Tunisie, MAM et le terrorisme

Publié le par Desbabas

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Mais, le 17 décembre, le suicide de Mohamed Bouazizi, immolé par le feu, change tout. "Ben Ali était totalement indifférent, il a dit quelque chose comme : 'Qu'il crève'. A ce moment, Abdelwahab Abdallah est devenu le véritable régent, et Abdelaziz Ben Dhia le filtre sans qui rien ne passait." Ali Sériati, le chef de la garde présidentielle, fait partie du dispositif.

 

L'ancien conseiller décrit des acteurs de plus en plus fébriles au fur et à mesure que le mouvement de révolte prend de l'ampleur dans le pays. Le 29 décembre, au lendemain du premier discours du président, il assiste à une réunion de crise. "Abdallah a dit : 'Il faut que tout ça soit manipulé par un groupe affilié à Al-Qaida au Maghreb islamique. Pour nos amis français, c'est la seule solution.' Ce à quoi a répondu Ben Ali, très cynique: 'AQMI en Tunisie, c'est la mort du tourisme, on va se suicider'."


Aux Américains, un même argument devait être présenté : Kasserine, la ville où les manifestations ont été les plus durement réprimées, était un "foyer islamiste". "Il y a eu un air de fête après les déclarations de Michèle Alliot-Marie lorsqu'elle a proposé d'aider à former des policiers tunisiens, poursuit Zyed. Et Eric Raoult appelait tout le temps pour dire qu'il ne fallait pas ouvrir la brèche aux islamistes ; Abdallah l'avait surnommé la 'passerelle'."

 

 

Voilà la première idée qui vient pour se défendre : faire passer un soulevement populaire pour une menace terroriste. Pour Ben-Ali c'est un suicie parce que cela affecterai trop le tourisme. Mais "pour les amis français" c'est une bonne soilution !

 

Cela permet de comprendre la gaffe énorme de Michèle Alliot Marie : offrir de l'aide contre les terroristes ! Elle pensait probabelemnt que sa déclaration serait comprise comme une proposition d'aide contre le terrorisme. Malheureusement le contexte de soulevement populaire est très clair, et tout le monde a compris son initiative comme il se doit : proposer l'aide des forces françaises pour soutenir le régime de Ben-Ali.

 

Dans le parisien : "Du socialiste François Mitterrand à Nicolas Sarkozy, la France a soutenu Ben Ali, considéré comme un "rempart" contre l'islamisme." Et oui la Tunisie était une dictature laïque alliée de l'occident, comme la Turquie à son époque, l'Algérie, le Shah d'Iran, etc ... Voir le très bon livre "Laïcités autoritaires en terres d'islam" de  Pierre-Jean Luizard. Qui explique notamment que l'islamisme fleurit là où l'on a combattu l'Islam traditionnel par la force ...comme en Tunisie.

 

Nous avion déjà survolé le problème du "terrorisme" dans Pourquoi la "guerre contre le terrorisme" est une escroquerie, où comment certains se servent des groupuscules violents .


Publié dans Gouvernement Sarkozy

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