base forte pour forcer le gouvernement à revenir sur sa position et ouvrir une concertation nationale. Le plus dur sera de construire le mouvement, mais aussi de ne pas s'arreter à moitié, comme en 1995 quand le privé fût abandonné.

 

De nombreux argumentaires ont permis de comprendre les véritables enjeux des retraites en France. Si ce n'est pas l'objet de cet article, citons-en cependant quelques-uns ( http://www.slideshare.net/daniel.sudreau/retraites-argumentaire , http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/34-civilisation-categorie/310-reforme-retraite-blogosphere , http://www.npa2009.org/content/argumentaires-sur-les-retraites ) et la conférence de Gerard Filoche : http://www.dailymotion.com/video/xdn0qr_conference-gerard-filoche-28-avril_news

 

Des manifestations en continue :

La mobilisation ne s'est pas arrêtée le 23 septembre : partout en France des grèves, des manifestations et des assemblées générales continuent. En dehors des syndicats, la mobilisation prend de l'ampleur.

 

Ce week-end, le port du Havre a été bloqué pendant 3 jours. La ville de Marseilles "joue les prolongation", en partie suite à la grève du port, en lutte contre sa restructuration ( http://www.lejdd.fr/Societe/Social/Actualite/Marseille-au-bord-de-la-paralysie-224154/), mais aussi dans les écoles, les crêches et dans les magasins monoprix. La Corse commence d'ailleurs à manquer de pétrole, et les camions ont été autorisés à rouler dimanche pour approvisioner le sud de la France. A noter : les manifestants du Mans ont proposé de l’argent pour demander aux personnels de la raffinerie de Donges (44) de bloquer la production de carburant…

 

De nombreuses grèves locales ont pris le relai entre le 23 septembre et le 2 octobre. Si elles ne font pas encore tâche d'huile, elles maintiennent la pression sur le gouvernement et les syndicats en débordant les grèves "sautes-moutons" de l'intersyndicale, dont la tactique est décriée depuis longtemps. Comme nous allons le voir, dès lundi 5 octobre d'autres grèves et manifestations sont prévues.

 

Le site http://www.7septembre2010.fr/ recense l'avancée des mobilisations en France et demosphere http://www.demosphere.eu/ donne jour par jour l'agenda de tous les évenements à venir.

Des appels plus vigoureux :

"On ne reculera pas", a prévenu Bernard Thibault. "On gardera cette fermeté et ce soutien populaire nous engage à continuer", a déclaré en écho François Chérèque. http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/10/02/retraites-la-mobilisation-ne-faiblit-pas_1419602_823448.html#ens_id=1305816

 

En vérité, les syndicats commencent à être débordés, François Chérèque aurait du dire "nous forcent à aller de l'avant" : la mobilisation en continue provoque une remontée des revendications qui commence à atteindre la base des syndicats.


Si l'on prend l'exemple de la CGT, les revendications des bases locales sont bien plus vigoureuses que celles de la direction nationale. C'est déjà le cas à Paris ( http://www.convergencedesluttes.fr/index.php?post/2010/09/29/UD-CGT-PARIS ) et Marseilles, où nous l'avons vu la mobilisation commencer à perturber la région. ( http://bellaciao.org/fr/spip.php?article106917 ) Et bientôt dans le Pas de Calais. ( http://www.7septembre2010.fr/post/2010/10/02/Cinq-unions-locales-de-la-CGT-proposent-une-offensive-d-avant-garde ). A chaque fois, les assemblées demandent l'amplification du mouvement et des grèves reconductibles, à partir du 5 ou du 10 octobre.


Depuis cet été déjà, une petition avait été lancée à l'intersyndicale pour appeler à des grèves reconductibles. Elle compte desormais 10 000 signatures : http://www.convergencedesluttes.fr/petitions/index.php?petition=11

"Nous avons constaté que, partout, malgré des bons chiffres de grévistes, les AG réunissaient peu de personnes. Mais pourquoi en serait il autrement, quand de toute part (syndicats et partis) nous explique depuis des mois qu’il suffit d’être nombreux dans la rue à manifester."
( http://www.convergencedesluttes.fr/index.php?post/2010/09/25/AG-COMMUNE-ENSEIGNANTS-CHEMINOTS#c171 )

 

Des étudiants en mobilisation

Plusieurs lycées sont en grève, dont celui d'Ales http://juralibertaire.over-blog.com/article-le-lycee-d-ales-dans-le-gard-bloque-depuis-trois-jours-57969566.html, où les CRS ont du intervenir pour casser le blocus qui a durée plusieurs jours. (http://jbd-action.over-blog.com/) Egalement à Lorient et à Nantes.

 

"La mobilisation est ascendante. Elle commence et ne fera que grossir dans les jours et semaines qui viennent", a déclaré le président de l'UNL, le premier syndicat lycéen, Antoine Evennou, "Il y a eu des assemblées générales cette semaine, il y en aura la semaine prochaine. Si le gouvernement tente de casser la mobilisation des jeunes par du tout répressif, il se trompe", a-t-il ajouté. http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/retraites-grogne-des-jeunes-monte-plusieurs-crans-assure-l-unl-41193

 

A l'école des amandiers (Paris 20e), les parents se joignent aux enseignants et bloquent l'école.

 

Du côté des universités, l'université Lyon II lance un appel. La Sorbonne demande la mobilisation.

 

De son côté SUD Éducation :
- soutient les mouvements de grève reconductible en cours et leur extension ;
- propose de faire de la journée du 2 octobre autre chose qu’un simple mouvement de protestation passive et à mettre en œuvre, partout où c’est possible, des actions collectives fortes de blocage des zones industrielles, des axes de communication, de tout ce qui pourra bloquer l’activité économique ;
- appelle à la grève le 5 octobre et à sa reconduction partout où c’est possible.

 

A Marseilles, 3 syndicats ( FSU, SDEN-CGT, SUD-Education, CNT-Education) appellent à la grève le 5 octobre, éventuellement reconductible.

Le Spectre de 1995

 

Les 37,5 années de cotisation, ont été supprimées dans le privé en 1993 et dans le public en 2003.

 

Si en 1995 la mobilisation avait "réussit", la CGT avait abandonner la lutte alors que tout les militants demandaient le retrait de la réforme Balldaur de 1993. On doit à la fin malheuse de la grève de 1995 la situation d'aujourd'hui, parce que la différence public / privé devint l'argument irréfutable des réformes.

 

Cette leçon doit servir aujourd'hui. Si l'égalité public / privé semble acquise, l'histoire nous enseigne la nécéssité d'une organisation populaire solide pour éviter que la mobilisation se solde par un échec ou une demi-réussite.

En Espagne

http://www.convergencedesluttes.fr/index.php?post/2010/09/30/HUELGA-GENERAL

Le , il y avait dix millions de grévistes et un million cinq cent mille manifestant contre la politique d'austérité du gouvernement (baisse de 5% du salaires des fonctionnaires; coupes dans les allocations sociales; gel de toutes les retraites; recul de l'âge de départ légal à la retraite de 65 à 67 ans sans oublier la nouvelle contre-réforme du marché du travail avec généralisation d'un « CDI précaire » avec procédures de licenciements facilitées, indemnités de licenciement minorées et flexibilité dans les horaires de travail consacrée),. L'ensemble du pays était touché, des piquets de grève devant les centre industrielles, gare et kioskes vides, etc. La consommation d'éléctricité chute de 20%.

Bellaciao propose une analyse comparative Espagne-France-Italie : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article106976

 

Si les mesures d'austérités en Espagne étaient plus drastiques que la réforme des retraites de l'UMP, n'oublions pas qu'il est chez nous aussi question d'une politique d'ensemble qui casse les acquis sociaux ( la medecine du travail, le parc HLM, qui au lieu d'être augmenté pour répondre à la loi et à la demande, va se voir, à raison d'1% par an (http://www.humanite.fr/30_09_2010-aux-hlm-apparu-vend-sa-france-de-propri%C3%A9taires-454721), bientôt la sécurité sociale ?), s'attaque à la liberté d'expression et aux journalistes et repose sur une propagande raciste pour diviser les français.

 

 

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Publié dans Gouvernement Sarkozy

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