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Vendredi 27 juin 2008
Dans mes préparatifs de vacances, je n'ai pas le temps d'écrire de nouveaux articles. Je profite de quelques minutes pour vous faire passer un résumé de  communiqué du MPEP :

L’UNION EUROPEENNE : UNE ASSOCIATION DE MALFAITEURS

Communiqué du Bureau du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP)

Le 26 juin 2008.

Résumé du communiqué

Le Sommet des chefs d’Etats et de gouvernements s’est tenu à Bruxelles les 19 et 20 juin (Conseil européen). Il devait analyser le résultat du référendum irlandais du 12 juin qui avait donné 53 % pour le « non » au traité de Lisbonne, et envisager les suites à donner à la « construction » européenne après ce nouvel échec.

Pour tous ceux qui ont encore l’illusion qu’il est possible de transformer cette « union » européenne de l’intérieur, soit en améliorant son fonctionnement en le démocratisant, soit en allant vers un nouveau traité, soit en rêvant à une constitution européenne qui résulterait d’un processus constituant, ce qui s’est passé à Bruxelles les 19 et 20 mai 2008 devrait servir de révélateur. Cette « union européenne » est une association de malfaiteurs !

Le communiqué du M’PEP aborde les points suivants :

  • Le traité de Lisbonne est juridiquement mort
  • Malgré ces faits juridiques incontestables, les oligarques européens ont décidé de poursuivre le processus de ratification
  • On se dirige tout droit vers un nouveau référendum en Irlande
  • Finalement, c’est le suffrage universel lui-même qui est remis en cause
  • Comment est-il possible de rester dans un système qui devient dictatorial ?

Le moment est venu, pour les forces de gauche, si elles ne veulent pas être emportées par la vague qui enfle, de mener la bataille pour sortir de cette union européenne eurolibérale, afin de bâtir, comme y invitait Victor Hugo, les « Etats-Unis d’Europe » !

Pour lire la totalité du communiqué, cliquez ici :



Pour ma part je part je prends comme un point positif ces histoires de référendum. L'union européenne s'est montrée sous son vrai jour, son acte fondateur sera le refus de la démocratie.
Nous savons désormais quels sont ses buts : imposer à tout prix un pouvoir bureacratique, au service du grand capital et de toute sorte de puissants.
C'est une démonstration par l'exemple que la puissance étatique et la puissance économique ne sont pas opposées mais vont de pair.
Le point de vue citoyenniste réclamant une meilleure gestion par l'état est désormais irrémédiablement balayé, comme une défense du système en place.
Les trotskystes diraient que l'état est au service du capital. Je rejoindrais plutôt l'analyse d'Anthony Sutton, qui a montré (avec parfois des erreurs et des imprécsions, mais le présent lui donne raison) que les totalitarismes sont issus directement des puissances financières qu'ils prétendaient pourtant tous combattre. L'Union Europeéenne ne fera pas exeption.

J'ai essayé de montrer sur ce blog qu'aux éléments financiers de la domination (Riesel parle avec justesse de domestication) sont accompagnés d'éléments idéologiques et mystiques. Je pense que l'eugénisme est l'un des meilleurs outils pour mettre en évidence la collusion qui existe entre ces forces monétaires (une poignée de banquiers), ces forces idéologiques (le communisme, le national-socialisme, le fascisme, etc ) et  ces forces mystqiues (le New Age, la publicité, le cinema, la symbolique républicaine , etc ...).

Fermez tous les journaux, les télés, et ouvrez des livres, les plus rigoureux, les plus complets,  les oubliés et les plus contestés. Apprenez l'histoire, l'histoire des sciences, l'histoire des symboles, l'histoire des idéologies, ... Vous avez sur ce site toutes les sources nécéssaires pour démarrer une recherche contestataire du vide intersidéral du monde d'aujourd'hui. Mettez du sens. Trouvez les enchainement : qui vient de quoi ; toutes les idéologies ont leur racines dans les mêmes sources antiques, et c'est criant dans l'architecture utilisée par les pouvoirs.

Sortez de la pyramide sociale, sortez de l'Egypte mystique, quittez la sécurité que pretend donner le combinat salariat, location, assurance dans lequel on veut vous enfermer et affrontez vos responsabilités. Personne ne le fera à votre place. La liberté dans le monde orwellien qui est le notre est à ce prix. "Laisse les morts enterrer leurs mort et suis moi" dît Yahoushoua, le Messie, la Parole d'Allah. C'est le combat le plus dur et le seul qui puisse être livré sans tomber dans une chausse trappe prépensée, qui n'a de contestation que ce qu'elle vous soumette un peu plus aux idéaux vraiment dominant.


Ô combien notre époque correspond à celle décrite : parce que l’iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira.


Les commandements bibliques se résument pourtant ainsi : 
Jésus lui dit: Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C'est là le premier et le grand commandement.
Et voici le second qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes.

Respectez les et Il vous sauvera, inch'Allah.
par Desbabas publié dans : Controle des populations
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Lundi 23 juin 2008
Puisque l'on palre souvent d'eugénisme et de génétique ici, je vous copie/colle cette conférence intéressante.

Le déterminisme génétique et la liberté de choix


CONFÉRENCIER: Pierre Ancet Université de Toulouse-le Mirail, Toulouse, France

Résumé: Qu'est-ce que le déterminisme ? Quels sont les sens différents que l'on peut conférer à l'expression de "déterminisme génétique" ? L'histoire des idées nous fournira des éléments de réponse, notamment à travers l'étude d'autres tentatives de "détermination" biologique de l'être humain. Qu'attendons-nous individuellement et collectivement du diagnostic génétique ou des autres formes (réelles ou illusoires) de déterminisme biologique ? Que reste-t-il de la liberté individuelle face au déterminisme (comment vivre au quotidien face à au diagnostic prédictif et à la transmission possible de la "tare" héréditaire?). Cette liberté de choix désigne celle de l'individu à propos du savoir de sa maladie et du risque de transmission, et celle du médecin à propos de ce qu'il peut annoncer. Il s'agira donc d'interroger le rapport entre liberté individuelle et idéologie scientifique, dont les présupposés seront étudiés à travers l'exposé des différents types de déterminisme.

Conférence:

Introduction


Pour aborder la question générale du déterminisme génétique et de ses représentations, il semble important de partir d'une interrogation qui nous taraude tous, quelle que soit notre vie, quelle que soit l'activité débordante avec laquelle nous essayons de l'oublier. Il s'agit de la question : « Que vais-je devenir ? » ou encore : «comment puis-je assurer mon avenir et celui de mes enfants ? ». En effet, l'idée selon laquelle nous sommes tous porteurs d'un héritage génétique ne va pas sans poser le problème de la transmission, au sens où j'ai reçu un capital de gène dont je ne connais pas la nature, et au sens où je vais le léguer à ceux qui suivront. Mon corps n'est pas une assurance pour l'avenir, il peut être perçu au contraire comme rempli de maladies possibles, comme une bombe à retardement que je peux porter et transmettre à mon insu. Dans cette situation, en tant qu'utilisateurs de la génomique, nous nous sentons déterminés par ce que nous hébergeons, alors même que l'idée de déterminisme en génétique (un gène = un caractère) est passée de mode (on parlera davantage de facteurs de susceptibilité, de facteurs de risques). Même si cette idée de déterminisme n'est pas à entendre au sens strict, elle reste la manière dont nous comprenons notre rapport aux gènes. Quelques remarques liminaires s'imposent donc sur cette idée, entendue comme la possibilité pour une pensée d'embrasser l'ensemble des causes et des effets, de telle sorte que l'avenir puisse être moins incertain. L'idée déterministe, loin d'être inquiétante pour la liberté individuelle, semble porter en elle l'ensemble de sécurités et d'assurances que nous espérons de la médecine pour l'avenir. Dans un monde déterminé, tous les phénomènes peuvent être réduits à un ensemble de causes et d'effets. Mais le déterminisme se distingue du réductionnisme, car ce dernier ne comporte pas d'aspect prédictif : il se contente de réduire les phénomènes à des lois. Le déterminisme suppose, lui, que toutes les données fondamentales étant connues, on puisse aussi prévoir ce qui se passera. Selon l'adage positiviste d'Auguste Comte, « Science d'où prévoyance, prévoyance d'où action », la science nous donnerait la clé du contrôle du monde. Mais à mesure des avancées scientifiques, la distance entre nos connaissances et le pouvoir de prédiction qui en découle s'avère plus importante que prévu. L'idée que la connaissance puisse prédire l'avenir et permettre une action libre est devenue moins une théorie scientifique que la marque d'une idéologie, notamment celle des idéologies socio-biologiques qui voudraient nous faire croire à la maîtrise future de notre organisme. Précisons que la notion de déterminisme n'est pas relative : si l'on pose les bons principes, alors il est nécessaire (cela ne peut pas être autrement) que les événements se produisent tels qu'on les a prédits, ainsi que l'indique Laplace dans une célèbre définition du déterminisme : « une intelligence qui, pour un moment donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent, si par ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ses données à l'analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l'univers et ceux du plus léger atome : rien ne serait incertain pour elle et l'avenir, comme le passé, serait présent à ses yeux. » 1 Au titre d'idéal scientifique, le déterminisme ne pose pas de difficulté. Il est beaucoup plus délicat à manier lorsqu'on le confond avec une réalité. Prenons quelques exemples de confrontation entre des théories philosophiques et l'obstacle du déterminisme : la difficulté rencontrée par la philosophie est que l'enchaînement nécessaire des causes et des effets ne laisse aucune place à la liberté individuelle. Selon cette perspective, si je pense, si je veux, si je me sens libre, n'est-ce pas parce qu'il se produit en moi un enchaînement déterminé d'événements neuronaux (déterminisme matérialiste) 2 ? Le déterminisme classique, matérialiste et inspiré des lois de la physique, ne laisse donc pas de place à la liberté individuelle entendue comme capacité de se libérer des forces de contraintes pesant sur l'individu et sur ses choix. La philosophie morale de Kant, par exemple, tente de rétablir cette liberté de l'homme dans le monde en posant qu'il est noumènalement libre : une part de lui (sa liberté) existe indépendamment des lois qui régissent l'univers et les phénomènes connaissables. En revanche tout le reste de ce qui existe est régi par un déterminisme strict. C'est là faire de l'homme une remarquable exception. La philosophie matérialiste d'Epicure voulait, elle, qu'il existe un élément non déterminé dans un monde totalement mécaniste et déterminé. Au sein d'une série ininterrompue et prévisible d'actions et réactions entre atomes, existe le clinamen , une déviation imprévisible d'un atome, qui crée la nouveauté dans le monde et permet notamment la liberté de l'action humaine. D'autres philosophies, à l'inverse, reconnaissent qu'il n'existe pas de liberté humaine face aux événements, et sont tout entières fondées sur l'acceptation de ce qui existe dans le monde. Le stoïcisme nous enjoint de nous satisfaire de ce qui nous a été donné en ce monde, en exerçant la seule liberté dont nous disposions : celle de notre esprit sur nos représentations. La philosophie de Leibniz attend de nous une adhésion rationnelle à ce monde, pensé par Dieu comme le plus parfait possible, car un autre enchaînement des causes et des effets n'aurait pas été compatible avec l'existence. Dieu a pesé le pour et le contre de tous les événements présents passés et à venir, puis a choisi pour nous le meilleur des mondes possibles. Il nous appartient désormais d'y souscrire. Ce bref rappel théorique a pour fonction de nous montrer les difficultés rencontrées historiquement avec l'idée de déterminisme. L'interpréter comme aujourd'hui en termes biologiques n'est pas nécessairement plus rassurant et moins pr Ce bref rappel théorique a pour fonction de nous montrer les difficultés rencontrées historiquement avec l'idée de déterminisme. L'interpréter comme aujourd'hui en termes biologiques n'est pas nécessairement plus rassurant et moins problématique. Nous pouvons nous demander de ce fait ce qui pousse l'opinion et les médias à valoriser le déterminisme génétique. Peut-être s'agit-il de l'espérance d'une maîtrise ultérieure des causes, qui confond connaissance théorique d'un facteur et connaissance pratique d'un moyen d'agir sur ce facteur. Peut-être s'agit-il d'entériner un ordre de fait, en le justifiant au nom d'un déterminisme qui devient une forme de fatalisme. Généralement dans l'histoire des idées, le déterminisme a permis de justifier un ordre établi (celui de la religion ou celui de l'ordre social). Il a plus d'intérêt en tant que moyen de cautionner un état de fait et les stéréotypes qui l'accompagnent qu'en tant que moyen de modifier le monde. Tout au plus a-t-il permis de renforcer les discriminations en en proposant une apparence justification, comme dans les théories socio-biologiques du début du XXe siècle. Au vu de l'histoire des idées, l'engouement actuel est donc à prendre avec la plus grande circonspection. Afin d'évaluer cette idée de déterminisme génétique, il nous faudra tout d'abord la comparer avec les autres formes de déterminisme possibles : est-elle plus proche du déterminisme strict des sciences physiques ou bien d'un « déterminisme » relatif comme le déterminisme social ou le déterminisme psychologique (sous couvert de lois s'exerçant sur l'individu, ceux-ci ne font que relever des influences n'autorisant pas de réelle prédiction, ils ne sont des déterminismes que par abus de langage) ? Peut-on préciser le rôle historique de l'idée d'un déterminisme biologique dans les théories socio-biologiques chargées de favoriser les normes sociales et à travers elles une certaine classe d'individus au détriment des autres ? Enfin, quelle place peut-on accorder à la liberté individuelle face à cette idée déterministe ? L'individu apparaît comme dépendant des influences qui s'exercent sur lui, qui lui imposent ses conduites, ses réactions, ses pensées et orientent son aspect physique. Peut-on se penser libre dans le monde contemporain face au déterminisme ?

I) Le déterminisme génétique est-il un déterminisme strict ?


Une brève étude des définitions classiques du déterminisme va nous montrer que le déterminisme génétique n'est pas un déterminisme au sens strict. Il est une version faible du déterminisme, qui a été utilisée comme un déterminisme au sens strict par certaines idéologies trop heureuses de trouver une justification à l'ordre social établi. Partons de la définition de Claude Bernard dans son Introduction à l'étude de la médecine expérimentale : « Le principe absolu des sciences est un déterminisme nécessaire et conscient dans les conditions des phénomènes. De telle sorte qu'un phénomène naturel, quel qu'il soit, étant donné, jamais un expérimentateur ne pourra admettre qu'il y ait une variation dans l'expression de ce phénomène sans qu'en même temps il ne soit survenu des conditions nouvelles dans sa manifestation ; de plus, il a la certitude a priori que ces variations sont déterminées par des rapports rigoureux et mathématiques » 3. Cette formulation inclut une part expérimentale : une expérience est concluante, et la théorie qui sous-tend cette expérience est concluante d'un point de vue déterministe si et seulement s'il n'y a de variation qu'en raison d'un agent extérieur. Cette théorie déterministe s'est inspirée de la révolution introduite par Galilée puis Newton en physique permettant de prévoir avec certitude le mouvement d'un corps lorsqu'il n'existe pas d'autre force en présence. Pour la première fois, la compréhension du déterminisme ne relevait plus d'une compréhension de la volonté de Dieu ou des causes finales (des agents destinés dans la matière à produire tel ou tel effet futur) mais de la compréhension d'une nature écrite en langage mathématique, régie par des principes mécaniques et un enchaînement de causes efficientes (sur le modèle du choc de deux corps de même nature). L'homme pouvait s'approcher au plus près de ces lois, les comprendre, et potentiellement agir sur la matière. Prenons garde à ne pas en déduire quelque chose concernant la nature du réel : l'action sur le réel ou une capacité prédictive relative ne signifie pas sa connaissance. Quelle que soit la théorie, il y a toujours au moins trois points de vue épistémologiques quant à la valeur de ses résultats, à savoir : — Phénoméniste . Les théories n'ont qu'une valeur descriptive, et sont les formules abrégées des données empiriques (exemple en biologie : Pearson et son approche statistique, visant à exprimer mathématiquement des données recueillies, considérées comme des données brutes). — Instrumentaliste . Les théories ne touchent pas à une réalité connaissable, elles ont cependant la capacité de prédire ce qui va se passer : leur portée est seulement pragmatique, elles ne disent pas ce que sont les choses mais comment elles se produisent (exemple : Morgan et son approche des mutations à partir de ses études menées sur la mouche drosophile). — réaliste . Les théories tendent vers une réalité extérieure indépendante de la connaissance que nous en avons, et ces théories peuvent être vraies ou fausses, de manière absolue (exemple : les conceptions de la biologie moléculaire comme révélatrices des causes premières de l'organisation du vivant, dans lesquelles le gène jouait le rôle d' « atome » du vivant). Ces points de vue épistémologiques ne changent absolument rien quant à la nature des résultats, mais permettent de situer la portée qu'on leur attribue : de la simple mise en forme de données jusqu'à la mise en évidence de la nature des choses 4 . Historiquement, les conceptions déterministes au sens fort ont été également réalistes. En effet, elles signifient la prédictibilité totale des phénomènes pour une intelligence sans limites. Et il semble que l'idée du déterminisme génétique se soit développée dans cette direction. Peut-on appliquer la définition donnée plus haut au déterminisme génétique ? Le déterminisme génétique strict suppose la prédictibilité totale des caractères. Il est donc entendu comme une position plus forte que le réductionnisme qui dit Le déterminisme génétique strict suppose la prédictibilité totale des caractères. Il est donc entendu comme une position plus forte que le réductionnisme qui dit seulement que l'on peut expliquer les phénotypes à partir d'éléments descriptibles au niveau génétique. Situer l'importance du déterminisme génétique revient à savoir dans quelle mesure le génotype détermine le phénotype. Cela peut s'interpréter de quatre façons, ce qui nous donne quatre types de déterminisme génétique 5 : 1) Deux individus ayant les mêmes allèles en un lieu chromosomique donné (locus) auront toujours un phénotype identique, quel que soit ce lieu.
2) Deux individus ayant les mêmes allèles en un lieu chromosomique donné (locus) auront toujours un phénotype identique, mais pour certains locus ou sites chromosomiques seulement.
3) Deux individus ayant tous leurs allèles identiques dans tous leurs chromosomes (de vrais jumeaux) auront toujours un phénotype identique pour tous leurs caractères.
4) Deux individus ayant tous leurs allèles identiques dans tous leurs chromosomes (de vrais jumeaux) auront toujours un phénotype identique pour certains caractères bien définis.

Les propositions 1) et 2) supposent l'équation : « 1 gène = 1 caractère », absolument (1) ou partiellement (2). Les propositions 3) et 4) supposent éventuellement que plusieurs gènes puissent donner un caractère. Il faut donc recourir à l'exemple classique des vrais jumeaux (monozygotes) pour supposer un phénotype identique totalement (3) ou relativement (4). Il n'est pas difficile de constater la fausseté des propositions 1 à 3. Il est peut-être plus délicat de repérer la fausseté de la proposition 4, pourtant elle aussi est fausse, car elle élimine toute action possible de l'environnement, par exemple, un mauvais développement qui conduirait l'un des jumeaux à naître aveugle ou à le devenir. Il faut en effet se souvenir que le déterminisme génétique suppose toujours des conditions environnementales « neutres ». Mais en même temps, à la différence d'un phénomène physique, cet environnement est absolument nécessaire pour l'expression des gènes puisse avoir lieu. En effet, lorsque l'objet considéré est un organisme, l'environnement ne joue pas le rôle d'une interférence qui peut nuire au déterminisme : alors qu'en physique on abstrait les phénomènes de toutes les conditions faisant obstacle aux lois, en biologie l'existence de l'environnement est indispensable dans la considération du phénomène considéré (l'organisme tout entier). Comme l'écrit Jean Gayon, « le déterminisme génétique consiste à soutenir que l'état futur d'un organisme est prédictible sur la base de sa composition génétique. C'est impossible en l'absence de spécification d'un environnement » 6 . Plusieurs conséquences doivent en être tirées : le génome n'étant pas un programme indépendant des influences de l'environnement, une approche systémique du gène s'avère nécessaire 7 , et en ce qui concerne le génome en tant que tel, ce qui est vrai pour une population générale (statistiquement parlant) ne l'est pas pour un individu qui demande un pronostic le concernant. Les maladies monogéniques sont rares, et leur évolution reste partiellement dépendante de l'environnement dans lequel évolue l'organisme. Il n'existe donc pas de déterminisme génétique au sens fort. Mais il nous reste à comprendre le rôle joué par cette idée au cours de l'histoire. Nous allons montrer comment la conception déterministe des sciences biologiques a servi à fonder en apparence un « déterminisme » psychologique et un « déterminisme » social censés reposer sur des lois. Incapables de trouver un fondement par eux-mêmes, ils ont eu recours à la pensée biologique pour y trouver la justification d'un ordre naturel et inné. Si le déterminisme biologique est théoriquement faible, il reste que l'idée déterministe en biologie possède et a possédé une grande force idéologique.

II) L'usage du déterminisme génétique dans le contexte de la socio-biologie


Les difficultés liées à la vision déterministe de la théorie génétique n'ont jamais gêné les réinterprétations sauvages, chargées d'entériner des idées préconçues ou des stéréotypes sociaux en postulant un ordre « par nature ». L'idée eugéniste propose de renforcer artificiellement la sélection naturelle en favorisant les plus aptes, c'est-à-dire les plus naturellement déterminés à devenir des individus socialement importants. Ce genre d'idée est commune à la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle. Elle n'est pas réservée aux régimes autoritaires ou aux idéologues racistes ou antisémites. L'intérêt du livre d'André Pichot, La Société Pure , est de montrer que même des auteurs parmi les plus respectables dans l'histoire des sciences comme Ernst Haeckel (1834-1919) ont été partisans d'une théorie raciste, ou que Julian Huxley (1887-1975), directeur de l'UNESCO en 1946, biologiste social démocrate, frère d'Aldous Huxley, était un eugéniste convaincu. En la matière, Alexis Carrel n'était en rien extrémiste, en dépit de son pétainisme avéré sur le plan politique. Lorsque Carrel écrit que la médecine se fourvoie en essayant " d'améliorer les individus de mauvaise qualité ", qu'il convient plutôt de " fortifier les forts : il faut abandonner l'idée dangereuse de restreindre les forts, d'élever les faibles, et de faire ainsi pulluler les médiocres"8 , il ne fait pas état d'idées particulièrement choquantes pour la majorité des contemporains. On peut trouver des citations exactement semblables chez Charles Richet (prix Nobel de médecine en 1913, un an après Carrel) : " Quoi! Nous nous appliquons à produire des races sélectionnées de chevaux, de chiens, de porcs, voire de prunes et de betteraves, et nous ne faisons aucun effort pour créer des races humaines moins défectueuses [...]. Quelle incurie étonnante ". (…) Les moyens de sélection serviront à " créer des races humaines moins défectueuses, pour donner plus de vigueur aux muscles, plus de beauté aux traits, plus de pénétration à l'intelligence, [...], plus d'énergie au caractère, pour faire accroître la longévité et la robustesse, [ce qui constituerait] un prodigieux progrès "!9. " Il ne s'agit pas de punir [les tarés], mais de les écarter de nous. Il ne faut pas que leur sang vicié vienne corrompre le sang généreux d' une race forte"10. L'idée eugéniste, présente depuis l'Antiquité11 , a trouvé dans la théorie darwinienne et l'idée du struggle for life une vigueur nouvelle. Les réinterprétations de la pensée de Darwin ont vu le jour dès les premières publications de l'Origine des espèces (1859), en France dès 1862 avec la préface franchement eugéniste de sa traductrice, Clémence Royer 12. Pourtant, si le darwinisme social parle des plus aptes et des médiocres comme si ceux-ci étaient déterminés à l'être, la théorie de Darwin, elle, insiste sur toutes les formes de sélection possibles, et ne permet de parler que des plus aptes dans un milieu donné et dans un contexte de prédation et de reproduction donné. Il n'existe pas d'individus par nature plus aptes que les autres dans la théorie darwinienne dont l'eugénisme s'inspire. L'idée eugéniste repose de la même manière sur une conception déterministe abusive, et elle ne cesse de refaire surface à mesure que de nouvelles conceptions biologiques apparaissent. Il n'est donc pas étonnant que la génétique y ait été annexée par certains, ni que l'on trouve des résurgences contemporaines de ces idées. Certes celles-ci sont moins aujourd'hui le lot de commun des scientifiques que d'une opinion mal informée, mais comme nous allons le voir il existe de notables exceptions. Les décideurs et dirigeants de la sphère politique et économique sont le plus souvent adeptes d'une vision simpliste de la génétique, allant dans le sens d'un « programme » établi par avance par chaque individu. Et il semble que les média y soient tout aussi sensibles, puisque nous entendons annoncer depuis quelques années la découverte du gène de l'immoralité, de l'homosexualité, de l'intelligence, etc… Insistons sur ce dernier exemple, qui a une longue histoire. Nous pouvons remarquer que parler d'un gène de l'intelligence suppose: 1°) que l'intelligence soit définie (ce n'est pas parce que nous utilisons un mot qu'une entité est désignée par lui. L'intelligence peut très bien être un ensemble d'intelligences multiples, difficilement mesurables et comparables entre elles pour distinguer les formes les plus nobles) 13. 2°) que l'on puisse poser l'existence d'un gène correspondant à cette entité. On constate que cette vision du gène a essentiellement pour fonction d'entériner un état de fait permettant de distinguer au sein d'une population les individus On constate que cette vision du gène a essentiellement pour fonction d'entériner un état de fait permettant de distinguer au sein d'une population les individus par nature intellectuellement moins aptes, et par là de justifier l'existence de différences sociales. Comme le fait remarquer S.J. Gould dans La Mal-Mesure de l'homme , le dernier avatar en date de cette pensée dans les sociétés occidentales est le livre de Herrnstein et Murray, The Bell Curve (1994), qui prétendait démontrer statistiquement et objectivement l'infériorité intellectuelle des noirs américains sur les blancs. Un individu aurait donc été déterminé par son appartenance ethnique à être moins intelligent qu'un autre. Il est significatif que de nombreux scientifiques américains contemporains aient souscrit à l'opinion de Herrnstein et Murray : les idées ségrégationnistes sont puissantes et prêtes à resurgir à un moment où à un autre. Cette vision défend l'existence d'une intelligence quantifiable, unimodale et innée pour chaque individu, contre laquelle tout le livre de Gould est construit. Cette idée a notamment permis de légitimer les campagnes de stérilisation dans les années 30 aux Etats-Unis, qui souhaitaient empêcher les individus jugés intellectuellement inférieurs de se reproduire par l'intermédiaire de stérilisations forcées 14. Il est difficile de comprendre quel peut être le bénéfice des idées eugénistes pour ceux qui les défendent, tant de telles idées risquent de se retourner un jour contre leurs auteurs. Sans doute faut-il penser qu'ils ne se sentent rien de commun avec ceux dont l'élimination précoce (embryonnaire) ou la stérilisation forcée viendrait soulager la société. Le ferment de telles idées est la différence de nature. Mépriser les vieillards est difficile car on peut le devenir. Mépriser les débiles, les inaptes, cela semble plus facile : on suppose que l'on ne deviendra jamais comme eux 15 . L'eugénisme demande un aplomb absolu en ce qui concerne le bien-fondé de sa position sociale. En ce sens seulement, le déterminisme peut devenir un atout plus qu'un handicap vis-à-vis de la liberté individuelle. Un dernier exemple emprunté au XIXe siècle va nous montrer comment le déterminisme psychologique peut aller jusqu'à nier l'existence de la liberté. Il s'agit des théories sociales de Ludwig Gumplowicz (1838-1909), citées par André Pichot 16 dont la réception a été plus confidentielle que pour les auteurs précités, mais qui était néanmoins reconnu comme un universitaire influent dans son domaine. Gumplowicz adhère aux théories socio-biologiques partant de l'idée d'une naturalisation de la société et d'une « scientifisation » de la sociologie : la politique se doit de rejoindre l'ordre de la nature, qui influence la société et celui-ci passe essentiellement par la lutte entre les races. De ce point de vue, le droit devrait servir à maintenir les inégalités sociales : « tout droit procède de l'inégalité, tout droit a pour but le maintien et la fixation de cette inégalité par établissement de l'autorité (ou domination) du plus fort sur le plus faible » 17 . Si nous sommes déterminés par la société et que la société est elle-même déterminée par l'ordre naturel, nous ne pouvons qu'entrer dans des pratiques eugéniques visant à accentuer la sélection naturelle. Nous ne pouvons que nous résigner à aller dans le sens d'une nature supposée clémente, en réalité une nature réinterprétée de telle sorte qu'elle permette de justifier l'ordre établi et les valeurs de référence de l'auteur de la théorie. C'est un exemple d'un phénomène fréquent : le travestissement de normes sociales en normes supposées strictement naturelles, comme le sont les lois. L'application pratique de ces idées ne pose pas de problème moral à cet auteur, car la vie humaine n'est que de peu d'importance et les institutions la surestiment C'est un exemple d'un phénomène fréquent : le travestissement de normes sociales en normes supposées strictement naturelles, comme le sont les lois. L'application pratique de ces idées ne pose pas de problème moral à cet auteur, car la vie humaine n'est que de peu d'importance et les institutions la surestiment 18 . L'action habituelle de la société va à l'encontre de la voie supposée naturelle qui manifeste la supériorité de certains individus sur d'autres. A ce point, l'argument est clairement eugéniste. Mais cette pensée déterministe va plus loin que le déterminisme des eugénistes : en effet, pour Gumplowicz, la liberté n'existe pas. Il n'existe que « le fantôme de la liberté humaine ». « La plus grande erreur de la psychologie individualiste est d'admettre que l'homme pense.(…) car, d'abord, ce qui pense dans l'homme, ce n'est pas lui, mais sa communauté sociale k la source de sa pensée n'est pas lui, elle est dans le milieu où il vit, dans l'atmosphère sociale où il respire, et il ne peut penser que d'après les influences de son milieu social, telles que son cerveau les concentre. » 19 . Gumplowicz, assez conséquent dans ses actes, s'est suicidé en 1909, preuve s'il en était besoin, que le sentiment de la liberté individuelle est essentiel à une conscience humaine. Nous ne connaissons pas d'idées contemporaines aussi violentes que celles des eugénistes du début du XXe siècle, mais c'est heureux, car nos moyens d'action, eux, sont beaucoup plus développés, et plus particulièrement nos moyens prédictifs en matière génétique. Il ne faudrait pas sous-estimer cette importance du pouvoir pratique au vu de ce que nous disions pour commencer à propos de l'absence de déterminisme strict. De même, ce ne sont pas les ambiguïtés actuelles touchant la définition du gène 20 qui peuvent nous en faire douter. Même si nous ne pouvons pas parler de déterminisme génétique stricto sensu , il n'en reste pas moins que l'identification de certaines maladies monogéniques fait peser un poids considérable sur les individus, en raison du pouvoir prédictif (et non thérapeutique) de la génétique. Cette relativité nouvelle dans la connaissance du gène malgré une permanence du déterminisme en pratique est bien résumée par François Jacob dans sa préface au livre d'Evelyn Fox Keller , Le Siècle du Gène : « (P)eut-être a-t-on voulu, au cours du temps, attribuer au gène trop de propriétés, trop de capacités, trop de pouvoir. Il semble bien que le rôle qui lui avait été imparti doive être redistribué pari plusieurs acteurs cellulaires. En fait, au cours du dernier siècle, la recherche en biologie a été essentiellement analytique. Le gène, puis le génome témoignent du succès du réductionnisme. Mais il semble bien que le temps soit venu de modifier cette tendance. Il n'est plus possible d'attribuer au seul gène toutes les propriétés qu'on a voulu y voir. C'est maintenant le monde des interactions entre les composants de la cellule qui devient le centre de l'intérêt et de l'étude biologique. Ce qui ne diminue pas pour autant le déterminisme génétique qui pèse sur les individus. » 21 Pour rassembler l'argument, disons que le déterminisme génétique, malgré son aspect imparfait, a cependant été un atout de poids pour des théories déterministes en psychologie et sociologie, et son usage inconsidéré demeure une menace idéologique susceptible de réapparaître d'un moment à l'autre dans nos sociétés. Il nous reste à voir quelle est la marge de liberté dont dispose aujourd'hui le patient face au pouvoir prédictif de la génétique. Dans ce but, nous prendrons pour terminer l'exemple de l'exercice de la liberté dans le cas du conseil génétique : quelle liberté reste-t-il au médecin et à son patient face aux influences sociales qui conditionnent le choix ?

III) La liberté de choix des patients et du médecin dans le conseil génétique


Qui est le plus directement concerné par le dépistage génétique ? L'individu ? Sa famille ? Les assurances ? Les médecins ? La société ? S'il existe une forme de consensus social sur la nécessité de l'élimination précoce des malformations graves, il est difficile de savoir qui doit en dernier recours se prononcer. Et mettre un patient anxieux devant un choix n'est pas nécessairement le meilleur moyen de le libérer. Pour autant, la liberté individuelle doit pouvoir intervenir autrement que comme liberté d'indifférence définie comme le plus bas degré de liberté : l'un ou l'autre choix, au hasard. Elle est une possibilité pour l'individu de choisir en pleine connaissance de cause (cela rejoint ce que l'on nomme en éthique médicale le consentement éclairé). Mais il n'est pas sûr malgré cette idée vertueuse que la connaissance d'une maladie génétique soit un atout pour l'individu (souvenons-nous de l'exemple classique du déclenchement tardif de la chorée de Huntington : est-il nécessaire que la personne sache si elle en est ou non porteuse ?) Le problème dans le cas qui nous occupe est que la décision d'annoncer ou non le risque à un porteur potentiel, de conserver ou non un enfant avec un risque de maladie génétique n'est pas une décision médicale. C'est une décision éthique , qui n'est plus du ressort du seul médecin (même s'il peut évidemment avoir une opinion personnelle). En bioéthique, le savoir du médecin n'est pas un savoir quoi faire. Il faut bien sûr émettre ici une réserve : cette réflexion qui s'adresse à qui voudrait abuser d'une pensée déterministe en biologie ne concerne pas le cas de maladies comme la phénylcétonurie pour laquelle un régime adapté peut empêcher le déclenchement, mais les cas rares d'une maladie monogénique qui peut être diagnostiquée en l'absence de tout traitement actuel, et plus largement aux cas beaucoup plus fréquents de maladies polygéniques dont le déclenchement n'est que potentiel. C'est lorsque le diagnostic n'est exprimé qu'en termes de facteurs de risques et non pas de certitude qu'il devient délicat de supposer une compétence de spécialiste dans la prise de décision. L'idée d'un choix en pleine connaissance de cause se heurte ici au problème de la prédictibilité des affections en fonction des gènes, qui est en réalité un triple problème : — celui de la pertinence du facteur de risque par rapport au déclenchement réel de la maladie (la capacité prédictive réelle du test génétique). — celui de la réaction individuelle de chaque patient à l'annonce du risque. — enfin, dans les cas de dépistage anténatal, celui de la définition des affections d'une particulière gravité justifiant de l'interruption - enfin, dans les cas de dépistage anténatal, celui de la définition des affections d'une particulière gravité justifiant de l'interruption volontaire de grossesse. Nous sommes en droit de nous demander jusqu'à quel point cela est encore de la médecine. Autant la prévention est effectivement partie de la médecine, autant l'élimination des embryons n'en fait pas partie, non plus en dernier recours que le choix de la définition d'une maladie réellement handicapante socialement. Prenons l'exemple d'une demande de conseil pour interruption thérapeutique de grossesse ou dépistage pré-implantatoire. Quelle est la frontière entre la maladie d'une « particulière gravité » qui autorise selon la loi l'interruption thérapeutique de grossesse et une maladie qui ne l'est pas ? Dans les cas où l'atteinte est fonctionnelle, le médecin peut en apprécier la gravité et les conséquences. Un conseil interdisciplinaire sur le handicap et les possibilités d'aide sociale, d'intégration sociale semble également recommandé. Cela est nécessaire pour dépasser le moment de sidération de l'annonce de l'anomalie. Il ne s'agit pas pour le patient d'abandonner son droit de choisir, au contraire. Plus sa connaissance sera approfondie, plus il sera préparé à ce choix, et se sentira maître de ce choix. Et quand bien même demanderait-il au médecin : « que feriez-vous à ma place ? », il faut se souvenir que s'en remettre à l'avis d'une personne considérée comme plus compétente est une forme de liberté. Se dessaisir volontairement de l'exercice de sa liberté est une forme de liberté. Dans les cas où l'atteinte est plus difficile à estimer, notamment parce que le handicap résulte autant, voire plus, du regard d'autrui que des conséquences strictement médicales, la décision est autrement plus délicate : faut-il interroger les personnes déjà porteuses du handicap ou de la malformation, car elles seraient les mieux à même d'en évaluer le poids social ? C'est une idée respectueuse de la liberté individuelle, mais cela peut aussi avoir pour effet de renforcer la discrimination portée par le regard social : on supprimerait telle ou telle particularité physique car celle-ci est socialement inacceptable, comme le montre l'exemple d'une malformation palpébrale ci-dessous. Une liberté individuelle est à notre sens quelque chose qui se construit, contre ou avec le corps social, contre ou avec les normes sociales qui orientent le jugement sur le handicap, contre ou avec les idéologies qui font croire en la nécessité du dépistage. Après tout c'est un gros handicap que de naître noir ou de naître avec des traits maghrébins dans notre société : pourquoi un couple mixte ne ferait-il pas valoir l'intérêt de ne retenir que les embryons les moins marqués par ces traits indésirables ? L'extension d'une telle logique n'a pas de limite. Annie Nivelon22 cite l'exemple d'une malformation palpébrale très inesthétique, dont une patiente est porteuse, comme sa mère et sa cousine. Cette malformation bénigne a transformé toute sa vie, car elle s'est vue sans cesse traitée de « gogole, nunuche » : ses études, son mariage, n'ont pas été ce qu'ils devaient être selon elle. Elle demande un diagnostic prénatal qui est possible, le gène responsable ayant été identifié, ce qui veut dire que l'on sait si l'enfant sera porteur du gène, mais pas à quel degré la malformation palpébrale va se manifester. Un examen est pratiqué à deux mois de grossesse. L'embryon est atteint. La grossesse est interrompue. Pourtant le père acceptait de retrouver la particularité présente chez sa femme. Mais le refus de celle-ci est catégorique. Elle doit détruire cette part d'elle-même qu'elle considère comme handicapante. Et elle choisit de faire disparaître l'enfant pour un facteur de risque de malformation de la paupière. Ici le regard social a eu raison de la liberté de choix. Il est net que la mère a fait de sa malformation un « crochet » psychologique pour reprendre une expression d'E. Goffman dans Stigmate23 : elle y associe toutes les difficultés de son existence, comme si, libérée de la malformation, elle aurait été une personne selon ses désirs. Ce regard individuel ne fait que renforcer la stigmatisation sociale. Un exemple cité par le Dr Reyes Abad24 (Université d'Alcala, Espagne) va dans le même sens à propos des membres d'une famille de très petite taille, qui choisissent d'avoir recours à l'ITG pour ne pas avoir d'enfants leur ressemblant. Là encore, le choix social, idéologique et normatif, prime en réalité sur la liberté individuelle. La liberté aurait à se construire contre ces motifs de discrimination sociale, en revendiquant la différence, sans quoi le mal-être des parents ne fait que renforcer une possible dérive eugénique reposant sur une discrimination dans l'apparence. Un troisième cas nous confronte à une situation plus délicate, puisqu'il combine atteinte fonctionnelle et regard social. Il s'agit d'une maladie rare qui prive de cheveux, de poils, de dents, de glandes sudoripares, sébacées et de muqueuses, dont est atteint le père de la consultante et ses deux frères. Malgré cela, le père et les deux oncles ont fait une brillante carrière et réussi leur vie sentimentale. Il s'agit d'une affection touchant le chromosome X qui ne peut atteindre que des garçons. Le fœtus est mâle et atteint. La consultante choisit l'interruption de grossesse, pour des raisons médicales qui nous paraissent plus sérieuses. Mais ce faisant, les conséquences psychologiques n'en sont pas moins importantes, puisqu'elle doit faire le deuil d'un enfant qui aurait été le portrait d'un père qu'elle adore mais qu'elle a quelque part « tué » par cette décision. Notre dernier exemple rapporté par le Dr Nivelon va illustrer le problème de l'annonce en relation avec le respect de la liberté individuelle. Deux frères se présentent porteurs d'une affection musculaire qui avait déjà condamné le plus âgé aux cannes anglaises vers trente-cinq ans. Leur affection a été étiquetée myopathie liée au sexe. Cette affection ne commençant généralement à se manifester qu'après la vingtième année, fallait-il vérifier que les enfants étaient porteurs, surtout l'un des enfants du frère aîné, âgé de quinze ans, qui voulait devenir professeur d'éducation physique et sportive ? — Faut-il considérer que c'est respecter sa liberté future que de ne pas le laisser s'engager dans une formation qu'il risquerait de ne pas pouvoir mener à son terme ? — Faut-il considérer que c'est ne pas restreindre sa liberté actuelle que de ne pas lui annoncer le diagnostic ? La décision fut prise en consultation, rassemblant les deux frères et leurs épouses de ne pas faire de test aux enfants, sur l'argument : « tant d'autres choses peuvent arriver, tel l'accident de mobylette, savoir ne pourrait que les perturber ». Les pères décident d'informer leurs enfants des risques d'atteinte mais aussi des chances dans l'autre sens et de ne pas pratiquer les tests, en laissant les enfants agir de leur propre volonté plus tard. Il est clair qu'une telle décision ne peut que s'appuyer sur la connaissance intime de la maladie, de la personne considérée et des risques médicaux encourus. Mais aucune procédure ne saurait être systématiquement imposée lors d'une telle prise de décision. ******* Que peut-on retirer de ces différents exemples ? Ils nous montrent les limites de l'argument selon lequel la génétique prédictive n'est qu'une technique, les problèmes venant de l'usage abusif que l'on peut en faire. Cet argument ne tient pas car toute technique vient avec une idéologie propre 25 , notamment lorsqu'elle rencontre un désir social, une grande aspiration collective. En l'occurrence, le déterminisme génétique rassure, en véhiculant la représentation d'une filiation fondée non sur une reproduction de soi, mais sur une transmission maîtrisée des caractères que l'on accepte en soi. Le gène y apparaît comme un élément privé, replié en chaque individu, dont on pourrait accroître la sécurité (on accroîtrait ainsi la sécurité du corps comme on accroît celle des murs de la maison familiale contre l'extérieur). Nous désirons tous léguer le meilleur à nos enfants en éradiquant les tares. Dès lors, l'existence de moyens prédictifs rend difficile le choix de ne pas y avoir recours. Lorsqu'une technique de ce type existe, elle est si porteuse d'espoir qu'il devient difficile de mettre en garde contre son utilisation. Pourtant, cette tendance à la sécurité, cette tendance à rechercher l'assurance n'est pas elle-même sans danger, à la manière de ce que Guillaume Le Blanc appelle la maladie de l'homme normal , la crainte de ne pas être assez garanti contre le risque : « Le discours intérieur de l'homme normal est rongé par l'angoisse de la maladie. C'est que dans le registre de la normalité, il n'y a aucune limite si ce n'est la négation brutale imposée par la maladie engendrée par une circonstance nouvelle. La terreur de la maladie est donc terreur de la nouveauté. L'angoisse devient le mode d'être de l'homme normal. Elle soustrait par là même l'homme à sa normalité. Littéralement, elle le rend malade » 26 . En outre, le désir d'être normal dans une société donnée conduit peu à peu la capacité d'adaptation à s'atrophier. Faute de pouvoir réagir autrement que dans la norme, l'homme normal court le risque de la sclérose mentale : « l'homme normal est malade de la norme unique à laquelle il se soumet ou à laquelle on le soumet (…) L'homme normal est un homme sédentaire dont l'activité mentale consiste à refuser tous les mouvements qui ne rentrent pas dans la norme qu'il s'est lui-même fixée. La maladie de l'homme normal est une maladie d'homme immobile. Savoir bouger dans sa tête c'est contribuer à lever cette maladie » 27. Cette tendance à la supernormalité et à la tranquillité ne donne donc que l'illusion du libre choix individuel. En réalité, elle ne fait que relayer des réactions codifiées socialement. Elle conduit au plus bas degré de la liberté qu'est la liberté d'indifférence : le choix sans motivation. Et comme toute tendance sociale trop marquée, elle engendre par réaction son contraire : une tendance à la recherche du risque physique, qui tente d'atteindre les limites, les marges, dans un défi permanent des normes qui souvent se sait encore douloureusement conformiste. En effet il est impossible de s'affranchir de toute norme : les normes sont une donnée anthropologique avec laquelle nous devons compter. Nous pouvons seulement jouer avec ces normes qui sont les nôtres et ont construit notre subjectivité. Nous pouvons nous méfier non des normes des autres, de ceux ou celles qui nous paraissent anormaux ou dans l'erreur, mais de nos propres normes, qui ont fait de nous ce que nous sommes. Sans quoi nous risquons tous de tomber dans un comportement à risque qui peut provenir, soit d'une confiance en une trop grande sécurité du fait de la première tendance (je n'ai pas de précaution alimentaire à prendre, puisque je n'ai pas de risque génétique de maladie) ; soit d'une volonté de se détruire en éprouvant la résistance des assurances que nous avons reçues (on a voulu me donner la sécurité d'un corps trop parfait et celui-ci m'étouffe). Les normes sociales qui influencent nos choix peuvent se retourner contre nous avant que nous en ayons perçu la dangerosité intrinsèque, au même titre dont les normes sécuritaires peuvent se retourner contre ceux-là mêmes qui les ont désirées.

Conclusion


Rappelons que durant toute cette réflexion, nous ne nous sommes pas situés contre l'usage de la génétique prédictive, mais en tant que futur utilisateur de celle-ci, contre des représentations déterministes que véhicule l'idée d'être ou non porteur d'un gène, qui plus est transmissible à sa descendance. Nous nous sommes confrontés à des espoirs et des idées de la génétiques incompatibles avec la réalité de la technique et avec la réalité d'une vie. Il n'existe pas de déterminisme génétique au sens strict, mais cette idée est utilisée et a été utilisée pour créer une autre forme de « détermination » de la liberté individuelle, celle que fait peser l'idéologie sur les choix des personnes et des décideurs. Nous avons vu combien il était facile de reprendre l'idée du déterminisme génétique pour appuyer des considérations normatives sociales, totalement indépendantes d'atteintes fonctionnelles. Face à cela, toutes les réponses philosophiques ont prôné non pas la maîtrise du déterminisme, mais sa Face à cela, toutes les réponses philosophiques ont prôné non pas la maîtrise du déterminisme, mais sa connaissance et son détachement pour l'avènement de la liberté. Il s'agit d'éprouver la liberté de choix soit comme quelque chose d'absolu, indépendant du déterminisme (notamment dans la philosophie Kantienne), soit comme une liberté à construire , contre le déterminisme, contre soi et sa volonté de maîtrise. Afin d'appuyer cette idée d'une liberté en construction, nous pouvons nous rappeler, non seulement individuellement, mais encore socialement, que le déterminisme n'est pas une issue mais un leurre. Une vie ne se construit jamais réellement sur une maîtrise, quel que soit le pouvoir technique ou prédictif dont on dispose. Une vie doit se construire, se développer face à des situations difficiles, nécessairement difficiles. Et cela doit être rappelé contre une tendance sociale au respect de la norme corporelle qui peut s'avérer elle aussi une maladie redoutable, en rendant la décision trop aisée à prendre, en limitant le pouvoir de choisir et le pouvoir de s'adapter à une situation nouvelle. L'illusion de déterminisme rend les notions de volonté, de liberté et de responsabilité individuelle absurdes : il suffirait de s'abandonner aux conseils de spécialistes, de laisser ses désirs être portés par les normes d'une époque pour estimer vivre bien. Il est inquiétant de penser qu'une telle vision pourrait prévaloir, alors même que notre vie psychique tout entière passe par ces notions de volonté, de liberté et de responsabilité. Quand bien même n'auraient-elles pas une pertinence réelle en raison des influences qui s'exercent sur notre pensée, il reste que notre vie relationnelle est fondée sur ce vécu de la liberté de choix, sur le sentiment de la responsabilité ultérieure. Le plus inquiétant serait que notre monde en vienne à l'oublier.
 
Notes

1. LAPLACE (P.-S.) Exposition du système du monde, Bachelier, Paris, 5e éd., 1824.

2. Il existe historiquement le même problème avec le déterminisme théologique : si je pense et choisis, n'est-ce pas parce que Dieu a mis ces pensées en moi ? Saint Augustin est l'un des premiers auteurs chrétiens à avoir fait intervenir le concept de volonté, qui rend toute la responsabilité de ses pensées et de ses actes à l'homme, tout en ôtant à Dieu la responsabilité du mal. Le libre arbitre de la volonté est bien donné par Dieu aux hommes, mais le pourquoi des actes et pensées humaines n'est plus dépendant de Dieu (on ne peut plus régresser de cause en cause jusqu'à Dieu) : la cause est l'homme. Il l'a voulu, il a exercé son libre arbitre. Il est responsable. Ainsi le déterminisme théologique n'est pas incompatible avec la responsabilité à l'égard du mal et avec l'idée d'un juste châtiment. (Libre Arbitre, I, 1 ]

3. BERNARD (C.) Introduction à l'étude de la médecine expérimentale, première partie, VII, Paris, Garnier-Flammarion, 1966, p. 56 (1ère éd. 1865) [

4. Le XXe siècle a fortement contribué à relativiser la portée des théories, et les approches sont devenues plus fortement instrumentalistes. Même les adeptes du réalisme admettent que malgré les avancées théoriques de la physique, ce n'est jamais le réel que l'on touche. Les développements de la physique, notamment la physique quantique ont plutôt conduit à douter de la nature du réel au sens courant ainsi que de la possibilité pour la science de nous offrir un réel compatible avec notre intuition. Disons seulement que certaines théories sont plus à même de montrer un pouvoir prédictif, et que la physique moderne inventée au XVIIe siècle a servi de modèle en ce sens.

5. GAYON (J.) « Prédire ou Expliquer ? » Sciences et Avenir Hors-Série, L 'Empire des gènes octobre-novembre 2003.

6-Ibid.

7. SERALINI (G-E.) Génétiquement incorrect, Paris, Flammarion, 2003.

8. CARREL (A.) L'Homme, cet inconnu, Paris, Plon, 1997, p. 349.

9. CARREL (A.) Eugénique et sélection, Paris, Alcan, 1922, p. 34. 1

0. Ibid. p. 54.

11. On trouve des considérations clairement eugénistes dans La République de Platon. L'infanticide des enfants mal formés à la naissance était répandu à Athènes et surtout à Sparte.

12. PICHOT (P.) Histoire de la notion de vie, Paris, Gallimard, coll. « TEL », 2000, p. 770.

13. GOULD (S.J). La Mal-Mesure de l'homme Paris, Odile Jacob, 1997, introduction (Ce livre est une étude historique et critique sur un des thèmes principaux du déterminisme biologique: "l'estimation de la valeur des individus et des groupes par la mesure de l'intelligence en tant qu'entité séparée et quantifiable". L'argumentation est étayée autour de deux sources: la craniométrie et les tests psychologiques).

14. GOULD (S. J.), « La fille de Carrie Buck » in Le Sourire du flamant rose, Paris, Seuil, coll. "Points Sciences", 1988.

15. Sans doute le ferment du racisme repose-t-il sur la même impression de distance radicale : si je peux devenir vieux, malade, fou, en tout cas je ne pourrai jamais devenir noir ou jaune si je suis né blanc. Cette différence de nature protège et assoit mon identité en stigmatisant l'autre. Quels que soient les avantages de l'autre par rapport à moi, quelles que soit ses qualités, il me restera toujours une marque de distinction qu'il ne pourra pas partager, un privilège de nature que je ne pourrai perdre.

16. PICHOT (A.) La Société pure. De Darwin à Hitler, Paris, Flammarion coll. «Champs », 2000, p. 51.

17. GUMPLOWICZ (L.) Précis de sociologie, 1885 , trad de Ch Baye, Paris, 1896, p. 339.

18. « (E)st-il sensé ou justifié, en présence de ces conditions naturelles (des millions de nouveaux-nés humains apparaissent chaque jour), de surestimer la vie individuelle comme le font les nations civilisées ? que de malheurs, que de souffrance on pourrait épargner aux hommes, si les institutions sociales, politiques et juridiques issues de cette appréciation exagérée de la vie (…) venaient à être supprimées » (GUMPLOWICZ (L.) Précis de sociologie, 1885 , trad de Ch Baye, Paris, 1896, p. 339).

19. GUMPLOWICZ (L.) Précis de sociologie, 1885 , trad de Ch Baye, Paris, 1896, p. 274

20. On est passé d'une définition biochimique du gène conçu comme entité matérielle à une définition fonctionnelle du gène où il n'apparaît qu'au travers de ses effets (FOX KELLER (E.) , Le siècle du gène, Paris, Gallimard, traduction de S. Schmitt, 2003, p. 70-72).

21- FOX KELLER (E.) , JACOB (F.) préf. Le siècle du gène, Paris, Gallimard, traduction de S. Schmitt, 2003, p. III.

22. NIVELON (A.) « Le conseil génétique, l'expérience au quotidien d'un généticien clinicien généraliste », Revue de psychiatrie française, n°2, 2000, p. 8-16.

23. GOFFMAN (E.), Stigmate. Les Usages sociaux du handicap, Paris, Minuit, 1975

24. ABAD (R.) « Le corps et le conseil génétique », in Le respect du corps pendant la vie et après la mort, séminaire d'actualité de droit médical, Etudes hospitalières, Bordeaux, 2005 ( à paraître).

25. Voir à ce sujet la conférence introductive à ce colloque de Jacques Dufresne

26. LE BLANC (G.) Les Maladies de l'homme normal, Bordeaux, Editions du Passant, 2004, p. 46-47.

27. Ibid. p. 45-46.
par Desbabas publié dans : Controle des populations communauté : Novus ordo Seculorum
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Mercredi 18 juin 2008

Edit 17.02.07 : ajout de lien

Sur d'autres sites :
Sur la participation d'IBM aux drames du XXe siècle, se référer aussi à l'article de la série "Les enjeux de l'antisémitisme",   Partie I : Le nazisme et le capital - Wottan et Mammon.

1. IBM et l'holocauste

Ce livre raconte en effet l'histoire de la participation consciente d'IBM à l'Holocauste - directement et par l'intermédiaire de ses filiales - et de sa complicité avec la machine de guerre naziequi a fait plusieurs millions de victimes, juives ou non, à travers toute l'Europe.


Afin de repérer dans toute l'Allemagne, puis dans toute l'Europe, les personnes issues de la religion juive, de les dépouiller et de les envoyer dans les camps, le parti national-socialiste aurait eu besoin d'ordinateurs pour la tache administrative colossale que cela demandait. Mais il n'y avait pas d'ordinateurs.

Hollerith avait inventé un système mecanographique qui permettait de trier des cartes perforés. Si les cartes contenaient des informations, le tri devenait une methode d'analyse. Hollerith loua son système aux USA, puis dans toute l'Europe pour effectuer des recensements. Après moult aventure, sa compagnie devint bientôt IBM, avec une filiale allemande, la Deutsche Hollerith-Maschinen Gesellschaft, ou Dehomag.

L'emploi des machines pour les recensements de la population en 1933 et 1935 permis de retrouver bien plus facilement les populations ciblées par les nazis. Des comparaisons avec la France montrèrent que la pratique du fichage généralisée en Allemagne eu un impact important sur l'efficacité des rafles. En Allemagne et en Hollande, où l'on utilisa les machines pour ficher la population, les nationaux-socialistes réussirent à enlever presque tous les juifs, ce qui ne fût pas le cas en France où l'on n'utilisa pas ces amchines, quelle que fût par ailleurs la vilénie

Dans les camps, les machines hollerith étaient utilisées pour répartir la main d'oeuvre. Chaque convoi de prisonnier arrivait avec son lot de cartes perforées. L'equipement spécialement désigné de carte perforée servant à suivre les prisoniers permis aux nazis de gérer efficacement les camps de concentration et les camps secondaires à travers l'Europe. Non seulement vouée à l'extermination, la population des camps servait aussi de main d'oeuvre bon marché à l'industrie. L'extermination par le moyen des travaux forcés dependait de systèmes conçus spécialement par IBM pour gérer les compétences des travailleurs et les dispatcher selon les besoins de mains d'oeuvres dans  l'Europe nazi. Une fois le prisonier trop épuisé pour travailler il était exécuter par gaz ou par balle. Les prisoniers éxécutés étaient codés "six" dans le système IBM. (Traduction depuis IBM et Auschwitz ). Les prisonniers étaient identifiées dans les cartes et les listes par un numero. Ce numéro leur était tatoué sur le bras.

Thomas J. Watson avait déjà compris l'arnaque des cartouches d'encre : IBM était le fournisseur exclusif du milliard et demi de cartes perforées dont le IIIe Reich avait besoin chaque année.

2. IBM Calls For Global Identity System

By Vivian Yeo
ZDNet Asia
11-10-5

traduit librement en français.

Selon un cadre superieur "Global service" d'IBM, des standarts internationaux assurés par une agence de l'ONU sont nécéssaires pour rendre cohérent le bazard international de la vérification d'identité.

Le besoin grandissant d'un système rapide et fiable pour verifier les identités provoque l'appel d'une agence international adequate par  l'industriel informatique.

Le royaume de la verification identité et du contrôle d'accès ( IAM identity and access management) se met en place au fûr et à mesure que des nations comme les USA et le Rouyaume-Uni augementent leur utilisation de biométrie et autres technologies d'identification avec les cartes d'identité, les contrôles aux frontières, sans oublier les comptes bancaires et les systèmes de santé.

Derrière les gouvernements, "essayant de créer une mosaïque selon leurs désirs question management d'identité", une coopération plus large au niveau international est nécéssaire pour établir un langage commun et des standards, affirme Carl Slemp, vice-président et ledar global pour les srvices "sécurité et vie privée" chez IBM Global Services. Ce langage commun pour échangé les "informations d'accès utilisateur" existe déja dans les Id Athentification Management.

"Les gouvernements ont une énorme responsabilité en la matière, parcequ'ils ont la responsabilité finale en ce qui concerne les citoyens, et, selon les pays, la responsabilité concernant le "business" et le e-commerce", affirme Slemp.

On pourrait en faire beacoup plus pour exploiter cet environement ajoute Slemp. Ainsi pendant une urgence médicalel'identité d'un medecin etranger et d'un patient visisteur doivent être établi rapidement et surement, afin d'administrer le bon traitement.

Ce qu'il manque actuellemnt, note-il, c'est une troisième partie pour athentifier en toute confiance. Celle ci est inconsistente ou incomplète dans les pays individuels et aucun standarts n'émergent ni aucune cible.

Slemp pense que c'est actuellement le bon moment pour établir une instance globale qui considerera les interêts de chaque pays et  mettra en place une fondation unique que les pays construiront au fûr et à mesure de leurs besoins.

"Il y a des organisations qui collaborent en permanence sur ce sujet et des sujets semblables qui dépassent les frontières. Ce serait grandiose que l'ONU ai un processus pour partager des informations et créer des groupes de travail pour essayer et instaurer des standards à travers de multiples juridictions. Ce que je ne sais pas, c'est quel en serait le nom."

3. Conclusion

Le problème de l'utilisation des données informatiques pour ficher la population reste étonament d'actualité, peut-être aussi parce que l'utilisation qu'en fit le IIIe Reich n'a pas été détéctée assez tôt. Quand on parle de point goodwiin pour minimiser les ressemblances du passé avec certaines "dérives", il faut prendre en compte la nécéssité de mémoire que nous imposent de tels évènements. Au Rwanda, le recensement de la population servi pour le génocide, qui est l'un des plus meurtriers qui fûrent. En France, le fichier base-élève se proposait de garder en mémoire la caracteristique ethnique de chaque famille, suscitant un tollé important.

Entre nouvel ordre mondial et IVe Reich le coeur d'IBM balance. Selon ce que l'opinion sera prête à accepter en échange de l'illusion de paix. C'est une belle représentation de la pseudo-neutralité de la technique. Avec le "multimedia", on a réussi à faire oublier que les ordinateurs servent avant tout à gérer efficacement le recensement et à dispatcher les gens la où la machine à besoin d'un rouage supplémentaire. C'est avant tout un outil de contrôle, qui réussi l'exploit de nous faire placer nous même une caméra de surveillance à domicile reliée au réseau. 

En témoigne la mise en place de la puce Verichip, application humaine des techniques de contrôle RFID, qui consiste à placé sur la main un code d'identification reconaissable à distance. Celà correspond très probablement à ce qu'IBM entend par global security system.
par Desbabas publié dans : Controle des populations communauté : Novus ordo Seculorum
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Jeudi 5 juin 2008
Petite réflexion sur 'Le fascisme c’est le médicament de confort d’une société qui s’achemine vers sa propre fin'.

Je ne suis pas totalement d'accord avec cette phrase. Parce qu'elle montre le fascisme comme un accessoire d'une société en décrépitude.

Le fascisme c'est au contraire l'aboutissement de deux idées conjointes d'accomplissement :

D'abord l'idée de l'age d'or, le fascisme c'est la société idéale, la construction d'un monde parfait. Le rapport avec les utopies mériterait d'ailleurs d'être étudié. La propagande, en particulier celle par lesimages et les symboles, doit justement donner l'impression de la grandeur et de l'ordre.

Deuxièmement l'accomplissement de l'homme. L'homme nouveau est l'essence de toute idéologie fasciste. La réalisation du fascisme c'est diffuser l'image de l'homme parfait, héroïque. On connait le mépris pour les 'races inférieures' ou les pauvres qui accompagne souvent les idéologie fasciste. Cette dénonciation, légitime, fait oublier le recto de la pièce. Le fascisme c'est l'exaltation du sentiment de supériorité, d'accomplissement personnel. Cela peut se faire par l'exaltation de la race, mais ce n'est pas obligé, ou en tout cas cela peut-être dissimulé. J'irais même jusqu'à dire qu'un certain fascisme aujourd'hui emploierai l' 'especisme', en reprenant sur le thème de l'espèce humaine les mêmes rengaines que d'autres sur la race. Bien sûr en dissimulant sa haine de la populace, des arriérés et de toute sorte d'êtres inférieurs, dont la vie ne vaut donc pas grand chose et qu'il convient d'éliminer discrètement (par la faim et le contrôle de naissance, si on peut empêcher la vermine de se reproduire c'est tout benef, cf Henry Kissinger , 1974). Mais je pense (je peut me tromper) que le succès du fascisme repose plus sur ce qu'il met en avant que sur les dénonciations. Ce n'est pas la haine de l'autre qui est le moteur essentiel, mais l'image excellente de soi quele fascisme veut apporter. D'ailleurs ce n'est pas tant la haine de l'autre que l' "hygiène de la race" qui est mis en avant. Débarrassez nous de ces hommes que nous ne voulons pas voir. Rappelons ici les 200.000 handicapés, malades mentaux et personnes âgées qui firent eux aussi les frais de la "solution finale" dans les hôpitaux de l'Allemagne national-socialiste.

Car, troisièmement, le régime fasciste repose sur l'élitisme. Certains sont meilleurs que les autres - le chef en premier- et sont appelés à une destinée grandiose. Donc à diriger légitimement. C'est la base du régime fasciste. On pourrait objecter que le fascisme marche sur un rejet de l'élite. Tous pourris. Mais je pense qu'il s'agit surtout de l'élite ancienne, que l'on prévoit déjà de remplacer avantageusement par une élite 'naturelle', de plein droit.

Quelles étaient les raisons de l'antisémitisme national-socialiste ? D'après A.Hitler, en dehors de la thèse du complot judéo-bolschévique, c'était le refus de s'intégrer pleinement dans la société (le fascisme est avant tout une idéologie holiste) et la conscience et l'humilité, qui étaient des freins inadmissibles à la réalisation de l'homme nouveau, des idées en opposition totale avec la volonté conquérante du héros mythologique, qui doit se débarrasser de ces archaïsmes.

L'erreur déjà consistait en qualifiant de barbares des idéologies qui au contraire n'étaient possible que dans un contexte moderne. Il y a tout à la fois des relents spartiates et romains dans le fascisme. Ces peuples qui justement traitait les autres de barbares.

Voilà de quoi ouvrir une réflexion sur le fascisme, que l'on dit rampant, et qui je pense est entretenu à l'état latent dans la société, en attendant d'être réveillé par le leader qui saura galvanisé les foules pour les mener à l'abat.. euh à l'âge d'or tant rêvé.
par Desbabas publié dans : Controle des populations communauté : Novus ordo Seculorum
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Jeudi 5 juin 2008
Voici un article parut sur le site de la LDH Toulon, qui a déjà publieur plusieurs travaux intéressants sur le sujet "base-élève". http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2713

Refuser base élèves pour son enfant

Une note de l’Inspection académique de Haute-Garonne en date du 22 avril 2008 nous informe de la base légale sur laquelle repose l’obligation de renseigner Base élèves : il s’agit de la loi du 5 mars 2007 dite de « prévention de la délinquance » — plus particulièrement de son article 12, 2° alinéa.

Dans le même temps, cette note donne une argumentation juridique permettant aux parents de refuser de renseigner Base élèves dont la « logique » peut se retourner contre eux.

La note de l’Inspection académique de Haute-Garonne est reproduite ci-dessous à la suite de la réponse établie par un collectif du même département [1]. Cette page se termine avec un exemple de lettre que les parents peuvent adresser au directeur de l’école de leur enfant pour exprimer leur refus de Base élèves.


Références :

Réponse à la note de l’Inspection académique de Haute-Garonne

[par le Collectif 31 “BASE-ELEVES” : NON !]

Une note de l’Inspection académique de Haute-Garonne à « Mesdames et Messieurs les directeurs d’école s/c de mesdames et messieurs les IEN CCPD », en date du 22 avril 2008 reconnaît que Base élèves est bien un outil informatique visant à la mise en œuvre de la loi du 5 mars 2007 dite de « prévention de la délinquance », en particulier de son article 12, 2° alinéa, concernant les manquements des élèves et des familles à l’assiduité scolaire. Exactement ce que notre collectif ne cesse de dénoncer depuis sa création, et ce que ne cesse – pourtant - de nier le ministère de l’Education nationale. Voici ce qu’écrit l’Inspection académique de la Haute-Garonne :

« […] le code de l’Education dans sa partie législative prévoit, notamment dans son article L 131-6 complété par l’article 12, 2° de la loi 2007-297 du 5 mai 2007 la possibilité de “mettre en œuvre un traitement automatisé de données à caractère personnel” afin de procéder au recensement des élèves résidant dans la commune et soumis à l’obligation scolaire, permettant par ailleurs le suivi d’assiduité scolaire qui pèse sur le maire et sur mes services. »

Le décret n° 2008-139 du 14 février 2008 est donc sans équivoque sur les effets juridiques (en découlant) : avertissement de l’Inspecteur d’académie pour quatre demi-journées d’absence par mois non justifiées… jusqu’à la convocation des parents « défaillants » devant le « Conseil pour les droits et devoirs des familles » par le maire (article 9 de la loi dite de « prévention de la délinquance »), et, au-delà, à la décision du directeur de la Caisse d’allocations familiales d’en référer au Juge aux fins de suppression des allocations familiales en cas de continuité du manquement à l’assiduité scolaire. Comment mieux dire que Base élèves concourt au fichage des familles aux comportements « déviants » (rapport Benisti de 2004) ?

Dans sa note du 22 avril 2008, l’Inspection académique de la Haute-Garonne expose aux parents les conditions dans lesquelles il est possible de refuser de renseigner un fichier informatique dont la « logique » peut se retourner contre eux-mêmes, légitimité fondée sur l’article 39, 5e alinéa, de la loi « Informatique et Libertés » :

Article 39

I. – Toute personne physique justifiant de son identité a le droit d’interroger le responsable d’un traitement de données à caractère personnel en vue d’obtenir :
[…]
5° Les informations permettant de connaître et de contester la logique qui sous-tend le traitement automatisé en cas de décision prise sur le fondement de celui-ci et produisant des effets juridiques à l’égard de l’intéressé.

Ce 5° alinéa de l’article 39 de la loi « Informatique et Libertés » codifie bel et bien le droit d’une personne fichée (ou agissant pour l’enfant fiché pour lequel elle exerce l’autorité parentale) à «  contester la logique [d’un] traitement informatisé » dès lors que celui-ci produit « des effets juridiques » (c’est bien le cas d’un « avertissement » de l’Inspecteur d’académie pour manquement à l’assiduité scolaire ou d’une convocation par le maire et d’un retrait des allocations familiales) consécutifs à une « décision prise sur le fondement de celui-ci ».

C’est donc en toute légalité et légitimité que nous invitons les parents d’élèves à s’adresser de nouveau aux directeurs et directrices d’école et aux maires en fondant leur refus de renseigner le questionnaire Base élèves sur l’article 39, 5e alinéa, de la loi « Informatique et libertés », et en leur demandant de ne pas renseigner le logiciel.

Toulouse, le 29 mai 2008

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Note de l’Inspection académique de la Haute-Garonne en date du 22 avril 2008.

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Ci-dessous, un exemple (ce n’est qu’un exemple) de lettre dont vous pouvez vous inspirer pour informer le Directeur de l’école de votre enfant de votre refus de Base élèves. Il serait bon d’écrire également au maire de la commune.

[ Nom et prénom ]

à

Monsieur le Directeur
Madame la Directrice,

de l’école de l’école [ nom de l’école ] de [ commune, département ].

Monsieur/Madame,

Je m’adresse à vous en tant que [ père / mère / représentant légal ] de [ nom et prénom de l’enfant ], élève en classe de [ préciser la classe ] .

Contestant la logique de Base élèves, je vous demande, en vertu de l’article 39, 5e alinéa, de la loi « Informatique et libertés », de ne pas renseigner Base élèves 1er degré pour mon enfant et de supprimer les informations le concernant que ce fichier pourrait déjà contenir.

Je vous prie ...

[ Dater et signer ]

P.-S.

D’autres idées pour s’opposer à BE, sans oublier les blocages symboliques de formations organisées à l’intention des directeurs d’école.

Notes

[1] Le Collectif 31 “BASE-ELEVES” : NON !.

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